Fabrication de boissons : Rapport FAC sur le secteur des aliments et des boissons 2026

Les renseignements suivants proviennent du Rapport FAC sur le secteur des aliments et des boissons 2026, qui met en lumière les défis et les occasions pour l’industrie agroalimentaire au Canada. Pour en savoir plus, consultez l’intégralité du rapport.
Les marges sous pression en 2026 dans un contexte de faiblesse des ventes
Le secteur de la fabrication de boissons comprend des entreprises qui produisent des boissons gazeuses, de la glace, de l’eau en bouteille et des boissons alcoolisées, notamment de la bière, du vin et des spiritueux. À l’échelle nationale, le secteur compte plus de 2 800 établissements, dont plus de 95 % emploient moins de 100 personnes. Sur le plan géographique, la production est concentrée en Ontario, en Colombie-Britannique et au Québec. Les marchés en aval comprennent les grossistes, les services alimentaires et le commerce de détail.
Fabrication de boissons : prévisions des ventes pour 2026
Les ventes du secteur de la fabrication de boissons ont augmenté de 0,6 % en 2025 pour atteindre 15,8 milliards de dollars. Cette augmentation est entièrement attribuable à la hausse des prix de vente. La faiblesse persistante des volumes (c’est-à-dire les ventes ajustées en fonction de l’inflation) a freiné la croissance des ventes, alors que le secteur s’adapte aux préférences de consommation changeantes et à un recul par rapport aux sommets atteints pendant la pandémie (figure 9.1).
Figure 9.1 : Les ventes du secteur de la fabrication de boissons sont limitées par la baisse des volumes

Les ventes et les volumes totaux (en milliards de dollars) figurent sur l’axe vertical et sont indiqués par la hauteur de chaque barre. La valeur indiquée au-dessus de chaque barre représente la croissance sur 12 mois en pourcentage. Les volumes correspondent aux ventes corrigées au moyen d’un indice de prix (janvier 2020 = 100).
Sources : Services économiques FAC, Statistique Canada
Les fabricants de boissons gazeuses ont subi la plus forte pression en ce qui a trait à leurs ventes en 2025. La demande nationale de boissons non alcoolisées a continué de croître, les ventes au détail et les volumes ayant respectivement enregistré des hausses de 2,8 % et de 0,3 %. Cependant, cette demande accrue a été de plus en plus comblée par les importations. En effet, les volumes d’importation ont augmenté de 12,5 %, ce qui a intensifié les pressions concurrentielles sur les producteurs nationaux. Malgré la pression constante exercée par les importations, les producteurs nationaux pourraient tout de même afficher de bons résultats en 2026, car il existe des occasions à saisir – par exemple, la forte demande des consommateurs et consommatrices en boissons non alcoolisées innovantes.
Les ventes des distilleries ont été un point positif important l’année dernière, en hausse de 13,2 %. La demande de boissons prêtes à boire est demeurée forte en 2025, alors que les représailles tarifaires imposées par le Canada ainsi que le retrait des produits de distillerie américains dans des magasins d’alcool provinciaux et certains restaurants ont réduit considérablement la concurrence exercée par les importations. Les volumes d’importation en provenance des États-Unis ont chuté de 53,7 % en 2025, ce qui a contribué à un meilleur rendement du marché intérieur.
De même, les ventes des établissements vinicoles ont été soutenues par une baisse des volumes d’importation et par une préférence accrue des consommateurs et consommatrices pour le vin canadien. En fait, ce secteur a augmenté sa part des ventes nationales de vin de 2 %. Il a cependant puisé dans ses stocks de vin en 2025, ce qui reflète l’effet différé des pertes de raisins subies lors de la saison de croissance de 2024, en particulier en Colombie‑Britannique.
En revanche, les brasseries ont continué de connaître des difficultés. En effet, on a observé une baisse de la consommation de bière et un recul de leur part de marché dans la catégorie des boissons alcoolisées. En 2025, les ventes ont chuté de 2,2 % et les volumes ont diminué de 6,4 %, après une baisse de 12,6 % observée en 2024.
La tendance à la baisse des ventes de boissons devrait se poursuivre, et les volumes devraient atteindre leur plus bas niveau des dix dernières années en 2026. La vigueur des ventes des distilleries et des établissements vinicoles, soutenue en partie par le mouvement « Achetez canadien » et les effets persistants liés au commerce, devrait être contrebalancée par la faiblesse continue des ventes de boissons gazeuses et des brasseries.
Regard sur les intrants : les emballages
L’emballage représente environ un tiers des coûts des matières premières, ce qui en fait un facteur très important pour déterminer les marges dans le secteur de la fabrication de boissons. Le type de contenant – qu’il s’agisse de bouteilles en verre, de bouteilles en plastique ou de canettes en aluminium – joue un rôle essentiel dans la salubrité des produits, l’efficacité du transport, l’attrait en magasin et la reconnaissance de la marque. Les prix des emballages ont augmenté de manière générale en 2025. Le coût des emballages, mesuré par l’Indice des prix des produits industriels (IPPI), a augmenté de 4,1 % pour les produits en verre, de 2,5 % pour les contenants métalliques minces et de 1,3 % pour les bouteilles en plastique. Contrairement aux intrants agricoles, qui sont affectés par les conditions météorologiques ou biologiques, les coûts d’emballage sont les plus vulnérables aux perturbations de la chaîne d’approvisionnement et du commerce. En 2025, ces perturbations ont été en grande partie attribuables à des mesures liées à des politiques.
Les droits de douane sur l’acier et l’aluminium entre le Canada et les États-Unis ont fait augmenter les coûts des matériaux utilisés dans la fabrication des canettes en aluminium. Compte tenu de la dépendance du Canada à l’égard des emballages en aluminium produits aux États-Unis, les coûts plus élevés auxquels sont confrontés les fabricants américains de canettes ont été transférés aux producteurs de boissons canadiens, ce qui rend les brasseries et les fabricants de boissons gazeuses particulièrement vulnérables. Bien que l’expérience des droits de douane de 2018‑2019 sur l’acier et l’aluminium suggère que ces hausses de coûts peuvent, à terme, être intégrées aux prix de vente, le contexte actuel offre moins de marge de manœuvre. La faiblesse de la demande, le resserrement des marges et la sensibilité accrue des consommateurs et consommatrices aux prix réduisent la capacité des entreprises à ajuster leurs prix, ce qui accroît le risque pesant sur les marges.
Parallèlement, les changements réglementaires exercent une pression structurelle supplémentaire sur les coûts. L’expansion des programmes provinciaux de responsabilité élargie des producteurs (REP) et la stratégie canadienne « zéro déchet de plastique » transfèrent les coûts de recyclage et de déclaration aux producteurs et entraînent une nouvelle conception des emballages. Prises ensemble, les pressions commerciales et réglementaires font en sorte que l’emballage représentera un risque important en matière de coûts pour les fabricants de boissons en 2026.
Fabrication de boissons : prévisions des marges pour 2026
Les marges dans le secteur de la fabrication de boissons se sont améliorées en 2025, et ce, pour la deuxième année consécutive. Cette amélioration dissimule toutefois des défis structurels sous‑jacents ainsi que des résultats inégaux d’un sous-secteur à l’autre.
Par exemple, les brasseries ont enregistré une augmentation de leurs marges en 2025, principalement grâce à une baisse du coût des marchandises vendues, attribuable à une diminution des dépenses salariales pour le personnel rémunéré à l’heure dans un contexte de recul des ventes. Les marges des établissements vinicoles et des distilleries se sont également améliorées, soutenues par une hausse des revenus et une demande plus forte à l’échelle nationale. À l’inverse, les marges relatives aux boissons gazeuses ont diminué, la faiblesse des revenus ayant pesé plus lourd que les économies de coûts, ce qui reflète la pression persistante exercée par les importations.
Les coûts de la main-d’œuvre ont contribué grandement à l’amélioration des marges en 2025. Les coûts salariaux totaux ont diminué parce que les entreprises ont réduit le personnel rémunéré à l’heure. En fait, les fabricants de boissons gazeuses et les brasseries ont chacun réduit ce personnel d’environ 10 %. La même baisse des coûts salariaux ne devrait pas se reproduire en 2026.
Malgré la diminution des coûts de la main-d’œuvre, les pressions liées aux matières premières se sont intensifiées puisque les coûts des matériaux d’emballage, comme le verre, les canettes en aluminium et les bouteilles en plastique, ont augmenté en raison des droits de douane et des changements réglementaires nationaux.
En 2026, les pressions sur les coûts des matières premières devraient persister et la croissance des ventes devrait ralentir, entraînant ainsi une baisse de 12,4 % des marges brutes (figure 9.2). Alors que la demande continue de faiblir et que le secteur connaît une restructuration, les entreprises devront se concentrer sur l’efficacité opérationnelle afin de préserver leur rentabilité.
Autres tendances à surveiller en 2026
La pression sur les marges ainsi que l’augmentation des coûts liés à la conformité accélèrent la consolidation. Les petits producteurs pourraient se retirer du secteur ou vendre leur entreprise, alors que les grandes entreprises auraient recours aux fusions et acquisitions pour augmenter leur taille et leur efficacité, en particulier dans les segments où les nouvelles tendances de consommation évoluent rapidement.
Neuf provinces et un territoire se sont engagés à permettre la vente directe d’alcool aux consommateurs et consommatrices d’ici mai 2026. Si cette mesure est mise en œuvre, elle contribuerait à stimuler le commerce intérieur, même si celui-ci demeure limité par des obstacles de longue date (par exemple, des boissons ont été exclues de l’Accord canadien de reconnaissance mutuelle sur la vente de produits présenté en 2025).
Figure 9.2 : Les marges du secteur de la fabrication de boissons devraient diminuer en 2026

Sources : Services économiques FAC, Statistique Canada
La production de raisins à vin en colombie-britannique a rebondi en 2025
La production de vin est marquée par un décalage naturel : les raisins sont récoltés au cours d’une année civile, mais le vin arrive souvent sur le marché l’année suivante. Bien que certains vins blancs et vins mousseux sont commercialisés après quelques mois, les vins rouges nécessitent généralement un an ou plus de vieillissement, ce qui signifie que les perturbations soudaines de l’offre ont un effet différé sur les stocks et les ventes.
En 2024, la saison de croissance en Colombie-Britannique a été marquée par une importante contraction de la production de raisins (en tonnes), qui a chuté de 84 % à cause d’un gel intense (figure 9.3). Cela faisait suite à une réduction de 25 % enregistrée au cours de l’année précédente en raison des incendies de forêt. Puisqu’ils disposaient de raisins en quantité limitée, les établissements vinicoles ont puisé dans leurs stocks pour répondre à la demande. Les stocks de fermeture ont connu une diminution de 15,5 % en 2024, suivie d’une baisse additionnelle de 12,9 % en 2025.
La saison de croissance de 2025 a été relativement bonne, ce qui a fait rebondir la production de raisins et a permis aux établissements vinicoles de commencer à reconstituer leurs stocks. Cependant, l’offre reste limitée en Colombie-Britannique. Dans la province, la superficie de vignes en production en 2025 était encore inférieure de près de 1 100 acres à celle de 2023, puisque les viticulteurs et viticultrices ont dû composer avec des vignes endommagées. Le regroupement BC Grape Growers Association et l’organisme Wine Growers BC estiment que la production accusait un déficit de 10 000 tonnes par rapport aux besoins du marché en 2025. Pour combler cet écart, la province a prolongé les mesures temporaires de remplacement des millésimes [en anglais seulement] jusqu’en 2026.
Figure 9.3 : La production de raisins de l’espèce vinifera en Colombie-Britannique a rebondi en 2025 grâce à de bonnes conditions météorologiques

Source : Statistique Canada
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Obtenez les prévisions des Services économiques de FAC pour le secteur de la mise en conserve de fruits et de légumes et de la fabrication de spécialités alimentaires en 2026.

