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Mise en conserve de fruits et de légumes et fabrication de spécialités alimentaires : Rapport FAC sur le secteur des aliments et des boissons 2026

12 min de lecture

Les renseignements suivants proviennent du Rapport FAC sur le secteur des aliments et des boissons 2026, qui met en lumière les défis et les occasions pour l’industrie agroalimentaire au Canada. Pour en savoir plus, consultez l’intégralité du rapport.

La hausse des coûts des fruits et légumes frais comprime les marges

Le secteur de la mise en conserve de fruits et de légumes et de la fabrication de spécialités alimentaires compte environ 630 établissements au Canada. Ce secteur comprend les aliments surgelés ainsi que les fruits et légumes en conserve, marinés et déshydratés. Les entreprises sont dispersées sur le plan géographique et sont concentrées principalement en Ontario et au Québec en raison de leur proximité avec les infrastructures de production et de transformation agricoles. Le secteur est dominé par des petites et moyennes entreprises, mais comprend également plusieurs grands transformateurs dont les activités sont à l’échelle nationale et orientées vers l’exportation.

Mise en conserve de fruits et de légumes : prévisions des ventes pour 2026

En 2025, le secteur de la mise en conserve de fruits et de légumes et de la fabrication de spécialités alimentaires a enregistré une forte croissance de ses ventes, soit de 6,1 %. Même si la hausse des prix de vente a été le principal facteur, les volumes (c’est-à-dire les ventes ajustées en fonction de l’inflation) ont également augmenté de 1,8 % (figure 4.1). Cette donnée contraste avec la situation dans l’ensemble du secteur de la fabrication alimentaire, où les volumes sont demeurés sous pression. Historiquement, ce sous‑secteur s’est montré relativement résilient lors des périodes de difficultés économiques, car les consommateurs et consommatrices privilégient alors des produits à longue durée de conservation et offrant un bon rapport qualité-prix, comme les fruits et légumes en conserve et surgelés, en remplacement des produits frais.

Figure 4.1 : Les ventes du secteur de la mise en conserve de fruits et de légumes et de la fabrication de spécialités alimentaires augmentent

Graphique à barres illustrant les variations en glissement annuel des ventes et des volumes de vente annuels dans le secteur de la mise en conserve de fruits et de légumes et de la fabrication de spécialités alimentaires.

Les ventes et les volumes totaux (en milliards de dollars) figurent sur l’axe vertical et sont indiqués par la hauteur de chaque barre. La valeur indiquée au-dessus de chaque barre représente la croissance sur 12 mois en pourcentage. Les volumes correspondent aux ventes corrigées au moyen d’un indice de prix (janvier 2020 = 100).

Sources : Services économiques FAC, Statistique Canada

La dynamique commerciale a également permis de soutenir le rendement des ventes au Canada en 2025. Les importations de fruits et de légumes transformés en provenance des États-Unis ont diminué, alors que les prix unitaires ont augmenté, ce qui s’explique en grande partie par les représailles tarifaires imposées par le Canada de mars à août. Bien que les importations en provenance d’autres pays aient compensé cette baisse, les transformateurs nationaux ont réussi à regagner une partie des parts de marché qu’ils avaient perdues progressivement au cours de la dernière décennie. Entre 2014 et 2024, les importations en proportion de l’offre intérieure ont augmenté, passant de 47 % à 56 %. En 2025, cette tendance s’est inversée, la part de marché reculant à 54 %.

En 2026, la croissance des ventes devrait ralentir pour s’établir à 0,3 %, alors que les volumes devraient reculer de 2,8 %. La suppression des droits de douane à titre de mesure de représailles devrait permettre de stabiliser les prix à l’importation et de raviver la pression concurrentielle exercée par les importations, d’autant plus que les consommateurs et consommatrices continuent de rechercher des produits offrant un bon rapport qualité-prix à l’épicerie.

Regard sur les intrants : les fruits et légumes frais

Bien que le sous-secteur de la mise en conserve de fruits et de légumes comprenne une grande variété de produits alimentaires préparés, allant des produits surgelés aux conserves, les coûts des matières premières principales sont déterminés par les légumes frais (12 %), les fruits frais et les noix (5 %) et les fruits et légumes en conserve (5 %).

Le Canada produit une vaste gamme de fruits et de légumes, mais la production demeure fortement saisonnière en raison des contraintes climatiques. Par conséquent, le secteur dépend fortement des importations pour répondre à la demande hors saison ou pour fournir des produits qui ne sont pas bien adaptés au climat canadien, tout en exportant les volumes excédentaires pendant les périodes de pointe des récoltes. Cette situation crée une dynamique commerciale unique dans laquelle le Canada peut être à la fois importateur net et exportateur net d’un même produit au cours d’une même année.

En 2025, les résultats en matière de production ont été mitigés partout au pays, car les conditions météorologiques ont mis à rude épreuve certaines régions et en ont favorisé d’autres. La production de fruits frais a diminué de manière générale, principalement en raison des conditions de sécheresse importantes qui ont sévi dans le Canada atlantique et qui ont fait baisser la production de bleuets (la culture fruitière de plus grande valeur produite au pays). La production de pommes a également connu des conditions de croissance difficiles dans certaines régions, ce qui a contrebalancé les gains importants observés pour la production de fraises et de raisins (tableau 4.1). En revanche, les légumes frais ont généralement bénéficié de conditions de croissance favorables, ce qui s’est traduit par des rendements élevés et une augmentation de la production pour la plupart des principales cultures (tableau 4.2).

Tableau 4.1 : Variation annuelle de la production de fruits frais en 2025 (%)

Produit

Production commercialisée

Valeur à la ferme

Prix unitaire

Rendement

Bleuets

-11,2

-1,4

11,1

-9,2

Pommes

-10,8

-5,6

5,8

-10,0

Canneberges

-0,2

28,3

28,5

0,0

Fraises

24,3

26,5

1,7

21,4

Raisins

22,4

37,4

12,2

20,5

Total des fruits

-1,1

16,8

18,0

0,2

Remarque : Les cinq principaux produits selon leur valeur à la ferme.

Sources : Services économiques FAC, Statistique Canada

Tableau 4.2 : Variation annuelle de la production de légumes frais en 2025 (%)

Produit

Production commercialisée

Valeur à la ferme

Prix unitaire

Rendement

Carottes

12,3

15,4

2,8

4,6

Tomates

21,4

16,9

-3,7

11,9

Oignons secs

-9,0

-6,3

3,0

-5,6

Chou

11,5

10,8

-0,6

8,1

Laitue

9,8

16,7

6,2

-0,1

Total des légumes

8,2

7,1

-1,0

6,7

Remarque : Les cinq principaux produits selon leur valeur à la ferme.

Sources : Services économiques FAC, Statistique Canada

En 2025, les prix des fruits ont exercé la plus forte pression sur le coût des intrants pour ce qui est des ingrédients à base de fruits et de légumes. Les prix des fruits cultivés au pays ont augmenté de 18 %, alors que ceux des fruits importés ont augmenté de 3 %, ce qui a entraîné une hausse des coûts des intrants pour les transformateurs qui dépendent des ingrédients à base de fruits. Les prix des légumes importés et cultivés au Canada ont légèrement diminué, mais ces baisses n’ont pas suffi à compenser la forte augmentation des prix des fruits, ce qui a donné lieu à une hausse globale des coûts des ingrédients pour les transformateurs qui dépendent fortement des fruits.

La pression à la hausse sur les prix pourrait se poursuivre en 2026 pour les fruits et les légumes frais. Le Canada dépend des États-Unis pour environ 40 % de ses importations de fruits et de légumes, et les risques liés à l’approvisionnement augmentent. Les gelées hivernales ont affecté les principales régions productrices aux États-Unis, limitant ainsi la disponibilité et faisant grimper les prix. Parallèlement, les exportations canadiennes ont augmenté pendant les mois d’hiver, puisque les acheteurs américains étaient à la recherche d’autres sources d’approvisionnement. Du point de vue des transformateurs, cette situation laisse présager un resserrement potentiel de l’offre, surtout pour les fruits et légumes cultivés au pays, le Canada étant encore loin du début de la prochaine saison de croissance.

Mise en conserve de fruits et de légumes : prévisions des marges pour 2026

La forte croissance des ventes a joué un rôle clé dans le redressement des marges du secteur de la mise en conserve de fruits et de légumes et de la fabrication de spécialités alimentaires en 2025. Les entreprises ont continué de s’adapter aux années difficiles qu’elles ont connues en 2022 et 2023, marquées par une hausse des coûts salariaux qui a pesé sur leurs marges. Bien que les marges se soient améliorées, elles demeurent entre 55 % et 60 % de leurs niveaux de 2019, ce qui montre que la reprise dans ce secteur est encore incomplète (figure 4.2).

Les pressions sur les coûts se sont atténuées en 2025, en partie grâce à la stabilisation de la croissance des salaires. Pour 2026, il est prévu que les coûts salariaux augmentent légèrement, puisque les entreprises réduisent leur effectif tout en augmentant le salaire horaire pour suivre le rythme de l’inflation. Étant donné que le secteur est fortement tributaire de la main-d’œuvre, l’amélioration de la productivité sera essentielle pour compenser les coûts horaires plus élevés, ce qui constitue un défi de longue date.

Figure 4.2 : On observe une remontée des marges dans le secteur de la mise en conserve de fruits et de légumes et de la fabrication de spécialités alimentaires

Graphique à barres illustrant les variations en glissement annuel de l’indice du taux de marge brute (2019 = 100) dans le secteur de la mise en conserve de fruits et de légumes et de la fabrication de spécialités alimentaires.

Sources : Statistique Canada, Services économiques FAC

Les marges devraient baisser de 8,5 % en 2026, la hausse de 0,3 % des ventes n’étant pas suffisante pour compenser l’augmentation des coûts des fruits et légumes frais et de la main-d’œuvre. Les coûts des intrants demeurent toutefois un facteur clé d’incertitude. Contrairement à d’autres sous-secteurs de fabrication d’aliments qui dépendent fortement d’un ou deux intrants principaux, ce secteur utilise toute une gamme d’ingrédients, ce qui complexifie la gestion des pressions liées aux coûts des matières premières et les rend plus variables d’une entreprise à l’autre. De plus, les emballages en aluminium, qui restent soumis à des droits de douane, continuent de représenter un risque de hausse des coûts.

La capacité des transformateurs à conserver leurs gains de marge récents dépendra de leur efficacité à gérer la productivité de la main-d’œuvre, les coûts d’emballage et les préférences de consommation changeantes dans un contexte économique incertain.

Autres tendances à surveiller en 2026

  • Les perceptions en matière de santé continuent de peser sur les catégories de produits transformés. Alors que les consommateurs et consommatrices continuent de porter une attention particulière au sucre, au sodium et à la liste des ingrédients, certains fruits et légumes en conserve font l’objet d’une surveillance constante en raison de leur caractère transformé, et ce, même s’ils constituent une source d’alimentation abordable et à longue durée de conservation.

  • Les pressions sur les prix réduisent l’écart de valeur. Au cours des cinq dernières années, les prix de détail des aliments surgelés et en conserve ont augmenté plus rapidement que les prix globaux des aliments, ce qui a atténué l’avantage de prix traditionnel de cette catégorie.

  • Les décisions relatives à l’emballage prennent désormais une place centrale. Les attentes croissantes en matière de durabilité, de salubrité alimentaire et de traçabilité poussent les transformateurs à repenser les matériaux d’emballage, alors que les droits de douane sur l’acier et l’aluminium et les exigences en matière d’étiquetage nutritionnel sur le devant des emballages ajoutent à la complexité.

Perspectives pour la transformation de la pomme de terre

Les pommes de terre sont cultivées d’un océan à l’autre, et la majeure partie de la récolte canadienne est destinée au secteur de la transformation. Les pommes de terre sont principalement transformées en frites, en croustilles et en galettes de pommes de terre surgelées, l’Alberta et le Manitoba fournissant ensemble environ 40 % de l’approvisionnement destiné à la transformation. Cette concentration souligne le rôle central que jouent les Prairies dans la chaîne d’approvisionnement canadienne des pommes de terre destinées à la transformation (figure 4.3).

En 2025, les conditions de croissance dans les Prairies ont été généralement favorables. On a aussi constaté une amélioration des rendements au Manitoba et en Alberta. Cependant, les résultats en matière de production ont divergé. Au Manitoba, la production totale a diminué en raison de la baisse des superficies ensemencées, ce qui reflète les décisions prises en début de saison par les transformateurs de réduire les volumes contractuels. Les pommes de terre destinées à la transformation font généralement l’objet d’un contrat avant le début de l’ensemencement, ce qui rend les superficies cultivées fortement dépendantes de la demande des transformateurs. Ce modèle axé sur les contrats est au cœur du secteur des pommes de terre destinées à la transformation : les transformateurs s’installent à proximité des zones de production, fixent les volumes et les variétés avant l’ensemencement et comptent sur des producteurs disposant de moyens d’entreposage sophistiqués pour fournir une qualité constante tout au long de l’année.

Figure 4.3 : Une plus grande proportion des pommes de terre produites dans les Prairies est destinée à la transformation, comparativement aux autres grandes provinces productrices

Graphique à barres empilées illustrant la production de pommes de terre selon l’usage final prévu (transformation, consommation de pommes de terre fraîches et semences) dans les principales provinces productrices, mesurée en quintaux.

Sources : AAC, Statistique Canada, Services économiques FAC

L’Alberta, en revanche, a largement compensé les baisses enregistrées ailleurs. Sa production a bondi de 13,1 % d’une année à l’autre, grâce à une augmentation de 6,8 % des superficies ensemencées et à une hausse de 2,8 % des rendements moyens, soutenue en partie par une capacité de transformation accrue. Au cours de la dernière décennie, les provinces du Manitoba et de l’Alberta ont toutes deux augmenté leur production. Toutefois, cette hausse est attribuable à des raisons différentes. En effet, la croissance au Manitoba est surtout attribuable à l’amélioration des rendements (+18,8 %), alors qu’en Alberta, la croissance découle d’une forte expansion des superficies ensemencées (+45,8 %). Par conséquent, l’Alberta s’est imposée solidement comme la première province productrice de pommes de terre au Canada.

Le Canada produit plus de produits de pommes de terre transformées qu’il en consomme sur le marché intérieur et demeure un exportateur net, les États-Unis constituant son principal marché. En 2025, les volumes d’exportation ont diminué de 2,7 % et les prix unitaires ont augmenté. À l’échelle nationale, les prix des pommes de terre ont continué d’augmenter, enregistrant une hausse de 4,6 % – soit la cinquième augmentation annuelle consécutive – mais à un rythme beaucoup plus lent qu’en 2023 et 2024. En tant que cinquième culture primaire en importance au Canada, la pomme de terre joue un rôle clé dans le soutien des capacités nationales de transformation des fruits et légumes, des marchés d’exportation et de la croissance à valeur ajoutée partout dans les Prairies.

Rapport FAC sur le secteur des aliments et des boissons

Consultez le rapport complet pour découvrir les plus récentes tendances des ventes et de tout le secteur.

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