Fabrication de produits laitiers : Rapport FAC sur le secteur des aliments et des boissons 2026

Les renseignements suivants proviennent du Rapport FAC sur le secteur des aliments et des boissons 2026, qui met en lumière les défis et les occasions pour l’industrie agroalimentaire au Canada. Pour en savoir plus, consultez l’intégralité du rapport.
Augmentation des coûts du lait et évolution des tendances de consommation
Le secteur canadien de la fabrication de produits laitiers est diversifié et dynamique. Il englobe tout, du lait de consommation aux collations, en passant par le beurre, le fromage, les produits à base de protéines de lait, les poudres spécialisées utilisées dans les préparations pour nourrissons et les boissons. Les marchés en aval comprennent le commerce de détail, les services alimentaires et d’autres activités de transformation. Compte tenu de la forte demande pour les protéines, les protéines laitières sont utilisées comme ingrédients dans d’autres produits alimentaires transformés et font l’objet d’une demande croissante. Sur plus de 600 entreprises de transformation à l’échelle nationale, près de 70 % sont concentrées au Québec et en Ontario, et la plupart sont petites et emploient moins de 100 personnes.
Fabrication de produits laitiers : prévisions des ventes pour 2026
Les ventes de produits laitiers transformés ont à nouveau montré de la vigueur en 2025, augmentant de 0,9 % pour atteindre 19,8 milliards de dollars. Si les volumes ont stagné en raison du ralentissement de la croissance démographique aux deuxième et troisième trimestres, les ventes par habitant sont restées supérieures à celles de 2024 pour les produits laitiers transformés (c’est-à-dire le yogourt, le beurre, la crème glacée et le fromage). Le ralentissement de la croissance démographique était un risque majeur signalé l’année dernière, de sorte que le maintien des gains par habitant est un signe positif pour le secteur. Toutefois, compte tenu des plans d’immigration existants, le secteur devra continuer à compter sur la croissance des ventes par habitant et/ou la diversification des produits pour maintenir des volumes élevés.
En ce qui concerne les volumes (c’est-à-dire les ventes ajustées en fonction de l’inflation), les perspectives sont positives pour 2026, car la demande continue d’aliments simples, accessibles et riches en éléments nutritifs rend les produits laitiers attrayants pour les personnes soucieuses de leur santé et à court de temps. Compte tenu de la hausse du prix la production annoncée pour le lait non transformé, on peut raisonnablement s’attendre à ce que les entreprises de transformation répercutent une partie de ce coût en majorant les prix.
L’augmentation combinée des volumes et des prix porte nos prévisions de ventes du secteur de la fabrication de produits laitiers à 20,5 milliards de dollars pour 2026, ce qui représente 3,6 % de plus qu’en 2025 (figure 5.1).
Figure 5.1 : Les ventes du secteur de la fabrication de produits laitiers progressent en 2026

Les ventes et les volumes totaux (en milliards de dollars) figurent sur l’axe vertical et sont indiqués par la hauteur de chaque barre. La valeur indiquée au-dessus de chaque barre représente la croissance sur 12 mois en pourcentage. Les volumes correspondent aux ventes corrigées au moyen d’un indice de prix (janvier 2020 = 100).
Sources : Services économiques FAC, Statistique Canada
Réussir à accroître les ventes malgré le ralentissement de la croissance démographique demeure un enjeu à surveiller pour ce secteur. Il en ira de même pour les prochaines négociations commerciales avec les États-Unis, qui devraient comprendre une révision du processus d’attribution des contingents tarifaires aux fins des importations de produits laitiers, car ce mécanisme est perçu depuis longtemps comme un obstacle commercial non tarifaire aux États-Unis. Les modifications apportées au processus d’attribution pourraient avoir un impact négatif sur la demande de produits laitiers transformés du Canada si cela signifie que les consommateurs ont un accès plus direct aux produits laitiers transformés des États-Unis par l’intermédiaire des circuits de vente au détail.
Regard sur les intrants : le lait non transformé
L’ingrédient de base de tous les produits laitiers transformés est le lait non transformé. Au Canada, le prix du lait non transformé est soumis à la gestion de l’offre, et le prix payé par les transformateurs aux producteurs est déterminé par l’office de commercialisation de chaque province. Ce prix varie en fonction de ce que le transformateur entend fabriquer (par exemple, yogourt, crème glacée, fromage, lait de consommation, crème) et des composants qu’il achète (c’est-à-dire la matière grasse, les protéines, les autres solides). Cependant, une fois transformé, le lait est soumis à une méthode de tarification différente. Ces produits transformés servent d’intrants dans des processus de transformation ultérieurs, comme le beurre dans les produits de boulangerie ou la crème dans les soupes en conserve.
Les fabricants de produits laitiers qui utilisent du lait non transformé pour fabriquer du yogourt, du fromage, du lait de consommation ou de la crème, par exemple, bénéficient d’une faible variabilité de l’offre et du prix du lait non transformé. Les prix sont généralement fixés une fois par année, ce qui crée une stabilité et une prévisibilité qui facilitent la planification annuelle des activités. Les fabricants qui utilisent les produits laitiers comme ingrédients dans une transformation ultérieure doivent composer avec des prix qui sont fixés mensuellement en fonction de l’offre et de la demande mondiales. Il en résulte un coût moins stable tout au long de l’année (figure 5.2).
Le prix du lait n’est pas seulement une question de coût : il influence les gammes de produits, les stratégies de marketing et les décisions d’investissement. Les valeurs relatives des composants (les protéines par rapport à la matière grasse par rapport aux autres solides) peuvent modifier les priorités des entreprises de transformation, mais les technologies de transformation, les marques et les demandes des consommateurs et consommatrices restent des éléments importants à prendre en compte.
Figure 5.2 : Les transformateurs utilisant du lait non transformé bénéficient de la stabilité du prix d’un composant clé

Sources : Statistique Canada, Services économiques FAC
Révision des prix des classes du lait au Canada en 2026
L’examen annuel du prix du lait par la Commission canadienne du lait (CCL) entraînera des coûts plus élevés en 2026 pour les transformateurs qui utilisent du lait dans des produits finis des classes 1 à 3 ainsi que des classes 4a (matière grasse) et 4b à 4d (c’est-à-dire le lait, la crème, le yogourt, la crème glacée et le fromage). Le 1er février 2026, le prix du lait à la ferme a augmenté de 2,375 %, ajoutant un peu plus de 2 cents le litre au coût du lait utilisé dans la fabrication de produits laitiers. Après l’annonce par la CCL du changement de prix à l’échelle du Canada, les offices provinciaux de commercialisation ont affiché les prix applicables à chaque classe de lait et à chaque composant (c’est-à-dire les protéines, la matière grasse et les autres solides). La figure 5.3 résume les augmentations de prix auxquelles les transformateurs peuvent s’attendre en 2026 pour les principales catégories de produits dans les provinces de l’Ouest et de l’Est.
Les transformateurs qui utilisent le lait comme ingrédient pour la transformation ultérieure (classe 5), l’alimentation animale (classe 4m) ou les protéines et autres solides (classe 4a) doivent composer avec des prix dictés par les forces du marché tout au long de l’année.
Figure 5.3 : Variation des prix des classes du lait au Canada dans certaines catégories en %, 2025-2026

Source : Commission canadienne du lait
Fabrication de produits laitiers : prévisions des marges pour 2026
Les marges brutes du secteur de la fabrication de produits laitiers restent saines et ont été stables au cours de la dernière décennie par rapport à celles d’autres sous-secteurs. Nous prévoyons que les marges se maintiendront en 2026, bien qu’elles soient encore inférieures aux niveaux de 2019 en raison du resserrement qui s’est produit en 2022-2023, lorsque les coûts élevés des intrants ont érodé la rentabilité (figure 5.4).
En 2026, les coûts devraient s’accroître, principalement en raison de la hausse des prix à la production du lait non transformé et de l’augmentation progressive des salaires, les deux catégories de dépenses les plus importantes. Toutefois, la forte demande de produits laitiers ainsi que le rôle des produits laitiers en tant que source de protéines à faible coût devraient permettre de répercuter certaines augmentations de coûts, ce qui contribuera à protéger les marges.
Figure 5.4 : Stabilité des marges du secteur de la fabrication de produits laitiers

Sources : Services économiques FAC, Statistique Canada
La productivité reste un avantage clé dans l’évaluation des marges du secteur de la fabrication de produits laitiers. Entre 2020 et 2024, la productivité de la main-d’œuvre a monté de 2,5 % dans ce secteur, alors que l’ensemble du secteur de la fabrication alimentaire affichait une augmentation moyenne de 0,9 %. Il sera essentiel de maintenir cette forte productivité pour continuer à gérer les coûts et à protéger les marges au fil du ralentissement de la croissance démographique.
Autres tendances à surveiller en 2026
Les produits laitiers riches en protéines demeurent un moteur de croissance en 2026, mais pas au même rythme que les années précédentes. On peut s’attendre à ce que les marques misent sur une combinaison de qualités (par exemple, protéines et probiotiques ou créatine) afin de répondre à l’évolution des attentes des consommateurs et consommatrices.
L’une des composantes de l’étude de la CCL sur le coût de production, les fluctuations de prix des bovins, devrait influer sur les futurs rajustements du prix du lait non transformé.
Il faudra être à l’affût de la diversification et de l’innovation des produits laitiers comme source de protéines dans d’autres aliments ou surveiller le développement de formats entièrement nouveaux dans l’objectif de cibler des tendances alimentaires particulières.
Consultez le rapport complet pour découvrir les plus récentes tendances des ventes et de tout le secteur.

Obtenez les prévisions des Services économiques de FAC pour le secteur de la fabrication de produits de viande en 2026.

