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Six conseils pour permettre aux microbrasseries de s’adapter à un marché en pleine évolution

4 min de lecture

Créer une microbrasserie économiquement durable est devenu de plus en plus difficile. La fluctuation du coût des ingrédients, les tarifs douaniers et l’évolution des tendances de consommation ne sont que quelques-uns des obstacles auxquels les microbrasseries sont confrontées. L’Association des microbrasseries canadiennes indique qu’en 2023‑2024, 70 brasseries canadiennes ont fermé leurs portes, entraînant la perte de 875 emplois et de 170 millions de dollars en retombées économiques.

Amanda Norris, économiste principale à FAC, souligne que deux grandes brasseries canadiennes ont généré environ 80 % des revenus, ce qui laisse 20 % à partager entre de nombreuses entreprises de plus petite taille. Les consommateurs et consommatrices recherchent des expériences, tant sur le plan des saveurs que de l’environnement où ils consomment leurs boissons.

« La concurrence pour ces 20 % est vraiment ardue », explique Mme Norris, ajoutant qu’il s’agit d’un environnement difficile non seulement pour les microbrasseries, mais aussi pour les producteurs d’alcool et les brasseries en général. Cette concurrence accrue oblige les microbrasseries à examiner de près leur productivité globale afin de gérer leurs coûts et d’améliorer leurs résultats financiers.

Selon Statistique Canada, la population canadienne d’âge légal consomme l’équivalent de 3,4 bouteilles de bière standard par semaine, soit 53 litres par habitant, ce qui marque la huitième baisse annuelle consécutive des ventes de bière en volume. La diminution des dépenses discrétionnaires ainsi qu’une plus grande attention portée au bien-être contribuent à la baisse de la consommation. Il en résulte un abandon de l’alcool au profit des boissons non alcoolisées ou à faible teneur en alcool.

La fidélité à la marque constitue un obstacle supplémentaire pour les microbrasseries. D’après Mme Norris, les consommateurs et consommatrices qu’elles attirent s’intéressent généralement à la diversité de leurs produits. Ces gens recherchent des expériences, tant sur le plan des saveurs que de l’environnement où ils consomment leurs boissons. C’est l’occasion pour les microbrasseries de créer à la fois des produits et des espaces qui fidélisent la clientèle.

Conserver sa pertinence : six conseils pour s’adapter à un marché en pleine évolution

1. Disposer d’une plateforme de marque solide

Il est essentiel de bien comprendre ce qui constitue le cœur et l’âme de votre exploitation, notamment ce qui la rend unique et ce qui attire la clientèle vers votre marque.

Collective Arts Brewing, située à Hamilton, en Ontario, a cherché à sortir du moule pour ne plus être uniquement une brasserie locale et se tailler une place dans le monde. Ses principes fondamentaux reposent sur l’apport de la créativité dans l’univers du brassage artisanal, notamment en utilisant sa plateforme afin de rapprocher l’art des consommateurs et consommatrices. L’entreprise a collaboré avec environ 2 500 artistes, payant près d’un million de dollars pour leurs œuvres.

« Nous cocréons toujours nos emballages avec des artistes, déclare Toni Shelton, vice‑présidente, marque et stratégie. Ces gens forment véritablement la communauté locale qui nous a aidés à bâtir la marque que nous avons aujourd’hui. »

2. Élargir sa gamme de produits au-delà de la bière artisanale

Optimisez les installations existantes en utilisant les lignes de production pour conditionner une gamme de produits diversifiée. Élargissez votre gamme de produits afin de répondre à des besoins diversifiés et offrez ainsi à votre clientèle potentielle de multiples occasions d’interagir avec votre marque.

Pour prospérer dans ce secteur et rester proche de votre base de clientèle, faites évoluer votre entreprise de manière à répondre à ses besoins changeants. Le secret, c’est de cerner les lacunes du marché et de les exploiter en créant une gamme de produits ou une expérience qui les comble.

Collective Arts Brewing propose une variété de boissons, dont des bières artisanales, des cidres, des cocktails, des bières sans alcool, des cocktails sans alcool, des boissons de bien-être et des boissons énergisantes, en réponse à l’évolution des besoins de consommation et des tendances du marché.

3. Proposer des options sans alcool ou favorisant la santé

Ciblez les marchés des produits à faible teneur en alcool et sans alcool pour créer des occasions de pénétrer des catégories émergentes et accroître la notoriété de la marque. Selon Mme Norris, l’ajout d’options sans alcool à une gamme comporte un autre avantage : les brasseries peuvent participer à des événements sans permis d’alcool afin d’entretenir leurs relations avec la clientèle et les partenaires potentiels.

Le secteur des boissons non alcoolisées continue de présenter des possibilités croissantes. Toutefois, la création d’une bière ou d’un cocktail sans alcool bien exécuté peut s’avérer un exercice coûteux et fastidieux.

« Nous avons travaillé fort pour que les cocktails sans alcool ne soient pas simplement des jus, qu’ils proposent une expérience complexe et qu’ils aient exactement le même goût que le cocktail, affirme Mme Shelton. Parce que nous sommes des adultes et que nous ne voulons pas une simple boîte de jus de fruits. »

4. Profiter de la flexibilité des petits lots

Maintenez l’intérêt de votre clientèle en intégrant de nouvelles options à votre menu, qu’il s’agisse de boissons de saison ou d’un produit qui vient d’être lancé.

« En rendant l’offre légèrement plus exclusive, vous pourriez susciter l’intérêt, surtout si le produit n’est disponible que quelques mois par année », indique Mme Norris. Les petits lots permettent aux brasseries de s’adapter à l’évolution des tendances de consommation ou de combler des lacunes du marché. Mme Shelton recommande aux brasseurs de discuter avec leur clientèle établie afin de comprendre ce qui lui plait et de cerner les lacunes que leur entreprise pourrait combler.

5. Ne pas oublier ses racines

Le marché des brasseries artisanales est propice à l’innovation. Toutefois, Mme Shelton avertit les brasseries de ne pas rogner sur la qualité lorsqu’elles mettent au point de nouveaux produits.

« Il doit y avoir de la qualité dans le produit, dans la marque et dans l’expérience que vous offrez », précise-t-elle.

Par ailleurs, l’innovation présente un autre enjeu : il est facile de se laisser absorber par les nouvelles idées au point de reléguer au second plan le noyau même de l’exploitation.

« Si vous souhaitez modifier quelques saveurs, faites des essais en plus petites quantités, offrez-les en exclusivité, mais ne changez pas votre gamme principale, conseille Mme Norris. Lorsqu’un produit est très prisé, ayez-en toujours conscience. »

6. Profiter du tourisme brassicole

Le tourisme offre aux brasseries artisanales la possibilité de générer de multiples sources de revenus et de créer un espace où les gens peuvent prendre le temps de déguster leurs boissons. Organisez des événements éphémères, comme des spectacles d’humour, des soirées de jeux-questionnaires ou des marchés agricoles pour attirer une clientèle diversifiée à la brasserie et vers ses produits.

Les personnes qui ont tendance à se rendre dans les microbrasseries recherchent plus qu’une boisson alcoolisée. L’innovation est essentielle, et les brasseries artisanales peuvent la mettre en valeur en créant activement plusieurs points de contact avec les consommateurs potentiels, notamment en offrant des expériences et des produits diversifiés pour fidéliser la clientèle existante et en attirer une nouvelle vers leur marque.

« C’est un moment vraiment formidable, car il y a tellement de gens et de détaillants qui recherchent des produits canadiens, dit Mme Shelton. Le potentiel de croissance et de développement de l’expérience de consommation est immense. »

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