Renouveau et innovation dans une ferme familiale

Lorsque les cousins Jordan Siemens et Kyle Hamilton ont repris la ferme familiale située près de Lucky Lake, en Saskatchewan, ils ont dû répondre à une question essentielle : Comment pouvons-nous assurer la durabilité de l’exploitation pour les décennies à venir?
L’exploitation, fondée dans les années 1950 par leurs grands‑parents Tom et Gladys Hamilton, est située à environ deux heures au sud‑ouest de Saskatoon. Depuis sept décennies, elle appartient à la famille et continue d’évoluer.
Devenus parents à leur tour, les deux cousins ont dû réévaluer le modèle hérité, alors que les prix des machines et des intrants n’ont cessé de grimper. La culture céréalière exigeait des coûts indirects élevés et beaucoup de main-d’œuvre et offrait peu de marge de manœuvre pour la gestion des risques dans cette région aride.

Image : Jordan Siemens (gauche) et Kyle Hamilton (droite)
Kyle ajoute que l’idée de continuer comme avant ne lui procurait aucune joie. « Je ne voulais pas passer toute ma vie dans un pulvérisateur », se souvient-il.
À mesure que leurs responsabilités augmentaient, Kyle et Jordan ont collaboré avec leurs parents pour planifier le transfert. Les familles ont élaboré un plan qui permettait à la génération précédente de se retirer pendant que les cousins redéfinissaient l’entreprise. Cela les a amenés à passer de la culture de céréales à celle de fourrage irrigué, appuyé par des activités d’élevage-naissage.

Ils ont vendu de l’équipement, et réaffecté des terres pour l’irrigation et la production fourragère, principalement de la luzerne et de l’herbe cultivées pour le foin. Ce virage a exigé des années d’expansion progressive du système d’irrigation, un élément central de leur stratégie. Les derniers projets ont été complétés en 2024.
Le financement de cette transition nécessitait une planification minutieuse. L’ampleur de la production fourragère irriguée n’était pas adaptée à une structure de prêt traditionnelle. Les cousins ont donc dû élaborer leurs propres projections et chercher un prêteur voulant les accompagner dans un terrain peu connu.
« Il n’y avait pas vraiment de précédent pour ce que nous voulions faire, précise Kyle. Nous avons dû prouver que notre approche pouvait fonctionner ».
Leur approche a convaincu Financement agricole Canada (FAC). L’idée était de prévoir deux à trois récoltes de foin par saison destinées à un marché local dans un rayon de 80 km, en plus de continuer à élever 300 paires vache-veau dans des pâturages naturels, en adaptant le nombre d’animaux en fonction de l’évolution des marchés.

« Nous voulions un modèle capable de s’adapter aux marchés, pas une approche qui nous obligeait à prendre la même décision chaque année », explique Kyle.
Grâce au soutien de FAC, Kyle et Jordan ont pu faire évoluer l’exploitation en développant l’irrigation par étapes selon leur trésorerie et leur capacité de production, privilégiant ainsi une progression régulière à une croissance rapide.
Six ans après le nouveau départ, la ferme compte maintenant 1 400 acres irrigués consacrés à la production fourragère. Cette flexibilité permet aux partenaires de s’ajuster aux marchés et de bâtir une entreprise alignée sur les besoins de leurs familles grandissantes, qu’il s’agisse d’intensifier l’élevage bovin, de miser sur la vente de fourrage ou de réorienter leurs activités vers d’autres secteurs.