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Telle mère, telle fille : une passion commune pour l’agriculture

  • 21 oct. 2021

« Quand on a parlé d’agriculture dans ma classe, je suis devenue triste et en colère parce que j’ai compris que beaucoup de gens ne savent pas d’où viennent leurs aliments ni ce qu’on fait en agriculture », raconte Mady Adamson, une fillette de neuf ans de Kindersley, en Saskatchewan. Elle a donc recruté sa mère pour l’aider à concevoir une solution qui a transformé cette simple élève d’une école primaire en un phénomène viral.

Avec pour toile de fond la ferme céréalière familiale, exploitée par les Adamson depuis cinq générations, Mady a commencé à tourner des vidéos éducatives de 30 à 90 secondes filmées par sa mère, Lexie Adamson. Lexie a publié les vidéos sur sa page Twitter (en anglais seulement), et elles ont véritablement pris leur envol.

Les vidéos de Mady ont fait fureur en Saskatchewan et ses tweets sont republiés par des personnes importantes de la communauté agricole, dont des agriculteurs et le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe.

« Ma partie préférée, quand je fais ces vidéos, c’est quand les gens écrivent en commentaire qu’ils ont appris quelque chose à propos de l’agriculture », confie Mady.

« Ce qui est magnifique quand une jeune de neuf ans parle d’une entreprise agricole, c’est la simplicité des explications, affirme Lexie. Les vidéos de Mady démystifient des sujets complexes, comme un semoir pneumatique, à l’aide d’explications faciles à comprendre. Et elles ne véhiculent pas d’opinions, mais juste des faits. »

Selon Lexie, Mady est une véritable éponge, constamment en train d’absorber de l’information sans rien laisser paraître. De plus, Mady aime s’occuper et cherche toujours quelque chose de nouveau à apprendre. « Mady est très intelligente. C’est une élève brillante, avec une mémoire incroyable. »

D’où lui vient cette passion? « J’adore l’agriculture parce que ma famille fait partie de cette industrie, et je veux tout apprendre à ce sujet », explique Mady.

L’entreprise de la famille, Jadoway Farms Ltd., est un client de FAC situé à Harris, en Saskatchewan. Il s’agissait au départ d’une production mixte d’élevage de bétail et de bovins d’engraissement et de production céréalière, qui se consacre maintenant uniquement à la production céréalière.

Lexie gère Jadoway Farms avec son frère, et leur père, semi‑retraité, leur prodigue ses conseils et son expertise. Comme elle auparavant, les deux enfants de Lexie grandissent à la ferme et apprennent tout ce qu’on y fait, et profitent de ce mode de vie. La passion de Mady s’est manifestée le jour où elle a dit à sa mère qu’elle voulait commencer à produire des vidéos pour enseigner l’agriculture aux gens.

Grandir dans l’entreprise familiale

Lexie savait depuis sa tendre enfance qu’elle travaillerait en agriculture. « Mes parents disent que c’était clair depuis ma naissance. Je suis très fière d’être agricultrice. »

Sa passion a été nourrie par sa participation à la ferme familiale dès un jeune âge. Lexie travaillait avec ses tantes, ses oncles et ses cousins, et affirme qu’on l’intégrait toujours à la ferme de façon positive.

Elle a compris très tôt que, loin d’être un simple emploi, l’agriculture était plutôt un mode de vie rempli de défis stimulants. Elle a appris à faire fonctionner toute la machinerie, puis les rouages de l’entreprise afin d’être incluse dans le processus décisionnel dès un jeune âge. Lexie précise qu’on ne lui a jamais caché les périodes difficiles, parce que c’est dans ces moments qu’il y a des leçons à tirer.

Suivre sa passion

Après l’école secondaire, Lexie a étudié l’agriculture au Lakeland College avant de revenir dans son village natal pour travailler à la ferme durant quelques années. C’est seulement il y a cinq ans que Lexie a quitté son emploi à l’extérieur de la ferme pour exploiter l’entreprise familiale à temps plein.

« Je pense que l’agriculture est un domaine tellement gratifiant, parce qu’on y fait des choses si importantes et différentes chaque jour, même si je sais bien qu’il y a des défis. »

Comme tous les agriculteurs le savent, il n’y a aucune garantie dans l’industrie. On est à la merci de Dame Nature, c’est le marché qui mène, et on n’est pas toujours récompensé pour notre dur labeur.

D’un autre côté, « dans l’industrie agricole, les choses les plus difficiles sont parfois celles dont on est le plus fiers », affirme Lexie.

Leçons vécues, apprises et transmises

Lorsqu’on lui demande ce qu’elle conseillerait à une personne qui songe à transférer son entreprise à la prochaine génération, Lexie propose les quatre conseils suivants :

  • Communiquez. Toute bonne relation est fondée sur la confiance et l’honnêteté. Si vous faites une erreur, soyez prêt à l’admettre puis passez à autre chose. « Vous ne serez pas toujours d’accord, mais si chacun peut s’exprimer, vous pourrez régler les conflits. »
  • Adaptez-vous. Les journées passent et ne se ressemblent pas : c’est à la fois un avantage et un inconvénient de l’industrie, alors il est indispensable de s’adapter. « Sachez reconnaître quand quelque chose ne fonctionne pas et qu’il faut essayer autre chose. »
  • Soyez conscient de vos forces et mettez‑les à profit. À part ses tâches à la ferme, Lexie s’occupe des relations d’affaires et de la tenue de livres. De plus, elle siège à quelques conseils d’administration pour rester au fait de l’industrie. « J’ai pris conscience de mes forces et je sais où j’apporte de la valeur, et je me concentre là‑dessus. Bref : restez dans votre voie. »
  • Soyez humble et travaillez fort. L’agriculture n’est pas facile; elle exige du travail acharné et il arrive souvent qu’on ne récolte pas ce que l’on a semé , affirme Lexie, mais elle ajoute : « comme dans tout emploi, si vous aimez ce que vous faites, il est plus facile de surmonter les difficultés ».

Qu’est-ce qui attend Mady?

Inspirée par le modèle incroyable qu’est sa mère, Mady dit qu’elle a deux objectifs : premièrement, enseigner aux gens d’où proviennent leurs aliments et deuxièmement, leur montrer comment exploiter une production céréalière.

Elle veut que les gens sachent que l’agriculture va au‑delà de l’ensemencement, du dépistage au champ et de la récolte. « Je veux montrer ce qui se passe à la ferme tout au long d’une année agricole. »

Que se passera‑t‑il quand l’année va se terminer? « Si je veux continuer, je vais le faire, mais si j’ai l’impression d’avoir atteint mon but, je vais arrêter. » Aussi simple que cela. Pourtant, des possibilités s’offrent à Mady, alors il se pourrait bien qu’on la voit après l’année agricole 2021. « J’ai l’intention d’enseigner l’agriculture », ajoute‑t‑elle.

Pour produire quelque chose, il suffit d’une graine et des soins appropriés. Mady Adamson sème cette graine avec l’espoir de changer la façon dont les élèves se familiarisent avec l’agriculture à l’école.

Pour regarder quelques‑unes de ses vidéos, visitez la chaîne YouTube de Mady (en anglais seulement).