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Revue de la valeur des terres fruitières de 2025 : analyse et tendances

13 mai 2026
7,5 min de lecture

À titre de complément à notre rapport Valeur des terres agricoles 2025, la présente analyse explore les tendances observées dans l’évolution de la valeur des terres des bleuetières, des vergers, des cerisaies et des vignobles (tableau 1). Ces chiffres sont influencés par les fluctuations de la demande du marché et les événements climatiques, ce qui souligne le caractère dynamique et en constante évolution de cette industrie. Les autres provinces productrices de fruits ne figurent pas dans le tableau 1 en raison de leur faible volume de ventes.

Tableau 1 : Valeur de référence de FAC à l’acre pour les vergers, les bleuetières et les vignobles

Tableau présentant les rendements moyens à l’acre, les variations en pourcentage ainsi que les valeurs minimales et maximales pour les principales régions de production. Vergers, bleuetières, vignobles.

* Cette fourchette de valeurs est représentative de 90 % des ventes dans chacune des régions et exclut les tranches supérieures et inférieures de 5 %.

Source : FAC

Les ventes de fruits au Canada ont augmenté de 16,8 % pour atteindre 1,6 milliard de dollars en 2025, tandis que la production des principaux fruits a affiché des résultats contrastés. La production totale de fruits est restée relativement stable, les hausses enregistrées pour certaines cultures ayant été compensées par les baisses liées aux conditions météorologiques observées dans d’autres. Dans l’ensemble, la production de bleuets et de pommes a diminué, tandis que la production de cerises et de raisins a augmenté. Le prix des cerises a fortement chuté en raison de l’arrivée sur le marché d’une récolte exceptionnelle (figure 1). C’est tout le contraire pour les bleuets sauvages.

Figure 1 : Prix canadiens moyens au kilogramme des pommes, des bleuets en corymbe, des bleuets sauvages, des raisins et des cerises

Graphique linéaire montrant la tendance des prix à la ferme rajustés en fonction de l’inflation entre 2015 et 2025 pour les cerises, les bleuets sauvages, les bleuets en corymbe, les raisins et les pommes. Les cerises affichent les prix les plus élevés, atteignant un sommet en 2024 avant de chuter, tandis que les pommes demeurent stables et que les bleuets et les raisins affichent des fluctuations modérées.

Sources : Statistique Canada et FAC

À l’échelle nationale, les tendances de production des principaux fruits du Canada ont été inégales en 2025. La superficie récoltée marque un retour à la normale. En revanche, en 2025, la production totale de fruits dans les provinces de l’Atlantique a diminué par rapport à 2024, principalement en raison de la sécheresse.

Figure 2 : Superficie canadienne consacrée à la culture des pommes, des bleuets en corymbe, des bleuets sauvages, des raisins et des cerises

Graphique linéaire montrant la tendance de la superficie consacrée à diverses cultures fruitières au Canada de 2015 à 2025, y compris les bleuets en corymbe, les bleuets sauvages, les pommes, les raisins et les cerises. Les bleuets sauvages dominent, avec une augmentation marquée entre 2021 et 2023, tandis que d’autres cultures demeurent relativement stables, à l’exception des cerises, qui affichent une légère augmentation en 2025 après une baisse en 2024.

Sources : Statistique Canada et FAC

Colombie-Britannique

Les producteurs fruitiers de la Colombie-Britannique ont connu une reprise notable en 2025, après la vague de froid intense qui avait dévasté les cultures dans les vallées de l’Okanagan et de Similkameen en 2024. L’année 2024 a été riche en rebondissements, et ses répercussions se sont fait sentir sur le marché foncier en 2025. Même si le secteur des fruits s’est largement redressé en 2025, cette reprise n’a pas eu d’effet visible immédiat sur les achats de terres. Dans l’ensemble, la saison s’est caractérisée par un redressement des ventes et par des conditions généralement favorables pour les vergers et les vignobles. Les rendements étaient bons et la qualité était satisfaisante.

La valeur des vergers a légèrement diminué en 2025, et les ventes ont été peu nombreuses dans certaines régions. La demande de terres était variable, et nous avons constaté une diminution moyenne de la valeur des terres de 6,6 % dans la région de l’Okanagan et de 5,3 % dans la région de Kootenay. Les producteurs de pommes ont connu une bonne saison. La production de cerises douces de la Colombie-Britannique a atteint un sommet inégalé en 2025. Malheureusement, cette hausse a entraîné d’autres difficultés, telles que le manque de bacs de stockage, la pénurie de main-d’œuvre pour la cueillette et la faiblesse des prix.

Malgré la chute des bourgeons en 2024, les vendanges de 2025 ont été meilleures que prévu, alors que le marché continue d’évoluer. La Colombie-Britannique a prolongé l’autorisation d’importer des raisins de cuve des États‑Unis, puisque l’expérience de l’an dernier a été considérée comme positive et que les prix étaient excellents. Les prix payés pour les vignobles ont donc été influencés par les hauts et les bas des dernières années. La valeur des vignobles de la région de l’Okanagan a baissé de 20 % en 2025, après deux années de stabilité. Compte tenu des difficultés rencontrées lors de la saison 2024, il n’est pas surprenant de constater que cela a eu des répercussions sur les transactions foncières en 2025.

Après des rendements records dans toutes les régions en 2024, la production de bleuets en corymbe est revenue à des niveaux plus près de la moyenne provinciale. En 2025, la valeur des terres de la région de la côte sud a diminué de 3,1 %. Cette baisse est moins marquée que celle observée dans la région pour les terres cultivées.

Ontario

La valeur des terres est demeurée stable (0 %) pour les vignobles du sud-est de l’Ontario, sans variation en 2025. À l’heure actuelle, l’offre de vignobles à vendre demeure limitée, mais cette tendance pourrait bien changer à l’avenir. En effet, on s’attend à ce que certaines propriétés changent de mains en raison du manque de successeurs ou du départ à la retraite de générations plus âgées.

Les vergers ont également affiché de bons résultats en 2025, les pommes et les fruits tendres ayant connu une bonne année. La production a été excellente, tout comme les ventes. La récolte de pommes était d’une très grande qualité et d’une saveur exceptionnelle, grâce à un été chaud et sec, suivi de nuits plus fraîches vers la fin de la saison. Les ventes de vergers sont rares, ce qui rend difficile l’évaluation précise de la valeur des terres. Toutefois, les prix semblaient augmenter.

Québec

Les rendements des récoltes de bleuets sauvages de la saison 2025 ont été considérés comme moyens, malgré les inquiétudes initiales liées aux conditions météorologiques, notamment le gel et l’humidité. Même si les bleuets sauvages ne sont pas touchés pour le moment par les tarifs douaniers des États‑Unis, le secteur demeure vulnérable, car près de 50 % des exportations sont acheminées vers le marché américain. On constate donc une légère hausse de la valeur des terres, de l’ordre de 3,0 %.

Dans les vergers du Québec, les conditions de croissance étaient excellentes jusqu’à la mi-saison. Cette situation a été suivie de vagues de chaleur et d’une sécheresse qui ont affecté la qualité des pommes. Les arbres ont souffert d’un manque d’eau, mais dans certains cas, ce problème a été atténué grâce à l’irrigation. En définitive, les rendements ont été conformes à la moyenne. Le marché des ventes de vergers est limité; il est donc difficile de fournir des chiffres précis, mais les prix étaient à la hausse dans cette province.

Nouveau-Brunswick

Les producteurs de bleuets sauvages du Nouveau-Brunswick ont connu une autre saison difficile, avec des rendements médiocres en raison des conditions de sécheresse estivale. Pour l’instant, selon la plus récente analyse, la valeur des bleuetières dans la région du Nord de la province est restée stable (0 %) en 2025. Nous avons remarqué que la différence entre les prix payés est inférieure à ce qui a été observé dans le passé.

Nouvelle-Écosse

Au cours des dernières années, l’industrie des bleuets de la Nouvelle‑Écosse a fait face à des défis de production en raison d’événements météorologiques extrêmes et inhabituels comme la sécheresse, les faibles chutes de neige, le vortex polaire et les conditions météorologiques défavorables à la pollinisation. Ces conditions météorologiques défavorables ont eu une incidence sur les rendements, les conditions des champs et les populations de ravageurs. La pression sur les prix avait également suscité des inquiétudes quant à la viabilité à long terme du secteur. La saison 2025 n’a pas fait exception. Néanmoins, après deux ans de valeurs stables des terres dans le secteur des bleuets de Truro‑Shubenacadie, une augmentation a été observée en 2025, de l’ordre de 4,8 %.

La saison viticole en Nouvelle‑Écosse a bien commencé, puis la sécheresse s’est installée. Les rendements ont été affectés, mais la qualité des fruits était bonne, avec des arômes intenses.

Au début de l’été 2025, les vergers étaient en pleine croissance. Cette période a été suivie de plusieurs semaines de sécheresse, qui ont ralenti la croissance des pommiers. Les fruits avaient tendance à être plus petits, ce qui a entraîné une baisse du volume total de pommes commercialisables et l’exclusion des fruits et légumes qui ne répondaient pas aux normes de qualité.

En conclusion

En 2025, l’activité du secteur fruitier a augmenté à l’échelle nationale, bien que les résultats aient varié selon les cultures et les régions, car les conditions météorologiques ont continué d’avoir une incidence sur les rendements, la qualité et la rentabilité. Ces réalités opérationnelles se sont reflétées dans la valeur des terres, qui est restée généralement stable ou a légèrement augmenté dans plusieurs régions productrices de bleuets, tout en affichant une évolution plus variable dans les régions viticoles et des tendances contrastées dans les vergers.

Pendant que les producteurs évaluent leurs options en matière d’expansion, de réinvestissement ou de relève, les mesures de résilience telles que l’irrigation, la gestion des risques et les infrastructures permettront de plus en plus de distinguer les exploitations agricoles les unes des autres et contribueront à maintenir la valeur à long terme dans les régions fruitières du Canada.

Article par : Judith Francœur, agr., analyste de données

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