Valeur des terres agricoles canadiennes au milieu de l’année 2026 : l’élan se poursuit

La valeur des terres agricoles cultivées a continué de progresser à un rythme plus modéré au Canada, soit de 3,8 % au premier semestre de 2026 et de 7,0 % d’une année sur l’autre (tableau 1), ce qui témoigne d’une demande résiliente au sein d’un marché plus sélectif. Bien que la croissance ait ralenti par rapport au gain de 9,3 % observé à la fin de 2025, les prix des terres agricoles restent tout sauf « bon marché ». La situation varie selon les régions, influencée par l’offre et la demande locales, la hausse des coûts de production, notamment le carburant et les engrais, ainsi que l’incertitude entourant le commerce, les tarifs douaniers et les marchés internationaux.
L’Île-du-Prince-Édouard a dominé la croissance au cours des six premiers mois avec un bond de 11,9 %, suivie du Québec à 6,2 %. L’Alberta et le Manitoba ont chacune progressé de 5,3 %, tandis que la Nouvelle-Écosse a gagné 3,6 %. La Saskatchewan, l’Ontario et le Nouveau-Brunswick ont également affiché des progressions respectives de 2,6 %, de 2,4 % et de 2,1 %. La Colombie-Britannique est la seule province à avoir connu un léger recul, de 1,9 %.
Tableau 1 : Variation moyenne de la valeur des terres agricoles au premier semestre de 2026, par province

Source : Calculs de FAC
D’un océan à l’autre : les mouvements régionaux du marché des terres agricoles canadien
En Colombie-Britannique, la valeur des terres agricoles cultivées a diminué de 1,9 % au premier semestre et de 3,9 % d’une année sur l’autre, la situation variant toutefois d’une région à l’autre. La région de Cariboo-Chilcotin a connu une activité de ventes limitée, mais comme la demande y est demeurée relativement forte, le récent repli des valeurs ne présage pas un ralentissement généralisé du marché. Sur la Côte Sud et l’île de Vancouver, les valeurs se sont stabilisées, même si les délais de vente plus longs et l’augmentation des propriétés inscrites continuent d’exercer une pression à la baisse sur ces marchés.
En Alberta, la valeur des terres agricoles cultivées a progressé de 5,3 % durant la première moitié de 2026 et de 9,4 % d’une année sur l’autre. Les régions du Nord et de la Paix, qui affichent un plus grand nombre de transactions, ont connu un mouvement à la hausse plus prononcé, tandis que les autres régions ont enregistré un nombre de transactions limité et sont restées plus proches de leurs valeurs antérieures. Dans le sud de l’Alberta, les ventes de terres non irriguées sont demeurées restreintes, l’irrigation continuant de jouer un rôle clé dans la valeur des terres et d’influencer les superficies de terres non irriguées environnantes.
En Saskatchewan, la valeur des terres agricoles cultivées a progressé modestement, soit de 2,6 %, au cours des six derniers mois, montant de 6,7 % d’une année sur l’autre, ce qui représente un rythme d’appréciation plus lent que dans les dernières années. Une activité de ventes limitée dans la majeure partie de la province a maintenu les valeurs près de leurs niveaux précédents, les exploitations demeurant prudentes face à la hausse des coûts des intrants, à la compression des marges, à l’incertitude commerciale et aux conditions météorologiques variables. La région du Centre-Ouest a enregistré le gain régional le plus important, soutenue par une concentration de terres de qualité supérieure et par un plus grand nombre de propriétés offertes à la vente.
L’Ontario a présenté un marché plus modéré, avec une augmentation de 2,4 % de la valeur des terres agricoles cultivées au milieu de l’année et de 3,2 % d’une année sur l’autre. L’activité d’achat est demeurée faible en début d’année, de nombreuses exploitations ayant reporté l’acquisition de terres jusqu’à ce que les conditions de culture et les perspectives de rendement deviennent plus certaines. La demande est restée la plus forte pour les terres cultivées de haute qualité, la plupart des achats découlant des besoins d’exploitation plutôt que d’une simple volonté d’expansion. Bien que la concurrence se soit intensifiée dans certains secteurs, les acheteurs restent sélectifs, et le nombre restreint de ventes continue de déterminer le rythme global du marché.
L’appétit pour les terres agricoles est demeuré fort au Québec, où la valeur des terres agricoles cultivées a monté de 6,2 % au premier semestre et de 8,1 % d’une année sur l’autre. Les prix de vente sont restés élevés dans les régions à forte demande, même si la croissance a été inégale dans la province. Le dynamisme du marché s’est plutôt régionalisé, certaines zones restant actives pendant que d’autres ont ralenti leur rythme lorsque l’activité s’est déplacée ailleurs.
Au Nouveau-Brunswick, la valeur des terres agricoles cultivées a progressé de 2,1 % au premier semestre et de 3,2 % d’une année sur l’autre. L’activité de vente de terrains est restée conforme aux niveaux habituels de la province, mais le nombre de ventes fiables a été limité.
En Nouvelle-Écosse, la valeur des terres agricoles cultivées s’est bonifiée de 3,6 % pour la première moitié de l’année et de 5,3 % d’une année à l’autre. Les conditions de culture étaient généralement positives. La valeur des terres agricoles était plus élevée dans certaines zones, particulièrement près de l’eau, tandis que l’activité de vente est demeurée faible dans l’ensemble de la province.
Les ventes récentes ont fourni des indications plus claires d’une tendance à la hausse qui se dessinait au fil du temps, l’Île-du-Prince-Édouard enregistrant une augmentation notable de 11,9 % au milieu de l’année et des gains de 17,6 % en glissement annuel. Des ventes accrues et une fourchette de prix de vente plus étroite offrent désormais un soutien plus important à ce mouvement haussier, confirmant une moyenne plus élevée pour le marché.
La progression de la valeur des terres agricoles a culminé à différents moments au Canada depuis 2020
Comme les données sont recueillies tous les six mois, nous pouvons suivre l’évolution historique d’une année sur l’autre telle qu’elle est rapportée en juin et en décembre. En nous concentrant sur le dernier cycle haussier, nous utilisons les données à compter de juin 2020 pour comparer la croissance actuelle de la valeur des terres agricoles de chaque province avec le sommet atteint au cours de cette période.
Tableau 2 : Croissance de la valeur des terres agricoles sur 12 mois par province, au sommet du cycle et aujourd’hui, depuis 2020
Provinces | Date du pic de croissance sur 12 mois | Taux de croissance maximal sur 12 mois | Croissance sur 12 mois en juin 2026 | Écart de croissance par rapport au sommet |
|---|---|---|---|---|
Qc | Juin 2021 | 13,7 % | 8,1 % | -5,6 % |
C.-B. | Déc. 2021 | 18,1 % | -3,9 % | -22,0 % |
Ont. | Juin 2022 | 27,7 % | 3,2 % | -24,5 % |
N.-É. | Juin 2022 | 14,0 % | 5,3 % | -8,7 % |
Î.-P.-É. | Juin 2022 | 26,4 % | 17,6 % | -8,8 % |
N.-B. | Déc. 2022 | 17,1 % | 3,2 % | -13,9 % |
Sask. | Juin 2023 | 17,0 % | 6,7 % | -10,3 % |
Man. | Juin 2025 | 14,4 % | 6,0 % | -8,4 % |
Alb. | Déc. 2025 | 11,4 % | 9,4 % | -2,0 % |
Canada | Juin 2022 | 13,1 % | 7,0 % | -6,1 % |
Source : Calculs de FAC
Le moment du pic de croissance révèle un changement clair dans le classement de la croissance par province. Le Québec, la Colombie-Britannique, l’Ontario, la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard ont tous atteint la croissance maximale de la valeur de leurs terres agricoles au cours du grand cycle haussier de 2021 à 2023, les sommets atteints plus tôt ayant généralement été suivis de reculs plus marqués. Comparativement à aujourd’hui, l’Ontario et la Colombie-Britannique ont enregistré les plus fortes chutes par rapport à leur croissance maximale, soit respectivement 24,5 et 22,0 points de pourcentage. Malgré ces chutes, la croissance demeure positive dans toutes les provinces, à l’exception de la Colombie-Britannique.
Les provinces ayant connu d’importants flux migratoires après la pandémie, en particulier l’Ontario, la Colombie-Britannique et certaines parties du Canada Atlantique, ont généralement atteint leur sommet en 2021-2022. L’immigration, la migration interprovinciale, le télétravail et les bas taux d’intérêt ont probablement accéléré la demande. Les prix élevés des produits de base, les revenus agricoles vigoureux et la forte demande d’exportation ont également soutenu la valeur des terres agricoles dans plusieurs provinces.
Les provinces qui ont culminé plus tardivement ont généralement conservé un élan plus fort. La Saskatchewan a culminé en juin 2023, le Manitoba en juin 2025 et l’Alberta en décembre 2025. L’Alberta s’est montrée la plus résiliente récemment, la croissance qu’elle a enregistrée en juin 2026 ne se situant que 2,0 points de pourcentage sous son sommet.
Dans l’ensemble, la dynamique de croissance s’est déplacée des provinces qui avaient mené l’essor postpandémique vers les Prairies, particulièrement l’Alberta, tandis que l’Ontario et la Colombie-Britannique ont connu la normalisation la plus notable.
En conclusion
Le marché des terres agricoles cultivées demeure résilient au Canada, malgré une modération de sa croissance. La demande est plus forte du côté des terres productives et bien situées, tandis que la hausse des coûts des intrants, la compression des marges et les contraintes de l’offre régionale incitent les acheteurs à se montrer plus sélectifs.
Par le passé, le secteur n’a pas évolué de façon uniforme dans l’ensemble du pays, et cette réalité persiste, ce qui rend la situation locale de plus en plus importante. La valeur des terres continue de monter globalement, mais les tendances sont davantage régionales, sélectives et liées aux caractéristiques fondamentales de chaque exploitation agricole. Cette mise à jour semestrielle offre un aperçu préliminaire qui sera suivi d’une évaluation de l’année complète dans notre rapport du printemps prochain.
Article par : Megan Mailloux, analyste principale, et Justin Shepherd, économiste principal

Comprendre les nombreux facteurs en cause dans l’évaluation de la valeur des terres agricoles permet de prendre des décisions éclairées concernant l’achat et la vente.
