Sucre et produits de confiserie : Rapport FAC sur le secteur des aliments et des boissons 2026

Les renseignements suivants proviennent du Rapport FAC sur le secteur des aliments et des boissons 2026, qui met en lumière les défis et les occasions pour l’industrie agroalimentaire au Canada. Pour en savoir plus, consultez l’intégralité du rapport.
Le fléchissement des coûts des intrants modère la volatilité des marges, mais la demande de sucre ralentit
Le secteur de la fabrication de sucre et de produits de confiserie comprend les établissements dont l’activité principale est la fabrication de sucre et de produits de confiserie, notamment du sucre raffiné à partir de la canne à sucre ou de la betterave sucrière, ainsi que la fabrication de produits de confiserie chocolatés et non chocolatés à partir de cacao, de sucre ou de chocolat acheté. On compte un peu plus de 600 établissements, qui emploient principalement moins de 100 personnes et qui sont situés en Ontario et au Québec, qui sont actifs tant sur les marchés intérieurs que sur les marchés d’exportation.
Sucre et produits de confiserie : prévisions des ventes pour 2026
En 2025, les fabricants de sucre et de produits de confiserie ont poursuivi leur croissance, grâce à une augmentation des ventes de 7,6 %. Cette croissance s’explique à la fois par une hausse des prix de vente et une résilience de la demande des consommateurs et consommatrices. Les volumes (c’est-à-dire les ventes ajustées en fonction de l’inflation) ont augmenté de 2,0 %, soutenus par une forte demande de produits chocolatés qui continuent d’afficher de bons résultats (figure 3.1). Les consommateurs et consommatrices sont à la recherche de petits plaisirs, et ce, même dans un contexte de prix plus élevés.
Figure 3.1 : Les ventes du secteur de la fabrication de sucre et de produits de confiserie ralentissent en 2026

Les ventes et les volumes totaux (en milliards de dollars) figurent sur l’axe vertical et sont indiqués par la hauteur de chaque barre. La valeur indiquée au-dessus de chaque barre représente la croissance sur 12 mois en pourcentage. Les volumes correspondent aux ventes corrigées au moyen d’un indice de prix (janvier 2020 = 100).
Sources : Services économiques FAC, Statistique Canada
En 2026, cependant, les perspectives de vente devraient s’assombrir sous l’effet de facteurs défavorables. Même dans un tel contexte, il est prévu que les ventes et les volumes demeurent supérieurs à la moyenne des cinq dernières années. Les prix du sucre et du cacao reculent par rapport aux sommets obtenus récemment et ralentissent la croissance des prix de vente, alors que l’affaiblissement de la demande mondiale de sucre devrait entraîner une baisse des volumes.
Les États‑Unis constituent le principal marché d’exportation du Canada pour le sucre et les produits de confiserie, représentant environ 80 % des ventes. Par conséquent, comme indiqué dans les prévisions publiées par l’USDA en décembre 2025, la diminution de l’utilisation du sucre dans la transformation des aliments et des boissons en 2026 devrait constituer un facteur clé de la tendance à la baisse des volumes. L’USDA a cité à la fois les pressions inflationnistes et la baisse globale de la consommation d’aliments et de boissons, en partie liée à l’utilisation croissante de médicaments amaigrissants de type GLP‑1, pour expliquer ses prévisions.
La croissance future des ventes dépendra de la capacité à gérer les conditions de la demande et à s’adapter à des consommatrices et consommateurs de plus en plus soucieux de leur santé, notamment l’intérêt croissant pour des édulcorants de remplacement, tels que le miel et le sirop d’érable.
Regard sur les intrants : le cacao
Le cacao a été l’un des ingrédients les plus problématiques pour les fabricants de confiseries au cours des deux dernières années. Les prix du cacao ont bondi en 2024 et ont atteint un sommet au début de 2025, sous l’effet des perturbations constantes de l’approvisionnement dans les principales régions productrices. Bien que les prix aient baissé par rapport aux sommets atteints à la fin de 2025, ils restent historiquement élevés, maintenant ainsi une pression sur les coûts des fabricants.
De mauvaises conditions de culture attribuables à des phénomènes météorologiques extrêmes ont fait grimper le coût des fèves de cacao et, par ricochet, celui des produits de cacao importés (figure 3.2). Le coût moyen d’importation du cacao et des préparations à base de cacao au Canada est passé de 9,48 $/kg à 12,69 $/kg entre 2024 et 2025, soit un niveau bien supérieur aux prix des années précédentes.
Figure 3.2 : Le coût des produits de cacao importés a atteint de nouveaux sommets en 2025

Sources : Services économiques FAC, Statistique Canada
La hausse des prix du cacao a eu une incidence directe sur les marges des fabricants. Le budget des ménages étant déjà sous pression, les entreprises de confiserie ont peu de marge de manœuvre pour transférer la hausse des coûts aux consommateurs et consommatrices. En conséquence, de nombreux fabricants ont été contraints d’absorber une partie de cette augmentation ou d’envisager une reformulation de leurs produits et un ajustement des portions afin de préserver leur rentabilité.
Les prix du cacao devraient baisser en 2026, pourvu que les conditions météorologiques s’améliorent et que les stocks soient reconstitués. Parallèlement, l’innovation s’accélère. Les progrès réalisés dans le domaine des technologies du chocolat de substitution [en anglais seulement] et du chocolat fabriqué en laboratoire suscitent l’intérêt en tant que solutions potentielles à long terme pour faire face à la volatilité de l’offre, procurant ainsi au secteur de nouveaux moyens de gérer les risques dans un contexte de plus en plus incertain.
Sucre et produits de confiserie : prévisions des marges pour 2026
Les marges dans le secteur de la fabrication de sucre et de produits de confiserie se sont améliorées en 2025, affichant une augmentation de 9,7 %, grâce à des revenus plus élevés qui ont largement compensé la persistance des pressions sur les coûts (figure 3.3). Ces dernières années, les fabricants ont dû composer avec des fluctuations rapides des prix du sucre et du cacao, ce qui a contribué à une forte volatilité des marges, les entreprises devant trouver un équilibre entre la hausse des prix de vente et la sensibilité des consommateurs et consommatrices aux prix dans un contexte d’inflation alimentaire élevée.
Figure 3.3 : Les marges du secteur de la fabrication de sucre et de produits de confiserie augmentent pour une autre année

Sources : Services économiques FAC, Statistique Canada
Les perspectives pour 2026 sont plus favorables en ce qui a trait aux marges, puisqu’il est prévu que les coûts modérés des intrants permettent aux marges brutes de dépasser les niveaux d’avant la pandémie pour la première fois depuis 2020. En février 2026, les prix des contrats à terme du sucre étaient environ 50 % inférieurs à leur sommet de 2023, alors que ceux du cacao étaient de 75 % inférieurs à leur sommet atteint au début de 2025. L’abondance des stocks mondiaux de sucre devrait continuer d’exercer une pression baissière sur les prix tout au long de l’année, alors qu’on observera une offre accrue de cacao sur le marché.
Autres tendances à surveiller en 2026
Si l’attrait pour les produits gourmands demeure, les consommateurs et consommatrices privilégient de plus en plus des portions réduites et des achats plus intentionnels, au détriment de la consommation impulsive. La demande de produits chocolatés haut de gamme, artisanaux et provenant de sources durables, notamment les variétés produites « de la fève à la tablette », est en pleine expansion.
Les importations continuent de représenter une part plus importante de l’approvisionnement national en sucre et en confiseries et continueront de rivaliser avec les producteurs nationaux, en particulier dans les catégories de friandises à bas prix.
Les changements réglementaires en matière d’étiquetage intensifient la pression en faveur d’une reformulation. En vigueur depuis le 1er janvier 2026, les modifications apportées par Santé Canada à l’étiquetage sur le devant des emballages, à la déclaration des édulcorants et à l’information nutritionnelle connexe transforment la manière dont les produits affichent l’information relative à la santé à l’intention des consommateurs et consommatrices.
Édulcorants de remplacement : sirop d’érable et miel
La demande de sirop d’érable et de miel canadiens ne cesse d’augmenter sur le marché mondial. Les volumes d’exportation de sirop d’érable ont de nouveau augmenté en 2025, affichant une hausse de 15,7 % par rapport à 2024 et de 21,1 % par rapport à la moyenne quinquennale. Dans le cas du miel, comme les États-Unis représentent un marché d’exportation clé, les exportations ont légèrement fléchi en 2025 en raison de l’incertitude liée aux droits de douane et de la suppression de l’exemption de minimis, mais les volumes demeurent supérieurs à la moyenne sur cinq ans.
En réponse à la forte demande, une capacité de production supplémentaire a été mise en service (figure 3.4). Entre 2015 et 2025, les colonies d’abeilles ont augmenté de près de 18 %, et entre 2015 et 2024, le nombre d’entailles d’érables au Québec a augmenté de 27 %. Et nous savons déjà que d’autres entailles sont prévues. Après la saison 2025, les Producteurs et productrices acéricoles du Québec ont annoncé sept millions d’entailles supplémentaires au cours des trois prochaines années. Ces entailles supplémentaires s’ajoutent à celles qui ont été annoncées en 2021 et en 2023, ce qui porte à 50 % l’augmentation annoncée sur cinq ans. En ce qui concerne la production de miel, le nombre de colonies d’abeilles a augmenté régulièrement depuis 2022, après qu’une partie importante des colonies a été perdue cet hiver-là [en anglais seulement].
Figure 3.4 : Augmentation des capacités de production de miel et de sirop d’érable au cours de la dernière décennie

Sources : Statistique Canada, Producteurs et productrices acéricoles du Québec
Avec l’ajout prévu de millions de nouvelles entailles et l’augmentation des populations d’abeilles, les productrices et producteurs surveilleront de près les prévisions pour l’hiver et le printemps. Les Producteurs et productrices acéricoles du Québec prévoient que 120 millions d’entailles supplémentaires seront nécessaires d’ici 2080 pour répondre à la demande croissante. Si la forte demande présente des possibilités, l’offre, elle, dépendra des conditions météorologiques.
Consultez le rapport complet pour découvrir les plus récentes tendances des ventes et de tout le secteur.

