Préparation de poissons et de fruits de mer : Rapport FAC sur le secteur des aliments et des boissons 2026

Les renseignements suivants proviennent du Rapport FAC sur le secteur des aliments et des boissons 2026, qui met en lumière les défis et les occasions pour l’industrie agroalimentaire au Canada. Pour en savoir plus, consultez l’intégralité du rapport.
Résilience dans un contexte commercial en évolution
Le secteur de la préparation et de la transformation de poissons et de fruits de mer comprend les entreprises qui fument, salent, sèchent, congèlent ou préparent autrement du poisson et des fruits de mer, ainsi que celles qui traitent des graisses et des huiles marines. Il comprend également des navires-usines flottants qui effectuent des activités de transformation en mer. La transformation des produits de la mer en Amérique du Nord est hautement intégrée et concentrée, la plupart des activités canadiennes étant situées dans les provinces de l’Atlantique et en Colombie-Britannique. Ces entreprises de transformation approvisionnent un large éventail de marchés en aval, allant des grossistes, distributeurs, services alimentaires, détaillants et acheteurs mondiaux aux industries telles que la fabrication de produits pharmaceutiques, d’aliments pour animaux et d’engrais.
Préparation de poissons et de fruits de mer : prévisions des ventes pour 2026
Le secteur canadien de la transformation de poissons et de fruits de mer reste largement axé sur l’exportation, environ 90 % des produits de la mer préparés et emballés étant destinés aux marchés mondiaux. Cette forte dépendance vis-à-vis des exportations amplifie l’exposition aux perturbations internationales, et l’année 2025 en a fourni un exemple flagrant. Les incertitudes commerciales qui ont pesé en début d’année sur les deux principaux marchés d’exportation du secteur (à savoir les États-Unis et la Chine) ont freiné les expéditions, et bien que les transformateurs aient bénéficié de prix plus élevés, ces gains n’ont pas suffi à compenser la baisse des volumes. Les ventes globales ont perdu 2,2 % tandis que les volumes (c’est-à-dire les ventes ajustées en fonction de l’inflation) ont chuté de 5,2 % (figure 7.1).
Figure 7.1 : Les ventes du secteur de la préparation de produits de la mer restent stables en 2026

Les ventes et les volumes totaux (en milliards de dollars) figurent sur l’axe vertical et sont indiqués par la hauteur de chaque barre. La valeur indiquée au-dessus de chaque barre représente la croissance sur 12 mois en pourcentage. Les volumes correspondent aux ventes corrigées au moyen d’un indice de prix (janvier 2020 = 100).
Sources : Services économiques FAC, Statistique Canada
Compte tenu de ces difficultés, le secteur a fait preuve d’une résilience remarquable. L’application de tarifs douaniers par la Chine en mars 2025 a déclenché une baisse immédiate des exportations par rapport à 2024. Toutefois, les produits canadiens ont trouvé d’autres acheteurs. À la fin de l’année, les volumes d’exportation n’avaient fléchi que de 0,8 % en regard de 2024 et la valeur des exportations avait augmenté de 5,9 %. Cette reprise relativement rapide fait ressortir la portée mondiale de longue date du secteur, qui a exporté vers 107 pays en 2024.
L’élan observé au début de 2026 s’annonce favorable pour l’instant. L’activité d’exportation a pris une orientation haussière à la fin de l’année 2025. De plus, la décision de la Chine de suspendre les tarifs douaniers discriminatoires sur le crabe, le homard et d’autres produits jusqu’à la fin de 2026 arrive juste à temps pour le début de la saison, ce qui améliore encore les conditions. Parallèlement, la consommation intérieure devrait rester modérée. Les ménages canadiens continuent d’afficher une préférence pour d’autres sources de protéines, tout en vivant des difficultés en matière d’abordabilité. Par conséquent, nous prévoyons une croissance modeste pour 2026, soit une hausse des ventes totales de 1,4 % et une diminution des volumes de 1,1 %.
Regard sur les intrants : les poissons, les mollusques, les crustacés et les autres produits de la pêche
Dans le secteur de la transformation des produits de la mer, près de 60 % des coûts sont liés directement aux poissons, mollusques, crustacés et autres produits de la pêche. La plupart de ces produits proviennent du Canada et sont acheminés depuis les régions où l’offre est importante, comme le Canada atlantique et la Colombie-Britannique, vers les régions où l’offre est faible, grâce au commerce intérieur (figure 7.2).
Figure 7.2 : La plupart du poisson et des fruits de mer non transformés proviennent du Canada

Sources : Statistique Canada, Services économiques FAC
Vu la dépendance des entreprises transformatrices à l’égard de ces espèces, leur situation dépend entièrement de la santé des océans. La mise à l’échelle de la production dépend fortement des conditions hydrologiques et de la réglementation gouvernementale. En effet, les décisions en matière de total admissible des captures (TAC), les règles d’octroi de permis et les systèmes de quotas déterminent le volume et le moment où les matières premières sont acheminées vers les usines de transformation. Les variations des températures et des conditions océaniques, ainsi que les fluctuations des stocks, peuvent faire varier rapidement les prix d’une saison à l’autre, ce qui complique la planification commerciale.
La tarification des intrants est tout aussi complexe. Même si l’offre et la demande restent fondamentales, plusieurs provinces ont des structures officielles de négociation permettant d’établir des accords sur les prix entre les entreprises de pêche et celles de transformation. Le comité permanent de fixation du prix du poisson de Terre-Neuve-et-Labrador en est un exemple. Il agit comme arbitre pour fixer les prix minimaux chaque saison. Les autres provinces s’appuient sur des accords différents. Les entreprises de transformation doivent continuer à surveiller les décisions relatives au TAC, l’état des stocks et les accords régionaux sur les prix dès qu’ils seront disponibles en 2026.
Préparation de poissons et de fruits de mer : prévisions des marges pour 2026
Au Canada, la transformation du poisson et des fruits de mer reste concentrée dans certaines régions. Même si ce secteur ne représente que 3,2 % des ventes nationales du secteur de la fabrication d’aliments et de boissons, il constitue un pilier économique dans les régions côtières. Dans le Canada atlantique, la transformation des produits de la mer représente 59,1 % de l’ensemble des ventes du secteur de la transformation des aliments et des boissons et emploie environ la moitié de la main-d’œuvre du secteur dans la région. Dans ces collectivités, les fluctuations des marges n’ont pas seulement une incidence sur les entreprises, mais aussi sur la santé des collectivités elles-mêmes.
Après la baisse enregistrée en 2025, les marges devraient se renforcer en 2026 (figure 7.3). Nous prévoyons une amélioration de 18,6 % des marges brutes, qui s’explique principalement par l’atténuation des coûts des intrants après les sommets atteints en 2024. Les ventes devraient rester relativement stables, ce qui signifie que l’amélioration provient presque entièrement de coûts plus favorables.
Figure 7.3 : Les marges du secteur de la préparation de poissons et de fruits de mer augmenteront en 2026

Sources : Services économiques FAC, Statistique Canada
Cependant, ces marges présentent des risques de baisse en raison de l’incertitude qui règne sur les marchés internationaux et de la forte dépendance des ventes à l’égard des exportations. Le facteur incertain, c’est la rapidité à laquelle le commerce reprendra avec la Chine, compte tenu de la réduction des tarifs douaniers et de l’accès au marché américain. Comme toujours, les conditions météorologiques continueront d’influencer l’état des stocks et les décisions relatives au TAC. Dans l’ensemble, le secteur amorce 2026 en meilleure posture, mais reste sensible aux risques climatiques et commerciaux.
Autres tendances à surveiller en 2026
Le décret américain visant à renforcer la pêche et la transformation nationales, intitulé Restoring American Seafood Competitiveness (restaurer la compétitivité des produits de la mer américains), pourrait progressivement éroder la position concurrentielle du Canada en matière d’exportations.
La demande canadienne de poissons et de fruits de mer continue de dépendre de leur comparaison avec d’autres protéines sur les plans du prix et de l’attrait. Même si les prix des produits de la mer ont progressé moins rapidement que ceux du bœuf et du porc en 2025, le poisson et les fruits de mer restent des deuxièmes choix pour de nombreux consommateurs et consommatrices, ce qui restreint la demande nationale.
Le plan fédéral visant à éliminer progressivement l’élevage de saumon en filets ouverts en Colombie-Britannique d’ici le 30 juin 2029 crée déjà de l’incertitude en matière d’investissement, et l’industrie met en garde contre des fermetures potentielles et des répercussions en aval sur la capacité régionale de transformation.
La réduction des tarifs douaniers imposés par la Chine sur les produits de la mer n’est en vigueur que jusqu’à la fin de l’année 2026. Il faut s’attendre à une autre annonce d’ici la fin de 2026.
Tarifs douaniers imposés par la chine sur les exportations de poissons et de fruits de mer en 2025
Alors que le secteur canadien du poisson et des fruits de mer se préparait à connaître ses meilleurs mois pour les exportations, la Chine a imposé un droit de douane de 25 % sur les produits canadiens de la mer le 20 mars 2025. L’effet a été rapide. Pour certaines espèces, telles que les homards et les crabes vivants, les exportations vers la Chine ont dégringolé. Au-delà des pertes, toutefois, l’année 2025 a aussi fait ressortir la résilience du secteur.
Au début de 2025, plusieurs produits étaient déjà connus pour être particulièrement vulnérables à toute perturbation des échanges commerciaux avec la Chine (tableau 7.1). Il s’agit d’espèces exportées en grande partie vers la Chine ou constituant une proportion significative du commerce total des produits de la mer du Canada. Les homards vivants figuraient en tête de cette liste, constituant une exportation phare d’une valeur d’environ 1,2 milliard de dollars en 2024. Le défi réside dans le fait que près de 40 % de ces expéditions étaient destinées à la Chine.
Tableau 7.1 : Incidence des tarifs douaniers de la Chine sur la valeur des exportations canadiennes
Produits de la mer selon leur degré de vulnérabilité* au marché chinois | Variation des valeurs d’exportation vers la Chine entre 2024 et 2025 (%) | Variation des valeurs d’exportation vers les marchés mondiaux entre 2024 et 2025 (%) |
|---|---|---|
Homards vivants | -39,0 | -5,4 |
Crevettes nordiques congelées | -8,2 | 1,1 |
Crabes vivants | -30,6 | -19,7 |
Crabes congelés | -56,6 | 27,6 |
Palourdes, coques et arches congelées | -10,8 | -6,7 |
* Classement de vulnérabilité calculé comme la part des exportations mondiales de chaque produit multipliée par la part des exportations vers la Chine en 2024.
Sources : Services économiques FAC, base de données sur le Commerce international canadien de marchandises
Par exemple, les achats chinois de crabe congelé ont chuté de 56,6 %, mais l’industrie a réussi à rediriger ses produits vers d’autres acheteurs, ce qui s’est traduit par une augmentation de 27,6 % de la valeur totale des exportations. Les États-Unis ont absorbé la majeure partie de ces achats, tandis que le Vietnam, la France et la Grande-Bretagne ont également importé davantage.
Les exportateurs de homards vivants ont connu un parcours plus difficile. En 2025, les exportations vers la Chine ont reculé de 39,0 %, ce qui indique à quel point ce produit dépend de deux marchés clés : les États-Unis et la Chine. Même si la hausse des tarifs douaniers imposés par la Chine sur le homard américain en début d’année a eu des effets bénéfiques de courte durée, le recul des exportations prouve à quel point le secteur est exposé à des tensions politiques et commerciales qui échappent à son contrôle. La Chine et les États-Unis représentant à eux deux la quasi-totalité des exportations canadiennes de homards vivants, toute modification future de l’accès au marché ou de la politique tarifaire pourrait à nouveau créer d’importantes turbulences.
Dans l’ensemble, le secteur du poisson et des fruits de mer a ressenti les répercussions des tarifs douaniers chinois sur les exportations en 2025, mais a également fait preuve de résilience. L’allègement des barrières tarifaires en ce début de saison 2026 permet aux entreprises exportatrices de se recentrer sur le développement du marché, la diversification et la gestion des forces omniprésentes de la nature qui ont une influence sur les prises chaque année.
Consultez le rapport complet pour découvrir les plus récentes tendances des ventes et de tout le secteur.

Obtenez les prévisions des Services économiques de FAC pour le secteur du sucre et des confiseries en 2026.

