Mouture de céréales et d’oléagineux : Rapport FAC sur le secteur des aliments et des boissons 2026

Les renseignements suivants proviennent du Rapport FAC sur le secteur des aliments et des boissons 2026, qui met en lumière les défis et les occasions pour l’industrie agroalimentaire au Canada. Pour en savoir plus, consultez l’intégralité du rapport.
Une plus grande certitude sur le marché soutient la demande pour 2026
Le secteur comprend les établissements dont l’activité principale est la mouture de grains céréaliers et de graines oléagineuses; le raffinage et le mélange des corps gras et des huiles; et la fabrication de produits de céréales. Ce secteur englobe la mouture de la farine, l’usinage du riz et le concassage du malt, la mouture humide du maïs et la trituration des graines oléagineuses, ce qui fournit les intrants essentiels aux marchés agroalimentaires, industriels, de l’alimentation animale et des carburants.
Mouture de céréales et d’oléagineux : prévisions des ventes pour 2026
Les ventes du secteur de la mouture de céréales et d’oléagineux ont été irrégulières en 2025. Elles sont le reflet des répercussions des droits de douane élevés imposés par la Chine qui ont nui fortement au sous-secteur de la fabrication d’amidon et de graisses et d’huiles végétales. En conséquence, les volumes (c’est-à-dire les ventes ajustées en fonction de l’inflation) ont diminué de 4,8 % d’une année à l’autre. Même si les ventes dans le secteur de la mouture de céréales ont augmenté de 12,4 %, elles n’ont pas suffi à compenser la baisse de 2,2 % des ventes dans le sous-secteur de la fabrication d’amidon et de graisses et d’huiles végétales, ce dernier représentant une part prépondérante des ventes totales. Dans l’ensemble, les ventes du secteur ont reculé de 2,5 % en 2025 (figure 2.1).
Figure 2.1 : Les ventes du secteur de la mouture de céréales et d’oléagineux ont chuté en 2025 en raison de la baisse des volumes

Les ventes et les volumes totaux (en milliards de dollars) figurent sur l’axe vertical et sont indiqués par la hauteur de chaque barre. La valeur indiquée au-dessus de chaque barre représente la croissance sur 12 mois en pourcentage. Les volumes correspondent aux ventes corrigées au moyen d’un indice de prix (janvier 2020 = 100).
Sources : Services économiques FAC, Statistique Canada
Par contre, la situation s’est améliorée au fil de l’année. Au quatrième trimestre de 2025, le secteur de la fabrication d’amidon et de graisses et d’huiles végétales a commencé à se redresser grâce à une hausse des ventes de 10,7 %, alors que les volumes ont affiché une hausse plus modeste de 2,8 % par rapport à la même période en 2024. Au fil de l’année, les exportations de tourteau de canola ont trouvé de nouveaux marchés, autres que ceux de la Chine, à des prix inférieurs à ceux de 2024 cependant. Quant aux prix de l’huile de canola, ils se sont raffermis, mais les volumes sont demeurés limités. À l’inverse, les exportations d’huile et de tourteau de soya sont demeurées vigoureuses, tant sur le plan des ventes que du volume. Les ventes du secteur de la mouture de céréales ont également été solides tout au long de l’année, soutenues par des volumes de mouture de blé supérieurs à la moyenne quinquennale, ce qui a contribué à compenser la faiblesse des prix de vente et à appuyer davantage les ventes globales du secteur.
Les perspectives pour 2026 indiquent une reprise à la fois pour les ventes et les volumes. Les développements favorables en matière de commerce et de biocarburants, annoncés au début de l’année 2026, améliorent les perspectives de la demande et offrent une plus grande certitude aux transformateurs. Les ventes devraient progresser de 7,8 %. Bien que les risques géopolitiques persistent, le secteur commence l’année 2026 avec une certitude nettement plus grande en matière de ventes que celle qu’il a connue en commençant l’année 2025.
Regard sur les intrants : le canola
Le canola est le principal intrant du secteur de la mouture de céréales et d’oléagineux et représente environ 40 % des coûts totaux des intrants selon la valeur. Au début de l’année civile 2025, les stocks étaient limités en raison d’une récolte moins abondante en 2024, ce qui a exercé des pressions sur l’offre et fait grimper les prix. Les prix du canola ont dépassé les niveaux de 2024 au cours des trois premiers trimestres de 2025 avant de baisser au quatrième trimestre.
Cette situation a changé rapidement une fois la récolte de 2025 terminée. La production nationale fournit la quasi-totalité du canola utilisé par les entreprises de trituration, et l’année 2025 n’a pas fait exception. En effet, le Canada n’a importé que 0,34 million de tonnes métriques de graines en 2025, alors que le volume trituré s’est élevé à environ 11,5 millions de tonnes métriques. Ainsi, la production canadienne est le principal facteur qui sert à déterminer la disponibilité et les prix pour les transformateurs.
La production canadienne de canola a atteint un niveau record de 21,8 millions de tonnes métriques en 2025, soutenue par des rendements élevés. La forte augmentation de l’offre a fait grimper les stocks de fermeture en décembre et a marqué une transition claire entre des stocks limités et des stocks plus abondants (figure 2.2). Puisqu’il y a eu reconstitution des stocks, les prix ont baissé à la fin de l’année 2025. D’importants stocks de report devraient maintenir les prix sous pression en 2026, offrant ainsi un certain allègement des coûts des intrants pour les entreprises de trituration.
Cela dit, les coûts des intrants demeurent sensibles aux résultats en matière de production. Une récolte difficile en 2026 pourrait entraîner un resserrement rapide de l’offre et modifier la trajectoire des prix au cours du second semestre. Par ailleurs, le rendement des exportations restera un facteur déterminant quant à la rapidité d’écoulement des stocks excédentaires. Pour obtenir de plus amples détails, consultez les Perspectives de 2026 de FAC pour les cultures.
Figure 2.2 : Les stocks canadiens de canola augmentent après une récolte record en 2025

Sources : Statistique Canada, Services économiques FAC
Mouture de céréales et d’oléagineux : prévisions des marges pour 2026
La croissance des marges dans le secteur de la mouture de céréales et d’oléagineux a ralenti légèrement pour s’établir à 1,2 % en 2025, bien qu’elle continue d’augmenter régulièrement pour une quatrième année consécutive (figure 2.3). La croissance plus faible des ventes a limité les marges par rapport aux dernières années, mais la baisse des coûts des marchandises vendues a suffi à conserver des marges positives dans l’ensemble. Les pressions sur les marges ont été particulièrement marquées dans le secteur de la transformation de graines oléagineuses, où la baisse des prix à l’exportation du tourteau de canola et du tourteau de soya a pesé sur les revenus. Dans le secteur de la mouture de la farine, des prix de vente légèrement plus faibles ont été en grande partie compensés par des volumes plus élevés, ce qui a limité l’incidence sur la rentabilité.
Figure 2.3 : Les marges du secteur de la mouture de céréales et d’oléagineux augmentent encore en 2026

Sources : Services économiques FAC, Statistique Canada
Les marges devraient se consolider en 2026, et l’indice des marges brutes devrait augmenter de 5,0 %. Cette amélioration s’explique par une combinaison de facteurs, notamment une augmentation des volumes de vente, une plus grande demande sur les marchés d’exportation et une diminution des coûts des intrants dans le secteur des céréales et des oléagineux qui est soutenue par une abondance des stocks. Malgré la persistance de risques géopolitiques et de production pouvant affecter tant la demande que la disponibilité des intrants, les perspectives relatives aux marges en début de 2026 sont nettement meilleures qu’il y a un an.
Autres tendances à surveiller en 2026
La demande en aval relative aux produits à base de farine s’est affaiblie dans le secteur de la fabrication de produits de boulangerie et de tortillas, comme en témoigne la baisse des ventes dans un contexte où les habitudes de consommation continuent d’évoluer. Une faiblesse persistante de ce segment pourrait exercer une pression sur la demande de farine ou en modifier la structure.
La réduction des droits de douane imposés par la Chine sur le tourteau de canola s’applique jusqu’à la fin de l’année 2026 seulement. Il faut s’attendre à une autre annonce avant la fin de l’année 2026.
La réduction des droits de douane imposés par la Chine sur les graines de canola pourrait exercer une légère pression à la hausse sur les coûts des intrants pour les entreprises de trituration.
L’augmentation de la capacité nationale de trituration devrait porter la capacité totale de trituration des graines oléagineuses du Canada à 15 millions de tonnes métriques en 2026, selon la Canadian Oilseed Processors Association.
Mise à jour sur la demande de matières premières pour la production de biocarburants
Bien que la politique sur les biocarburants soit particulièrement complexe, elle exerce une influence déterminante sur les flux commerciaux et la dynamique des prix des oléagineux. La politique américaine en matière de biocarburants est devenue, ces dernières années, un moteur très important de la demande de produits oléagineux canadiens, en particulier l’huile de canola. Comme le soulignait le Rapport sur le secteur des aliments et des boissons de l’année dernière, les importations américaines de matières premières pour les biocarburants en provenance du Canada ont fortement augmenté au cours des cinq dernières années, ce qui montre à quel point les décisions politiques peuvent remodeler rapidement les marchés.
Lorsque l’huile de canola est devenue une matière première admissible au titre des crédits d’impôt américains pour les biocarburants en 2023, les exportations d’huile de canola du Canada ont augmenté de 40 %. Depuis ce temps, les décisions en matière de politiques publiques continuent d’avoir un impact. L’incertitude liée aux critères d’admissibilité du crédit pour la production de carburants propres (45Z) en 2025 a exercé une pression importante sur le secteur. Au début de 2025, la production américaine de biodiesel et de diesel renouvelable a reculé, ce qui a entraîné une nette contraction de la demande globale de matières premières pour les biocarburants. En date de novembre 2025, l’utilisation totale de matières premières avait diminué de 12 % depuis le début de l’année par rapport à la même période en 2024. L’huile de canola servant à la production de biocarburants a connu le déclin le plus rapide, soit une diminution de 45 % (figure 2.4). Pour le Canada, cela s’est traduit par une baisse de la demande américaine d’huile de canola destinée à la production de biocarburants, en même temps que l’imposition par la Chine de droits de douane de 100 % sur l’huile de canola, ce qui a porté un double coup dur au secteur. Les exportations d’huile de canola vers les États-Unis ont diminué de 25 % en 2025 et ont atteint leur plus bas niveau depuis que l’huile de canola est devenue une matière première admissible en 2023.
Figure 2.4 : L’incertitude liée aux politiques publiques a entraîné un recul de la demande de matières premières pour les biocarburants aux États‑Unis

Source : U.S. Energy Information Administration
Cependant, des précisions ont été apportées au début de 2026, ce qui devrait entraîner une augmentation de la demande des huiles de canola et de soya servant de matières premières pour la production de biocarburants. En premier lieu, la confirmation que le crédit 45Z, qui offre des incitatifs fiscaux à la production de biocarburants aux États-Unis, s’appliquera jusqu’en 2029. Cela apporte une plus grande certitude à l’industrie américaine des biocarburants pour investir et accroître ses capacités, ce qui devrait se traduire par une demande accrue de matières premières. En deuxième lieu, l’exclusion de l’huile de cuisson usée et des graisses animales provenant de l’extérieur de l’Amérique du Nord signifie moins de concurrence et une demande accrue d’autres matières premières pour combler l’écart. Bien que des questions subsistent quant au traitement futur des numéros d’identification des énergies renouvelables (RIN) applicables aux matières premières importées ainsi qu’aux obligations en matière de volumes (c’est-à-dire la quantité de biocarburants qui doit être incorporée au mélange de carburants du pays), les règles actuelles devraient orienter la demande de matières premières vers des sources nord-américaines, ce qui profitera aux entreprises de trituration de graines oléagineuses au Canada. C’est important pour le secteur, car les entreprises de trituration gèrent une abondance de matières premières grâce à une production record de canola en 2025.
Consultez le rapport complet pour découvrir les plus récentes tendances des ventes et de tout le secteur.

