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Créer des possibilités : un espace favorable à la croissance

5 min de lecture

Quand Fanny Delisle s’est mariée, les plans de relève de la ferme laitière familiale de son mari étaient déjà clairement établis. Cela lui convenait, car elle avait d’autres plans pour laisser son empreinte sur la communauté et la prochaine génération d’agricultrices et d’agriculteurs.

Elle est arrivée à la ferme, située sur la Rive-Sud de Montréal, avec un enthousiasme contagieux, un baccalauréat en biologie, une maîtrise en gestion des terres et des milieux urbains et le rêve de faire avancer les choses. Elle ne s’attendait pas à se lancer en agriculture et, au fil des ans, elle a travaillé aux côtés de son mari et de leurs deux jeunes garçons, s’occupant de la comptabilité et offrant des services-conseils à l’extérieur de l’exploitation. À mesure que la ferme prenait de l’expansion et prospérait, passant de 300 hectares et 80 vaches à environ 1 000 hectares et 350 vaches, Mme Delisle a compris qu’elle voulait mener son propre projet.

« Nous avons été tellement privilégiés, et je pense qu’il est important d’en faire profiter les autres », précise-t-elle.

Mme Delisle s’est mise à la recherche de terrains à vendre, avec l’intention de mettre ses connaissances et son sens de la gestion à profit et de créer un incubateur d’entreprises afin d’aider les autres. Les petites parcelles dans lesquelles elle a fini par investir n’étaient pas situées assez proches de la ferme familiale pour pouvoir y effectuer les travaux agricoles, mais elles étaient parfaites pour aider la relève agricole et entrepreneuriale à se lancer dans des projets à petite échelle.

« Nous avons tellement de ressources et nous ne les utilisons même pas toutes, dit-elle. Alors, pourquoi ne pas les partager et soutenir les autres? »

Redonner grâce aux terres et aux ressources

Cela fait près de trois ans que Mme Delisle a lancé La Cambrousse, incubateur d’entreprises et coopérative agricole, qui compte aujourd’hui 100 hectares, environ sept membres actifs et cinq autres projets qui en sont à la phase des discussions.

« Je rêve de transformer ces propriétés en une série de petites fermes et d’activités. Un endroit où les gens se sentent près de la nature, des aliments qu’ils consomment et de leur communauté », raconte Mme Delisle, qui a récemment terminé un MBA pour cadres à l’Université McGill.

Mon objectif est de donner à la relève la possibilité de surmonter certains des obstacles qui nuisent à leurs premiers pas.

Les membres de la coopérative louent des terres et ont facilement accès à la machinerie qui ne répond plus aux besoins de la ferme laitière. Mme Delisle a également fait l’achat d’équipement de plus petite taille, notamment d’un motoculteur, qu’elle met à la disposition des membres.

« Mon objectif est de donner à la relève la possibilité de surmonter certains des obstacles qui nuisent à leurs premiers pas, ajoute-t-elle. Je suis en mesure de leur éviter beaucoup de stress et de pression. »

Mme Delisle estime que, pour chaque nouvelle personne qui se joint à la coopérative, elle reçoit dix demandes. Une fois qu’un projet a été approuvé, elle consacre de trois à douze mois à sa mise en œuvre. En tant que directrice des opérations pour la coopérative et ses membres, elle offre des conseils aux nouveaux agriculteurs et agricultrices pour l’élaboration de plans d’affaires, les aide à anticiper les difficultés qui pourraient les freiner et les met en relation avec des ressources en agronomie au besoin.

Trouver des synergies dans l’agriculture à petite échelle

Les membres peuvent essayer de cultiver à petite échelle le produit qu’ils ou elles souhaitent commercialiser avant de faire le saut et d’acheter une terre, du bétail, de l’équipement ou toute autre infrastructure coûteuse nécessaire au démarrage d’une exploitation agricole.

Quelques-uns des projets retenus :

  • un élevage de chèvres qui envisageait d’opérer à plus grande échelle

  • des producteurs laitiers possédant des vaches et des quotas, mais qui avait besoin de terres et de bâtiments

  • une exploitation qui se sert d’oies pour assurer la gestion des fourrages d’une nouvelle truffière

  • une relève qui avait besoin d’une terre pour cultiver de l’ail et des courges

Pour Mme Delisle, les projets admissibles ne se limitent pas à l’agriculture. En effet, elle cherche aussi à renforcer la résilience des collectivités rurales en offrant aux gens l’occasion de se rapprocher de la nature et des aliments qu’ils consomment. Une personne qui souhaite devenir membre de la coopérative aimerait construire des minimaisons sur sa propriété et les louer afin de permettre à sa clientèle de voir de près les expériences agricoles menées par les autres membres de la coopérative.

« Nous voulons faire quelque chose qui crée une synergie et renforce la résilience, explique Mme Delisle. Ces personnes sont tellement inspirantes et apportent motivation et innovation dans ma vie. »

Il n’y a pas de limite de durée des projets entrepris à la coopérative. Mme Delisle continue de passer le mot par l’entremise des réseaux sociaux et d’autres groupes qui mettent en relation les personnes qui se lancent en agriculture avec des ressources comme la sienne. Elle invite également des étudiants et étudiantes de la région à venir découvrir les projets.

Pour Mme Delisle, il est important de partager les ressources pour le bien de la communauté, et pas seulement sur le plan financier.

« La collaboration nous permet de renforcer nos collectivités. »

Faire partie d’un plan plus vaste

La coopérative joue également un rôle dans le plan général de résilience financière de l’exploitation familiale. Quand elle et ses proches se projettent dans l’avenir, Mme Delisle est convaincue que, jumelés à des initiatives environnementales comme la plantation d’arbres, le recours à des cultures de couverture et l’amélioration des zones riveraines, le programme d’incubateur d’entreprises et la coopérative contribueront à la diversification et à la durabilité de l’entreprise agricole. L’idée générale est de réaliser maintenant des investissements qui porteront leurs fruits tant sur le plan environnemental qu’économique. Tout cela s’inscrit dans une approche globale visant à lier les mesures d’amélioration de l’environnement et la durabilité économique à la planification de la relève et à l’habilitation des individus.

« Il faut développer une autre forme de résilience en prenant le temps de réfléchir à son exploitation et de voir ce que font les autres pour soutenir l’agriculture régénératrice », explique Mme Delisle.

De retour à la ferme laitière familiale, Mme Delisle précise que leur fils aîné fait désormais partie du plan de relève établi lorsqu’elle et son mari se sont mariés.

« Mon beau-père a travaillé très fort pour bâtir cette ferme, ajoute Mme Delisle. Il semble qu’il y aura une troisième génération et nous en sommes très fiers. »

Découvrez comment Fanny Delisle favorise les synergies entre patrimoine familial, innovation et engagement communautaire pour créer des occasions pour la prochaine génération.

D’après un article de l’AgriSuccès par Jane Robinson.

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