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Votre comptable veut faire partie de votre équipe de gestion

3 min de lecture

Des comptables fiables sont la clé d’une planification réussie

Il existe un proverbe selon lequel « on n’est jamais si bien servi que par soi-même ». Par contre, lorsqu’il est question de planification financière, ce n’est probablement pas la meilleure stratégie.

Selon Dick Wittman, agriculteur et expert de longue date en financement agricole établi aux États-Unis, des comptables fiables sont la clé d’une planification réussie. Un bon conseiller ou une bonne conseillère peut aider les propriétaires d’entreprise à se préparer à relever les défis et à saisir les occasions qui se présentent grâce à une approche analytique des finances agricoles.

Choisir la bonne personne pour vous conseiller

Les propriétaires d’exploitation agricole devraient rencontrer leur comptable au moins une fois en dehors de la période de l’impôt.

La première étape consiste à trouver la bonne personne pour vous conseiller. Selon M. Wittman, certains comptables ont un penchant pour la planification fiscale, alors que d’autres se spécialisent dans l’analyse financière plus générale des entreprises. Ces personnes peuvent vous aider, en s’appuyant sur les états financiers, à évaluer une multitude de facteurs : charges fiscales reportées, comparaison des coûts et de la valeur marchande des actifs, rentabilité selon la comptabilité de caisse et la comptabilité d’exercice, et autres analyses fondamentales.

Plus vos états financiers sont détaillés, mieux vous serez informé en tant que propriétaire d’entreprise. Au lieu de fonder une décision relative aux immobilisations uniquement sur la capacité de payer (qu’il s’agisse d’acheter ou de louer un équipement, par exemple), les conseillers peuvent déterminer quelle option est la plus judicieuse pour l’ensemble de votre entreprise.

« On a tendance à réagir de façon impulsive plutôt que de procéder par analyse, souligne M. Wittman. Quelquefois, les agriculteurs ne se renseignent pas sur les solutions de rechange, parce qu’ils ne savent pas quelles questions poser. »

Choisir un modèle d’état financier

À l’heure actuelle, il n’existe pas de modèle normalisé d’états financiers au Canada. Selon M. Wittman, les prêteurs et les sociétés de gestion financière ont plutôt leur propre approche, mais certaines données, comme le fonds de roulement, le ratio de liquidité, le ratio dette/valeur nette et la rentabilité, sont communes à tous les bons modèles d’états financiers. Les méthodes de calcul, par contre, varient d’une entreprise et d’une organisation à l’autre.

La solution consiste à utiliser les feuilles de calcul financières de manière cohérente. En pratique, il s’agit de compiler des données similaires au fil du temps et de les comparer afin de brosser un portrait financier exact. Un comptable digne de confiance peut vous aider à examiner les données consignées dans vos feuilles de calcul pour s’assurer qu’elles sont solides.

Prendre des décisions fondées sur les données

« La difficulté réside dans l’interprétation des données, d’où l’utilité de travailler avec un bon analyste[...] la plupart des propriétaires d’exploitation agricole ne s’en remettent pas à un comptable pour leur fournir des rapports financiers pertinents. »

Peu importe le modèle choisi, M. Wittman insiste sur le fait que les états financiers ne sont pas seulement utiles pour solliciter des prêts. L’information financière a de multiples usages. Elle permet notamment de déterminer la rentabilité d’une exploitation ou la meilleure approche à adopter pour mener le processus de planification de la relève. Toutefois, elle est principalement utile pour la personne qui exploite l’entreprise. Il est donc crucial de s’entourer de bons conseillers pour en tirer pleinement parti.

« Ça fonctionne. C’est faisable. Mais cela exige quelques connaissances de base et une bonne équipe de soutien. »

Le facteur temps est crucial

Lorsqu’il s’agit de rencontrer un comptable spécialisé dans la planification fiscale, les spécialistes s’entendent pour dire que les producteurs et les productrices qui souhaitent élaborer des stratégies d’affaires et des plans de transfert fructueux devraient rencontrer leur comptable au moins une fois en dehors de la période de l’impôt. Cette rencontre peut aider à prévenir des problèmes à court terme et à réaliser des objectifs à long terme.

Selon Shawn Deyell, comptable professionnel agréé et associé du cabinet RLB de Guelph, en Ontario, les réunions tenues une fois l’an portent inévitablement sur les questions immédiates relatives à l’impôt. Autrement dit, les besoins à court terme supplantent tous les autres sujets potentiels.

« Cette visite annuelle n’est pas très propice à la planification, souligne M. Deyell. Au lieu de réparer les erreurs financières après coup, comment pouvons-nous dresser un plan pour l’avenir? »

M. Deyell indique qu’une seule rencontre supplémentaire chaque année peut avoir un impact considérable. Cette deuxième rencontre – idéalement vers le deuxième ou le troisième trimestre de l’exercice – donne aux propriétaires d’exploitation agricole le temps de comprendre et de rectifier les problèmes durant la période de l’impôt. Elle leur offre aussi l’occasion d’analyser, à tête reposée, leurs objectifs commerciaux à court, à moyen et à long terme.

L’importance des rapports professionnels

M. Deyell ajoute que d’autres rencontres peuvent s’avérer nécessaires pour les productrices et les producteurs qui planifient le transfert de l’exploitation agricole ou qui mènent d’autres changements profonds. Selon Stuart Person, producteur agricole de la région d’Edmonton, en Alberta, et vice-président principal du secteur agricole, au cabinet MNP – un cabinet national de fiscalité et de services-conseils aux entreprises –, des réunions fréquentes sont encore plus importantes pour les gestionnaires de grandes exploitations agricoles.

Quelle que soit la taille de l’exploitation agricole, une collaboration accrue aide à établir des relations professionnelles fructueuses et permet de déléguer certaines tâches.

« Plus vous vous investissez en tant qu’agriculteur, plus votre collaboration avec votre conseiller ou votre conseillère sera fructueuse », dit M. Person.

« Soyez humble. Vous ne pouvez pas tout savoir à propos du monde des affaires[…] n’essayez pas de tout faire vous-même. Vous pouvez tirer parti des conseils de votre comptable pour accroître votre rentabilité. »

Une rencontre bien préparée

Selon M. Deyell, le fait de tenir un budget – ne serait-ce qu’un budget général – facilite l’analyse de vos objectifs durant ces réunions.

Profitez aussi des occasions d’apprentissage qui s’offrent à vous. Il peut s’agir de suivre un cours en ligne sur la gestion financière ou simplement de poser beaucoup de questions à votre conseillère financière ou votre conseiller financier.

Une réunion qui vise à discuter d’une décision d’affaires importante, ajoute M. Person, est toujours plus productive si vous avez en main certains renseignements de base. Par exemple, s’il est question du transfert de l’exploitation agricole, il est judicieux d’avoir eu des discussions préalables avec la famille, et s’il est question de la vente d’équipement, il convient de s’être renseigné sur les modalités d’emprunt.

« Une bonne conseillère ou un bon conseiller devrait toujours faire partie de l’équipe[…] plus la communication est établie tôt, mieux c’est », explique M. Deyell.

M. Person partage cet avis.

« À mon sens, les conseillers en affaires sont de véritables partenaires des agriculteurs. Nous voulons être leur référence », conclut-il.

Article par : Matt McIntosh