Stimuler la croissance de la productivité dans le secteur canadien de la fabrication d’équipement agricole

Voici le deuxième d’une série de deux articles consacrés à la productivité dans le secteur canadien de la fabrication d’équipement agricole.
Dans un billet de blogue précédent, nous avons souligné que la croissance de la productivité a fait du sur-place dans le secteur canadien de la fabrication d’équipement agricole et expliqué pourquoi ce secteur est important pour le Canada. La croissance de la productivité du travail dans ce secteur a stagné de façon marquée ces dernières années et, compte tenu des nouvelles pressions liées à l’incertitude commerciale, à la faiblesse des marges agricoles, à la pénurie de main-d’œuvre et à l’évolution rapide des technologies, il est de plus en plus difficile de continuer à faire les choses comme avant. Cette deuxième publication passe de l’étape de la détermination du problème à celle de la recherche de solutions : les stratégies clés qui peuvent aider les fabricants canadiens d’équipement agricole à accroître leur productivité, à renforcer leur résilience et à demeurer concurrentiels à l’échelle mondiale.
L’équipe du Leadership éclairé de FAC a cerné trois occasions pratiques de faire progresser la productivité dans le secteur canadien de la fabrication d’équipement agricole : (1) investir dans l’innovation et la commercialisation, (2) accélérer l’adoption de l’automatisation et des technologies de pointe, et (3) mettre en place les infrastructures nécessaires. Pour les fabricants, chaque occasion se traduit par des mesures concrètes qui peuvent être mises en œuvre dès maintenant.
Figure 1 : Stratégies clés pour accroître la productivité du secteur canadien de l’équipement agricole

Source : Leadership éclairé de FAC
Stratégie 1 : Investir dans l’innovation et la commercialisation
L’innovation est l’un des moyens les plus sûrs d’accroître la productivité, surtout lorsqu’elle débouche sur des équipements qui permettent aux exploitations agricoles de produire plus en utilisant moins de ressources. Il est essentiel de renforcer le pipeline d’innovation des activités de recherche et de développement (R et D) ciblées à la commercialisation – dans des domaines comme la machinerie autonome, la robotique, l’électrification et l’intelligence artificielle. Des programmes tels que les subventions d’Agriculture et Agroalimentaire Canada et le crédit d’impôt pour la recherche scientifique et le développement expérimental (RS&DE) peuvent contribuer à stimuler l’innovation dans l’ensemble du secteur.
Les grappes collaboratives de R et D qui réunissent les fabricants, les producteurs et productrices agricoles, les entreprises en démarrage et les instituts de recherche peuvent raccourcir les cycles de développement et améliorer l’adéquation des produits avec le marché. Les environnements de démonstration et de test permettent de réduire les risques liés aux prototypes, de renforcer l’analyse de rentabilité pour la clientèle et d’accélérer la préparation au marché.
Stratégie 2 : Accélérer l’adoption de l’automatisation et des technologies de pointe
L’innovation ne permet d’accroître la productivité que lorsqu’elle est déployée à grande échelle. L’accélération de l’adoption de l’automatisation et des technologies de pointe au sein des activités de fabrication permettra d’augmenter le rendement des usines, d’améliorer la qualité et de réduire les coûts unitaires, tout en favorisant une mise à jour plus rapide des produits.
L’adoption des technologies dépend également des personnes et des processus. Le perfectionnement de la main-d’œuvre, comme la formation en robotique, en contrôles, en analyse de données et en maintenance, peut aider à s’assurer que les nouveaux systèmes produisent des gains constants plutôt que de créer de nouveaux goulots d’étranglement. Lorsqu’elle est bien menée, la modernisation favorise la productivité, renforce la résilience face aux pénuries de main-d’œuvre et rend les entreprises plus attrayantes pour les talents spécialisés.
Stratégie 3 : Mettre en place des infrastructures propices à la croissance de la productivité
L’innovation et l’adoption sont plus faciles et moins coûteuses lorsque l’infrastructure de soutien évolue au même rythme. Il est nécessaire de renforcer les conditions et l’écosystème qui permettent aux fabricants de construire, d’expédier et de soutenir efficacement l’équipement. Il faut notamment répondre aux besoins en infrastructures physiques et numériques, afin que les fabricants aient un accès fiable aux bases qui soutiennent une production moderne et à forte intensité technologique.
Sur le plan matériel, cela comprend des réseaux de transport efficaces permettant l’acheminement de gros équipements, de composants et de produits finis partout au Canada et vers les marchés d’exportation. Sur le plan numérique, la compétitivité dépend de plus en plus d’une connexion à large bande de haute qualité, de systèmes de données sécurisés et de plateformes numériques interopérables conçues pour soutenir la fabrication de pointe, la coordination de la chaîne d’approvisionnement et la logistique.
Lorsque les infrastructures suivent le rythme des changements technologiques, les fabricants rencontrent moins d’obstacles opérationnels, peuvent déployer l’innovation plus rapidement et sont mieux placés pour intégrer l’automatisation et les outils axés sur les données dans l’ensemble de leurs activités.
Appel à l’action pour assurer un avenir prospère au secteur canadien de la fabrication d’équipement agricole
Les fabricants canadiens d’équipement agricole sont bien placés pour contribuer à faire progresser la croissance de la productivité dans l’ensemble du secteur. Les progrès découleront d’une mise en œuvre concrète : en investissant dans des innovations qui trouvent leur place sur le marché, en modernisant les processus de fabrication pour permettre le déploiement à grande échelle des nouvelles technologies, et en améliorant les conditions qui favorisent la fluidité des processus — de la connectivité à la logistique. Ensemble, ces stratégies peuvent stimuler la compétitivité, soutenir la résilience et renforcer le rôle du Canada dans un système alimentaire mondial plus productif et plus durable.
Article par : Isaac Kwarteng, économiste principal
