Perspectives de 2026 pour le secteur des équipements agricoles : les équipements d’occasion et l’élevage soutiennent une croissance modeste des ventes

Le marché des équipements agricoles connaît un ralentissement depuis plusieurs années en raison de la baisse des prix des cultures et de l’augmentation des coûts d’exploitation, qui ont réduit les bénéfices des exploitations agricoles. La baisse de la rentabilité, combinée aux prix élevés des équipements, a limité les ventes. Une grande question se pose : pendant combien de temps cette faiblesse perdurera-t-elle et où se trouvent les possibilités?
Dans ces perspectives, nous présentons les prévisions de ventes pour les équipements agricoles neufs et d’occasion pour l’année à venir, en plus de mettre en lumière les tendances du secteur canadien de la fabrication de machines agricoles. Même si l’industrie traverse encore une période difficile, les incertitudes commerciales compliquent davantage la situation. Les négociations en cours et les changements tarifaires potentiels pourraient avoir une incidence sur les marchés des produits de base et la confiance des agriculteurs, ce qui influencera les décisions d’achat en 2026. Malgré ces défis, nous cernons des possibilités à exploiter.
La faiblesse des ventes de nouveaux équipements devrait persister
Les ventes de nouveaux équipements agricoles devraient terminer l’année en dessous des niveaux de 2024 dans la plupart des catégories. Les ventes de moissonneuses-batteuses sont actuellement comparables à celles de l’année dernière, tandis que les ventes de tracteurs de 100 CV et à quatre roues motrices ont chuté de 10 % à 20 %, ce qui indique une faiblesse globale à l’approche de la fin de l’année.
Nous prévoyons que cette faiblesse se poursuivra en 2026 (tableau 1). Les ventes de nouveaux équipements agricoles devraient rester faibles, car les agriculteurs subissent de la pression causée par un resserrement de la rentabilité en raison des faibles prix des produits de base, du prix élevé des équipements et de l’incertitude du marché découlant des questions géopolitiques et commerciales. Les catégories telles que les tracteurs de faible puissance, qui ont terminé l’année en hausse, sont en grande partie le résultat de l’augmentation du nombre d’unités redirigées vers le marché canadien.
Tableau 1. Prévisions concernant les ventes d’équipement agricole neuf : une faiblesse persiste
Type d’équipement | 2025 par rapport à 2024 | 2026 par rapport à 2025 | 2026 par rapport à la moyenne sur cinq ans |
|---|---|---|---|
< 40 CV | 4,8 % | 3,1 % | -13,9 % |
Tracteurs de 40 à 100 CV | 5,9 % | -4,7 % | -18,6 % |
Tracteurs de 100 CV et plus | -10,9 % | -5,6 % | -19,5 % |
Tracteur à quatre roues motrices | -13,2 % | -1,6 % | 3,0 % |
Moissonneuses-batteuses | -2,2 % | -6,7 % | -13,5 % |
Sources : AEM, Services économiques FAC
Les fabricants d’équipements sont confrontés à une hausse des coûts et à une baisse de la demande
Les ventes des fabricants canadiens de machines agricoles ont fortement reculé en 2025, du moins selon les données des neuf premiers mois, qui montrent une baisse de 18 % par rapport à l’année précédente. Nous prévoyons que les ventes du secteur manufacturier canadien continueront de diminuer et termineront l’année en dessous de 5,2 milliards de dollars. Les nouvelles commandes jusqu’à maintenant en 2025 ont diminué de 16 % par rapport à la même période l’an dernier.
Les fabricants sont dans une position délicate. Les prix élevés des équipements ont réduit la demande, mais les fabricants sont également confrontés à l’augmentation du coût des intrants en raison des tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium. Cette combinaison laisse peu de marge de manœuvre en ce qui concerne les prix et augmente la pression pour maintenir la rentabilité et les ventes.
Dans l’ensemble, les achats d’équipements agricoles sont désormais motivés par les besoins plutôt que par les envies, puisque plusieurs exploitations agricoles misent sur la rentabilité, en gardant leurs équipements plus longtemps ou en se tournant vers le marché d’occasion.
L’intérêt croissant pour les équipements d’occasion stimule une croissance modeste
Au cours des dernières années, les stocks d’équipements d’occasion ont augmenté. En 2025, les ventes ont été inégales : certaines catégories ont enregistré de bons résultats pendant une partie de l’année, tandis que d’autres sont restées faibles tout au long de l’année. La hausse des ventes d’équipements d’occasion s’explique par la livraison hâtive de nouveaux équipements, qui a stimulé l’activité commerciale, et par le fait que les exploitations agricoles cherchaient des améliorations plus abordables. Par exemple, l’augmentation des livraisons de moissonneuses-batteuses neuves en septembre s’est traduite par une hausse des activités commerciales pour les moissonneuses-batteuses d’occasion; les ventes ont augmenté de 18 % depuis le début de l’année.
Nos prévisions pour le reste de 2025 et pour 2026 montrent que les perspectives pour les équipements d’occasion demeurent plus positives que celles des équipements neufs dans la plupart des catégories (tableau 2). Les ventes de moissonneuses-batteuses d’occasion devraient terminer l’année 2025 au-dessus des niveaux de 2024, tout en restant inférieures à la moyenne quinquennale. Pendant ce temps, les ventes d’équipements d’ensemencement et de plantation d’occasion ont reculé et devraient chuter de 10 % d’ici la fin de l’année.
Tableau 2. Projections des ventes d’équipement agricole d’occasion : croissance modeste
Type d’équipement | 2025 par rapport à 2024 | 2026 par rapport à 2025 | 2026 par rapport à la moyenne sur cinq ans |
|---|---|---|---|
< 40 CV | 12,8 % | -2,1 % | 1,2 % |
Tracteurs de 40 à 100 CV | -4,1 % | 2,8 % | -22,1 % |
Tracteurs de 100 CV et plus | -0,8 % | 1,7 % | -4,7 % |
Tracteur à quatre roues motrices | -7,3 % | 2,3 % | -7,3 % |
Moissonneuses-batteuses | 12,8 % | -0,1 % | -7,8 % |
Récolteuses-hacheuses de fourrage | 0,0 % | 3,0 % | 16,4 |
Presses à balles | 33,2 % | 1,6 % | 17,1 % |
Semoirs et planteuses | -10,6 % | -1,3% | -17,9% |
Sources : IronSolutions, Services économiques FAC
Dans le marché de l’équipement d’occasion, la hausse de la demande pour les équipements de fenaison et de fourrage constitue une note encourageante. Les ventes de presses à balles d’occasion ont grimpé de plus de 30 % en 2025, et les ventes de récolteuses-hacheuses de fourrage sont restées stables au cours des trois dernières années (figure 1). Les importations de presses à balles et de récolteuses-hacheuses de fourrage (les données commerciales ne faisant toutefois pas la distinction entre les équipements neufs et d’occasion) révèlent également un intérêt marqué, avec une hausse de 5 % pour les presses à balles et de 23 % pour les récolteuses-hacheuses, ce qui constitue un signe de mises à niveau dans les élevages, surtout dans l’Est du Canada.
Figure 1. Les ventes d’équipements de fourrage et de fenaison augmentent en raison des bonnes perspectives pour le bétail

Les données présentées reflètent les ventes enregistrées depuis le début de l’année jusqu’à la fin du onzième mois.
Sources : IronSolutions, Services économiques FAC
À l’approche de la nouvelle année, plusieurs facteurs pourraient influencer nos prévisions et les décisions d’achat des agriculteurs.
Tendances à surveiller en 2026
1. Progrès en matière de commerce mondial
Plusieurs développements commerciaux influenceront fortement le marché des équipements agricoles l’année prochaine. La révision de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), prévue pour juillet 2026, représente un facteur important à surveiller. Même s’il a été question, du côté américain, de laisser expirer l’ACEUM, les efforts de renouvellement devraient s’intensifier, la Maison-Blanche souhaitant obtenir des résultats tangibles avant les élections de mi-mandat de novembre.
Si l’histoire se répète, les négociations finiront par aboutir à un accord commercial. Une version révisée de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) pourrait entraîner des changements positifs, comme une réduction des tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium, qui représentent des coûts d’intrants essentiels dans la fabrication des équipements agricoles.
Un autre facteur important est le cadre commercial potentiel entre les États-Unis et la Chine, qui pourrait stabiliser les marchés agricoles et stimuler les exportations américaines de soya et les prix à la ferme, y compris au Canada. Si des accords commerciaux favorables voient le jour au début de l’année 2026, ils renforceront les marchés des produits de base, rétabliront la confiance du milieu agricole et stimuleront les décisions d’investissement dans les équipements. Toutefois, si les progrès sur le plan commercial stagnent, le ralentissement dans l’industrie des équipements pourrait se prolonger.
2. Ventes d’équipements aux États-Unis
Le ralentissement des ventes d’équipements aux États-Unis ne doit pas être négligé. L’un des principaux facteurs ayant influencé les ventes et la livraison hâtive d’équipements au Canada est la faiblesse persistante du marché américain des équipements agricoles. En effet, au sud de la frontière, les ventes d’équipement neuf ont diminué dans des proportions allant de 25 % à 40 % par rapport à 2024. Par conséquent, davantage d’équipements sont redirigés vers le Canada, arrivant souvent plus tôt que prévu.
Nous avons observé cette tendance au cours des deux dernières années : les ventes au Canada semblent fortes à certains moments de l’année, mais c’est en grande partie en raison de la baisse de la demande aux États-Unis. Si la demande aux États-Unis évolue, cela pourrait avoir une incidence sur nos prévisions, les fabricants s’ajustant en conséquence.
En conclusion
Le marché canadien des équipements agricoles s’oriente vers une autre année de faiblesse des ventes, la demande étant freinée par des marges serrées attribuables à la faiblesse persistante des prix des cultures et à des coûts d’intrants élevés. Même si les ventes d’équipements d’occasion sont appelées à dépasser celles des équipements neufs, la croissance globale restera limitée. L’amélioration des conditions commerciales pourrait contribuer à restaurer la confiance et à donner plus de certitude aux propriétaires d’exploitations agricoles, ce qui encouragerait l’investissement dans les équipements.
Cela dit, les prix records du bétail et les perspectives favorables dans le secteur de l’élevage créent des occasions pour le marché des équipements agricoles. Au-delà des équipements de fourrage, les éleveurs pourraient commencer à moderniser leurs tracteurs et moissonneuses-batteuses après plusieurs années de reports d’achats. Si les prix du bétail et les revenus demeurent forts, l’industrie de l’équipement aura l’occasion d’améliorer ses ventes dans le secteur de l’élevage au-delà de nos prévisions. Si des ventes supplémentaires se concrétisent, les stocks d’équipements pourraient se normaliser d’ici la fin de l’année 2026, ouvrant la voie à une reprise des ventes d’équipements l’année suivante.
Leigh Anderson
Économiste principal
Leigh Anderson est économiste principal à FAC. Ses domaines d’intervention comprennent l’analyse des marchés de l’équipement agricole et des intrants de culture. Ayant grandi dans une exploitation mixte de bovins et de céréales en Saskatchewan, il assure également un suivi des secteurs canadiens des céréales, des oléagineux et du bétail et fournit des perspectives à cet égard.
Leigh est entré en fonction à FAC en 2015 au sein de l’équipe des Services économiques. Il œuvrait auparavant auprès de la Direction des politiques du ministère de l’Agriculture de la Saskatchewan. Il est titulaire d’une maîtrise en économie agricole de l’Université de la Saskatchewan.

