<img height="1" width="1" src="https://www.facebook.com/tr?id=806477592798641&ev=PageView&noscript=1"/>

Le monde demande des produits alimentaires canadiens – deuxième partie

29 sept. 2026
5,5 min de lecture

Renforcer la capacité du Canada à nourrir la planète

Une transformation accrue, des infrastructures plus solides et une productivité plus élevée peuvent aider les entreprises agricoles et agroalimentaires canadiennes à être compétitives sur un plus grand nombre de marchés.

Dans la première partie, nous avions souligné le potentiel de 12 milliards de dollars que représente la diversification des produits agroalimentaires du Canada à l’extérieur du marché américain. Cependant, trouver des clientes et clients potentiels n’est que le début. Saisir cette occasion exige la capacité de fabriquer les bons produits à un coût concurrentiel, et de les livrer de manière fiable sur des distances beaucoup plus longues. La diversification est une question de stratégie tant commerciale que d’investissement.

Figure 1 : Comment le secteur agricole et agroalimentaire canadien peut tirer parti de ce potentiel d’exportation de 12 milliards de dollars

Une infographie présentant quatre stratégies clés pour tirer parti de ce potentiel de croissance des échanges de 12 milliards de dollars : accroître la capacité nationale de transformation des aliments, stimuler la productivité du secteur agricole et agroalimentaire, renforcer les infrastructures commerciales et la logistique, et continuer à établir de solides relations commerciales.

Source : FAC

Nous devons valoriser davantage nos produits avant de les exporter

Environ 50 % des produits agricoles primaires du Canada sont exportés pour être transformés. Le développement de la capacité de transformation nationale pourrait permettre de transformer une plus grande partie de ces produits en aliments finis et en ingrédients à plus forte valeur ajoutée. Il ne s’agit pas de remplacer les exportations de produits de base — le Canada peut demeurer un fournisseur de premier plan de produits agricoles primaires tout en élargissant la gamme de produits transformés qu’il vend. Une capacité de transformation accrue peut favoriser la diversification des produits, réduire la dépendance à l’égard de marchés uniques et faire en sorte qu’une plus grande part de la valeur générée par l’agriculture canadienne profite aux entreprises et collectivités canadiennes.

Nous devons investir dans la productivité pour stimuler la croissance des exportations

Accroître la productivité signifie produire plus avec moins, c’est-à-dire générer davantage de produits ou des produits à plus forte valeur ajoutée en optimisant l’utilisation du personnel, de l’équipement, de l’énergie et des intrants de fabrication. Pour les fabricants agroalimentaires du Canada, accroître la productivité peut se traduire par des équipements plus efficaces, l’automatisation, le perfectionnement du personnel, une meilleure gestion ou la réduction du gaspillage. Cette démarche s’avère indispensable pour soutenir la concurrence sur les marchés d’exportation, car elle aide les entreprises à maîtriser leurs coûts, à rehausser la qualité de leurs produits et à produire à plus grande échelle. L’équipe du leadership éclairé de FAC a récemment souligné que le fait de stimuler la productivité pour atteindre une croissance annuelle du PIB de 3 % dans la fabrication d’aliments et de boissons entre 2024 et 2035 pourrait contribuer 40 milliards de dollars de plus au PIB, créer 217 000 nouveaux emplois et ajouter 16 milliards de dollars en revenus de travail.

Les fondations de l’investissement existent déjà. Les dépenses en capital dans le secteur canadien de la fabrication d’aliments ont plus que doublé, passant de 1,89 milliard de dollars en 2017 à 4,2 milliards de dollars en 2024. La prochaine étape consiste à concentrer les investissements sur la capacité et les compétences qui peuvent servir sur les marchés nationaux et internationaux en croissance.

Nous devons investir dans une logistique et des infrastructures fiables

Les clientes et clients internationaux doivent être assurés que les marchandises seront acheminées en toute sécurité, de manière constante et dans les délais prévus. Cela fait des infrastructures commerciales — les usines de transformation, les entrepôts, les installations d’entreposage frigorifique, les routes, les voies ferrées, les ports et les correspondances intermodales — un élément de la proposition d’exportation du Canada. Pourtant, le Canada s’est classé au 32e rang mondial [en anglais seulement] en 2019 pour les infrastructures de transport. La congestion et les retards portuaires [en anglais seulement] — attribuables notamment aux conditions météorologiques, aux perturbations ferroviaires et aux conflits de travail — créent des défis supplémentaires. De plus, les lacunes de la chaîne du froid au Canada (les systèmes d’entreposage et de transport à température contrôlée qui préservent la salubrité des aliments périssables) — comme l’alimentation électrique d’urgence et la préparation aux situations d’urgence, la surveillance limitée, ainsi qu’une capacité vieillissante ou insuffisante — sont exacerbées par les changements climatiques, en particulier dans les communautés rurales, éloignées et autochtones.

Les infrastructures modernes comprennent également l’information et la technologie. La traçabilité, la logistique, l’automatisation et les données en temps réel peuvent aider les producteurs, les transformateurs et les fournisseurs de transport à réagir plus rapidement lorsque la demande, les stocks ou les conditions d’expédition changent. Ces outils peuvent améliorer la transparence et la coordination, mais leurs avantages dépendent des compétences, de l’accès à la large bande et de la capacité des entreprises à les adopter. Dans l’ensemble, il y a une pénurie d’investissements dans la chaîne d’approvisionnement au Canada, particulièrement en ce qui concerne le commerce, les données et la technologie. Combler ces lacunes nécessitera des investissements importants.

Nous devons soutenir le développement des marchés pour une croissance continue

Le Canada continue d’investir dans des relations commerciales au-delà des États-Unis. Nous comptons 15 accords de libre-échange englobant 51 pays et 1,5 milliard de consommateurs et consommatrices dans le monde, et nous sommes le seul pays du G7 à avoir des accords de libre-échange avec tous les autres pays du G7. Bien que les accords commerciaux aplanissent les obstacles, ils ne créent pas une clientèle à eux seuls. Les entreprises ont besoin de renseignements commerciaux, de connaissances réglementaires, de relations locales, d’adaptation des produits et d’une promotion continue. Les accords de libre-échange du Canada peuvent réduire les droits de douane et rendre les règles plus prévisibles, tandis que le Service des délégués commerciaux et d’autres partenaires peuvent aider les entreprises à comprendre des marchés particuliers. De plus, le nouveau programme fédéral Agri-marketing pour les petites et moyennes entreprises comprend un soutien pour des éléments comme les études de marché, les missions commerciales et le marketing international afin d’appuyer la diversification, avec un engagement de 75 millions de dollars au cours des cinq prochains exercices.

Passer du potentiel à la capacité d’exportation

Le Canada possède les ressources, l’expertise, les relations commerciales et la réputation nécessaires pour nourrir une plus grande partie de la planète. En investissant dans la productivité, la transformation, les infrastructures et le développement des marchés, nous pouvons convertir l’incertitude commerciale d’aujourd’hui en une assise de croissance plus vaste.

La diversification exigera un travail soutenu de la part des producteurs, des transformateurs, des fabricants, des gouvernements, des investisseurs et des partenaires de la chaîne d’approvisionnement. La prochaine étape consiste à harmoniser les débouchés commerciaux avec des investissements concrets, puis à développer la capacité qui permettra aux entreprises canadiennes d’être compétitives et de croître partout où la demande se manifeste.

Article par : Bethany Lipka (économiste principale) et Isaac Kwarteng (économiste principal)

À suivre
Le monde demande des produits alimentaires canadiens – première partie
7 min de lecture

Les exportations agroalimentaires canadiennes pourraient croître de 12 milliards de dollars au-delà du marché américain, l’Europe et l’Asie offrant le plus grand potentiel pour les entreprises agricoles et agroalimentaires canadiennes.