Nourrir la planète et alimenter la prospérité du Canada : libérer le potentiel du secteur de la fabrication d’aliments et de boissons

Selon un nouveau rapport de l’équipe du Leadership éclairé de FAC, nous avons atteint un tournant en ce qui a trait à l’investissement dans l’avenir de notre système alimentaire national. Le secteur canadien de la fabrication d’aliments et de boissons est une pierre angulaire du système alimentaire national et de l’économie manufacturière. Il s’agit de la plus grande industrie manufacturière au Canada. En effet, elle emploie plus de 300 000 personnes et soutient près de 8 800 entreprises, pour la plupart des petites et moyennes entreprises, et elle constitue un marché vital pour l’agriculture nationale.
Malgré son importance, la croissance de la productivité dans ce secteur a ralenti au cours de la dernière décennie, en particulier pour ce qui est de la fabrication de boissons. Comme l’a souligné le récent rapport de FAC sur le secteur des aliments et des boissons, les perturbations commerciales et l’incertitude géopolitique exercent une pression supplémentaire sur les producteurs et productrices, ce qui a une influence sur l’investissement et la croissance. Cela pourrait contribuer à un nouveau ralentissement de la croissance de la productivité.
Figure 1 : Croissance de la productivité du travail – 2000 à 2024

Sources : Statistique Canada, Leadership éclairé de FAC et ICPA
Un nouveau rapport de l’équipe du Leadership éclairé de FAC, Perspectives de croissance de la productivité dans le secteur canadien de la fabrication d’aliments et de boissons, examine les répercussions de ce ralentissement de la croissance de la productivité et les mesures nécessaires pour l’inverser. Le rapport formule les recommandations suivantes :
Investir dans l’innovation et les infrastructures afin de favoriser l’adoption de technologies qui améliorent la productivité.
Diversifier les échanges commerciaux en réduisant les barrières interprovinciales et en développant la présence à l’international.
Attirer et retenir une main-d’œuvre qualifiée grâce à la formation, à l’immigration et à la sensibilisation aux perspectives de carrière.
Réformer la réglementation afin de réduire les coûts et la complexité tout en préservant la confiance du public.
En adoptant ces stratégies ciblées, le secteur de la fabrication des aliments et des boissons peut renforcer sa résilience et consolider son rôle de chef de file sur le marché mondial, tout en favorisant la prospérité au pays. Le moment est venu pour le secteur de se mobiliser et de jeter les bases d’une productivité et d’une prospérité durables.
Qu’est-ce que la productivité?
La productivité peut être mesurée tant au niveau de chaque entreprise agroalimentaire qu’à l’échelle du secteur de la fabrication d’aliments et de boissons. Elle mesure l’efficience avec laquelle les intrants – comme la main-d’œuvre, l’équipement et l’énergie – sont transformés en aliments et en boissons. Notre objectif est d’accroître la productivité pour augmenter la production en utilisant moins de ressources et à moindre coût, tout en générant moins de déchets.
Pourquoi la productivité est-elle importante?
Pour les entreprises de fabrication, la productivité est le moteur de la croissance durable, de la compétitivité, de la rentabilité et de la résilience. Elle favorise la création d’emplois, l’augmentation des salaires, l’abordabilité des aliments et la croissance des exportations. Un secteur de la fabrication d’aliments et de boissons solide et productif aide les exploitations agricoles canadiennes à gérer les risques, en garantissant une demande intérieure stable pour leur production, même en cas de perturbations mondiales.
Même si la productivité du travail dans le secteur de la fabrication d’aliments demeure supérieure à la moyenne nationale, la croissance stagne depuis 2015. De plus, la croissance de la productivité dans le secteur de la fabrication de boissons a ralenti, en raison d’une consommation discrétionnaire et de la hausse des coûts. Compte tenu de l’importance cruciale de la fabrication d’aliments et de boissons pour le système alimentaire canadien et l’économie dans son ensemble, le Canada ne peut se permettre de maintenir ce statu quo.
Le prix de l’immobilisme — et les avantages du changement
Le rapport examine un scénario ambitieux de forte croissance potentielle de la productivité, dans lequel le PIB réel du secteur de la fabrication d’aliments et de boissons augmenterait de 3 % par an de 2024 à 2035. Dans ce scénario, la fabrication d’aliments et de boissons contribuerait à 40 milliards de dollars de plus au PIB canadien sur l’ensemble de la décennie, générant 217 000 nouveaux emplois, 16 milliards de dollars en salaires et en avantages sociaux et 1,3 milliard de dollars en recettes fiscales. Ces chiffres montrent que le coût de renonciation découlant d’une stagnation persistante est très élevé.
Figure 2 : Croissance du PIB réel dans le secteur de la fabrication d’aliments et de boissons – scénario de continuité par rapport au scénario de forte croissance potentielle – de 2015 à 2035

Sources : Leadership éclairé de FAC et ICPA
Fluctuation de la productivité d’un sous-secteur à l’autre
Il est important de noter que le rendement en matière de productivité varie d’un sous-secteur de la fabrication d’aliments et de boissons à l’autre, en raison de facteurs comme le fardeau réglementaire, l’évolution de la demande de consommation et les chocs du marché. Par exemple, le secteur de la fabrication de produits de boulangerie et de tortillas a vu une hausse de la productivité du travail ces dernières années grâce à l’augmentation des investissements en capital, tandis que le secteur de la fabrication de produits de viande a connu une baisse de la productivité du travail. Des stratégies ciblées sont indispensables pour remédier à ces écarts.
Perspectives d’avenir : quelles solutions pour la suite?
La croissance de la productivité n’est pas une panacée, mais sans elle, le secteur risque de prendre du retard alors que les inquiétudes concernant la sécurité alimentaire, l’abordabilité et la compétitivité ne cessent de croître. La décennie à venir sera marquée par l’incertitude. L’évolution de la demande, la hausse des coûts, la pénurie de main-d’œuvre et la transformation des relations commerciales auront des répercussions potentielles sur le secteur, et ces défis rendent la croissance de la productivité d’autant plus urgente.
Le Canada dispose de solides atouts fondamentaux : des ressources abondantes, une demande croissante pour les produits alimentaires canadiens, un accès aux marchés mondiaux et des possibilités dans les domaines de la numérisation et de l’automatisation. Grâce à des investissements ciblés, à une coordination des mesures et à un regain d’attention portée à la productivité, le secteur peut renforcer le système alimentaire canadien tout en assurant une prospérité à long terme aux travailleurs et travailleuses, aux entreprises et aux collectivités.
Consultez l’intégralité du rapport.
Article par : Bethany Lipka, économiste principale

