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L’influence des devises mondiales et du dollar canadien sur l’agriculture

4,5 min de lecture

Le rapport entre la valeur du dollar canadien et celle du dollar américain est largement observé et commenté en raison de son importance pour les activités commerciales. Cependant, beaucoup d’autres questions relatives aux devises moins souvent abordées ont aussi un rôle à jouer. Nous commencerons par examiner les facteurs de base, puis les effets plus subtils.

Surveillance du dollar

Notre balance commerciale (excédent ou déficit) avec les autres pays exerce une influence considérable sur le dollar canadien. Par exemple, une hausse de prix du pétrole brut entraîne habituellement une appréciation de la valeur du dollar. Les taux d’intérêt ont également un effet.

Combien de fois avons-nous entendu dire : « Le dollar canadien a reculé, ce qui sera avantageux pour les prix de nos exportations de produits de base »? Ou encore l’inverse : « Le dollar canadien s’est apprécié, ce qui sera néfaste pour les prix de nos exportations de produits de base »?

Examinons ce que cela signifie. Prenons par exemple un boisseau d’avoine canadienne qui se vend 4,00 $ sur le marché américain. Si le dollar américain ($ US) et le dollar canadien ($ CA) étaient à parité (avaient la même valeur), 4,00 $ aux États-Unis vaudraient aussi 4,00 $ au Canada. Cependant, lorsqu’un dollar canadien vaut seulement 0,75 $ US, le prix de 4,00 $ US par boisseau d’avoine équivaut à 5,33 $ CA.

D’autre part, le prix de tout intrant américain acheté par les entreprises agricoles canadiennes augmente lorsque la valeur de notre dollar diminue. Ainsi, lorsque le dollar canadien vaut 0,75 $ US, une moissonneuse-batteuse d’occasion de 400 000 $ US coûte 533 000 $ CA.

Même si, lorsque le dollar canadien est affaibli, certains intrants coûtent plus cher, il est aussi généralement reconnu que les entreprises exportatrices canadiennes possèdent un net avantage.

Force de la monnaie américaine

On a tendance à porter attention davantage au rapport entre le dollar canadien et le dollar américain, et on ne tient pas souvent compte de la force relative du dollar américain, qui compte aussi pour les marchés agricoles.

On a tendance à porter attention davantage au rapport entre le dollar canadien et le dollar américain, et on ne tient pas souvent compte de la force relative du dollar américain, qui compte aussi pour les marchés agricoles. L’indice du dollar américain sert à mesurer la valeur de cette unité monétaire par rapport à celle d’un ensemble de devises. Les six devises mondiales comprises dans l’indice sont l’euro, le franc suisse, le yen japonais, le dollar canadien, la livre britannique et la couronne suédoise. La devise dont la pondération est la plus élevée, soit plus de 50 %, est l’euro.

En période de turbulences mondiales, même si l’Amérique est touchée, les investissements ont tendance à graviter vers les États-Unis, qui, en tant que première économie mondiale et superpuissance, sont généralement considérés comme un refuge.

Puisqu’une grande part du commerce agricole mondial est influencée par les États‑Unis ou libellée en dollars américains, un indice du dollar américain plus faible favorise les échanges commerciaux.

En effet, une monnaie américaine affaiblie accroît le pouvoir d’achat des pays importateurs, ce qui stimule généralement la demande des produits de base et leurs prix.

On peut considérer l’indice du dollar américain comme une influence générale et le taux de change canado-américain comme une influence plus directe sur les prix des produits de base au Canada.

Autres partenaires commerciaux

Les valeurs relatives des devises mondiales fluctuent constamment, ce qui affecte les activités commerciales.

Prenons par exemple la vente de porc canadien au Mexique. Supposons que le dollar canadien et le peso mexicain perdent du terrain par rapport au dollar américain, mais que la baisse de valeur du peso soit plus grande. Dans ce scénario, le prix du porc serait plus élevé pour le Mexique, mais la dépréciation du dollar canadien rendrait les produits canadiens plus compétitifs que le porc américain sur le marché mexicain. Il se pourrait donc que les exportations canadiennes ne déclinent pas, même si, de façon générale, le Mexique achetait moins de porc.

Protéger votre entreprise

Lorsque les élevages canadiens fixent un prix pour la vente future de leurs bovins, de leurs porcs ou de leurs céréales, ils le font habituellement dans le cadre de transactions menées au Canada, en dollars canadiens. Cependant, lorsqu’on utilise une couverture sur les prix à terme américains, qu’on fait des ventes directes au marché américain ou des ventes à d’autres pays qui négocient en dollars américains, la conversion de la monnaie crée un risque. 

Les spécialistes eux-mêmes admettent que les taux de change sont difficiles à prévoir. Pour les entreprises agricoles et autres qui sont exposées au risque de change, il existe des programmes de couverture et des sociétés spécialisées dans ce type de services. Se protéger des variations des devises comporte un coût, mais cela procure une certaine assurance à l’égard de la transaction. Il faut comparer ce coût à la perte potentielle que les fluctuations monétaires pourraient représenter. Vous pouvez obtenir l’aide de spécialistes en conseils financiers à ce sujet. 

Même pour les entreprises agricoles que les transactions n’exposent pas directement au risque de change, la valeur des devises joue un rôle de taille au sein du marché, et il est important de la surveiller. Bien sûr, la relation entre le dollar canadien et le dollar américain est la plus facile et la plus importante à surveiller, mais il faut aussi garder à l’œil la valeur des monnaies des autres partenaires commerciaux significatifs.

Prochaines étapes :

Article par : Équipe économique

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