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Comprendre les enjeux commerciaux – répercussions sur les exploitations agricoles

7 min de lecture

Les statistiques sur le commerce, les accords commerciaux internationaux et les obstacles non tarifaires ne sont pas toujours en tête des préoccupations des fermes familiales. Étant donné que la plupart des producteurs et productrices vendent à des intermédiaires et n’exportent pas leurs produits directement vers d’autres pays, les enjeux commerciaux peuvent sembler loin de l’exploitation agricole.

Il faut prêter attention aux tendances commerciales, aux restrictions commerciales et aux exigences des acheteurs internationaux pour maintenir et étendre les marchés.

Toutefois, en ce qui concerne de nombreux produits de base, la demande de produits et les prix sont directement touchés par les facteurs commerciaux. Comprendre et suivre la dynamique commerciale peut aider l’exploitation à prendre des décisions. Les analystes du marché fournissent de l’information sur l’offre, la demande et les prix, et le commerce occupe une place prédominante dans leurs projections. De nombreuses analyses de marché sont offertes gratuitement ou à peu de frais aux entreprises agricoles, mais il existe également des services spécialisés auxquels celles-ci peuvent s’abonner.

Envisager la transformation

Le canola est la culture la plus lucrative du Canada. Environ la moitié du canola est triturée pour produire de l’huile végétale et du tourteau plutôt que d’être exportée sous forme de semences entières.

Parfois, les marges que rapportent les activités de trituration sont élevées, donc les usines de trituration sont rentables, et elles peuvent se permettre de surenchérir sur les acheteurs qui exportent des semences brutes. D’autres fois, c’est l’inverse. Tout dépend de la demande internationale.

Dans les Prairies, plusieurs usines de transformation de pois potagers ont été établies pour isoler les protéines destinées au marché en croissance des protéines végétales. La demande et le commerce des protéines de pois deviennent un facteur sur le marché.

La proximité des usines de transformation peut influencer le rendement des exploitations agricoles et, par conséquent, les cultures qu’elles produisent.

Du côté des porcs et des bovins, le commerce d’animaux vivants est considérable entre le Canada et les États-Unis, tandis que sur les marchés étrangers, les principales exportations sont le porc et le bœuf. Comme le secteur nord-américain de la viande rouge est hautement intégré, ce qui se produit dans les usines de transformation américaines peut avoir une incidence directe sur les prix que reçoivent les entreprises canadiennes. Tout événement qui perturbe une grande usine de transformation est une mauvaise nouvelle pour la demande et les prix du bétail.

Dans le secteur du bœuf, les peaux sont parfois prisées pour diverses utilisations du cuir, ce qui rehausse la valeur globale de chaque animal. À d’autres moments, l’offre est excédentaire par rapport à la demande sur le marché international du cuir, et les peaux peuvent avoir une valeur si faible qu’elles sont jetées.

Comprendre la loi de l’offre et de la demande et les facteurs qui influent sur le commerce peut aider l’exploitation agricole à prendre des décisions de production et de commercialisation. Par ailleurs, chaque produit comporte ses nuances. Les facteurs influant sur le marché du soya non génétiquement modifié à identité préservée sont très différents de ceux qui touchent le soya cultivé pour le marché de l’huile et du tourteau.

Bien que les producteurs et productrices aient peu d’influence sur les divers facteurs commerciaux, ces facteurs influent de plus en plus sur les activités quotidiennes.

Initiative Keep it Clean

La plupart des exploitations de céréales, de canola et de légumineuses connaissent l’initiative Keep it Clean [en anglais seulement]. Il s’agit d’une réponse sectorielle coordonnée visant à garder ouverts les marchés internationaux.

Le site met fortement l’accent sur le choix du bon moment pour l’application du glyphosate avant la récolte. Le glyphosate ne doit pas être utilisé comme déshydratant. Il faut l’appliquer lorsque la teneur en humidité des grains est inférieure à 30 % dans la partie la moins mature du champ. Ces mesures visent à éviter que le glyphosate présent dans les cultures récoltées dépasse la limite maximale de résidus (LMR) des pays importateurs.

L’orge de brasserie ne devrait jamais recevoir une application de glyphosate avant la récolte, et un nombre croissant d’acheteurs d’avoine de mouture ont la même exigence.

Dans les renseignements sur les cultures de légumineuses que présente le site, le lien évident avec le commerce est expliqué. « Le Canada exporte chaque année des milliards de dollars de légumineuses dans plus de 130 pays, et les envois contenant même les plus petites quantités de résidus de pesticides inacceptables peuvent être rejetés, ce qui entraîne des pertes de plusieurs millions de dollars et met en péril des marchés clés. » [traduction]

Le site met l’accent sur la bonne stadification des cultures, les intervalles avant la récolte et l’utilisation de produits étiquetés seulement. La question est compliquée par le fait que les pays ont des LMR différentes. Ce qui est acceptable dans un pays peut ne pas l’être dans un autre.

La culture de variétés homologuées seulement, la gestion des maladies et l’entreposage adéquat des cultures sont également des aspects clés de l’initiative Keep it Clean.

Déclaration d’admissibilité

Les exploitations doivent déclarer que le grain livré à une entreprise acheteuse dotée d’une licence est de la variété et de la classe désignées au moyen de déclarations sous serment signées. Une déclaration sous serment distincte est exigée pour chaque acheteur auquel une entreprise vend du grain chaque année. Pour en savoir plus sur la déclaration d’admissibilité, consultez le survol de la Commission canadienne des grains.

Paramètres de durabilité

Que ce soit à l’échelle nationale ou internationale, les acheteurs et les consommateurs veulent de plus en plus savoir comment leurs aliments sont produits. Parfois, un prix plus élevé peut être payé pour une pratique de production particulière, comme dans le cas du bœuf nourri à l’herbe. Dans d’autres cas, il faut satisfaire à des exigences en matière de durabilité pour faire du commerce, sans qu’aucune mesure incitative ne soit offerte.

Différentes entreprises dans le monde ont des conceptions divergentes de ce qui est important. Certaines veulent savoir si les terres céréalières étaient des prairies ou des forêts dans un passé récent. D’autres veulent s’assurer que la main-d’œuvre est bien traitée. Des entreprises acheteuses veulent savoir ce qui se passe dans chaque exploitation agricole dont elles achètent des produits.

Diverses initiatives sectorielles ont été lancées pour établir et certifier la gestion responsable et la durabilité. Par exemple, le programme VBP+ (Verified Beef Production Plus) valide les pratiques agricoles responsables. L’inscription au programme est volontaire, mais les exploitations qui suivent la formation et font l’objet de vérifications pourraient jouir de l’accès à certains marchés.

Il en va de même pour les plans agroenvironnementaux. Les acheteurs qui ont des exigences en matière de durabilité commencent parfois par exiger qu’une exploitation ait un plan agroenvironnemental à jour.

Le consommateur a toujours raison

Règle no 1 : Le consommateur a toujours raison. Règle no 2 : Si le consommateur a tort, se reporter à la règle no 1.

Les exigences toujours croissantes à l’égard des ventes de produits agricoles à l’échelle nationale et internationale imposent un fardeau supplémentaire aux exploitations. Cependant, elles peuvent aussi être considérées comme une occasion.

Pour que le Canada maintienne sa réputation de fournisseur fiable de produits alimentaires propres et salubres, toute la chaîne d’approvisionnement alimentaire devra continuer d’innover et d’évoluer. Afin de conquérir et de maintenir des marchés, il faut prêter attention aux tendances commerciales, aux restrictions commerciales et aux exigences des acheteurs internationaux.

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Article par : Équipe économique

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