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Comprendre le commerce et l’agriculture : Vue d’ensemble

8,5 min de lecture

Le Canada est une nation commerçante, en particulier dans le domaine de l’agriculture et de l’alimentation, puisque nous cultivons et produisons plus que ce que nous consommons au pays.  

Plus de 50 % de la production agricole canadienne est exportée directement ou transformée en vue d’être exportée. Certains produits comme la viande rouge, les grains céréaliers et les légumineuses dépendent fortement du commerce. D’autres, plus particulièrement dans les secteurs laitier et avicole, qui sont soumis à la gestion de l’offre, sont principalement destinés au marché intérieur.

Pourquoi le Canada se distingue en tant qu’exportateur de produits agricoles et alimentaires

Notre position d’exportateur dominant découle de notre compétitivité et de notre capacité de vendre des produits de haute qualité à un prix intéressant à l’étranger. Nos richesses naturelles (eaux et terres) et notre productivité globale sont les principaux moteurs du rendement et du succès de nos exportations. 

Par exemple, nous pouvons accroître les volumes d’exportation en agissant sur un plus grand nombre de facteurs de production (augmenter la superficie cultivée, embaucher plus de main-d’œuvre, modifier les rations alimentaires, etc.). Chaque option signifie que nous pouvons justifier des dépenses plus élevées si la valeur de la production connexe croît plus rapidement que les coûts. La hausse de la productivité améliore notre capacité de réussite sur les marchés d’exportation. 

D’autres variables sur lesquelles les entreprises ont parfois un contrôle très limité influent également sur les chances de succès. Les cours monétaires en sont un exemple. La dépréciation du dollar canadien rend nos produits plus concurrentiels pour la vente à l’étranger. 

La logistique entre en ligne de compte

En général, le transport maritime est moins coûteux en vrac qu’en conteneurs, et les deux modes sont bien plus économiques que le fret ferroviaire. Cependant, pour le transport intérieur de moyenne à longue distance, le transport ferroviaire est meilleur marché que le camionnage. 

Le fret maritime en provenance des côtes ouest et est du Canada offre un accès relativement peu coûteux à de nombreux pays importateurs. Par ailleurs, l’Australie jouit toujours d’un net avantage logistique lorsqu’elle vend des produits à la Chine, tandis que la Russie a définitivement un avantage sur le plan du transport, qui lui permet d’acheminer des produits vers une grande partie de l’Europe. 

La qualité supérieure, la fiabilité des livraisons et la fidélisation de la clientèle entrent également dans l’équation, mais les coûts de transport peuvent prendre une importance considérable. C’est l’une des raisons pour lesquelles les États-Unis sont le principal partenaire commercial du Canada. Étant voisins immédiats, nos deux pays ont en commun une longue frontière relativement ouverte. 

La diversification des marchés importe

Lorsque des désaccords commerciaux surviennent ou qu’un marché se tarit, il est essentiel d’avoir une autre clientèle. Une trop forte dépendance à l’égard d’un seul client ou pays comporte un risque inhérent. 

Pour conquérir de nouveaux marchés, il faut établir des relations avec les entreprises acheteuses, ce qui nécessite du temps, des efforts et des ressources.

Par exemple, si un événement perturbait le marché américain de l’avoine canadienne, les producteurs d’avoine et les acheteurs de grains qui exportent de l’avoine pourraient souhaiter avoir d’autres débouchés. Cependant, il est difficile, en période de prospérité, de rediriger les produits du client qui paie le mieux vers un marché qui paie moins pour se prémunir contre une éventuelle perturbation du marché. 

Le vieux dicton dit : « Ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier », mais pour percer de nouveaux marchés, il faut établir des relations avec les parties acheteuses, ce qui nécessite du temps, des efforts et des ressources. Il faut parfois réussir d’abord à exporter sur un marché avant de se lancer sur d’autres marchés. Le Service des délégués commerciaux peut fournir un soutien aux petites entreprises qui cherchent à pénétrer de nouveaux marchés. 

Cependant, la diversification n’est pas toujours faisable – ou possible

Par exemple, les produits de boulangerie constituent la plus grande exportation de produits alimentaires au Canada. La plupart de nos exportations vont aux États-Unis en raison de la proximité et de la durée de conservation limitée de ces produits périssables. 

Le sud de notre frontière est également la principale destination des exportations canadiennes de porc, de bœuf et de viande rouge. Cependant, il est intéressant de noter que les produits bovins comme le foie, la langue et les peaux trouvent des marchés de plus grande valeur dans d’autres pays comme le Japon et la Corée du Sud. 

Les accords commerciaux ouvrent des avenues 

Les divers accords commerciaux peuvent ressembler un peu à une soupe à l’alphabet. Il y a l’ACEUM (l’Accord Canada–États-Unis–Mexique), qui a remplacé l’ALENA (l’Accord de libre-échange nord-américain). 

Le Canada a également signé l’AECG (l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne).  Ensuite, il y a le PTPGP (l’Accord de partenariat transpacifique global et progressiste), auquel participent onze pays signataires, soit le Canada, le Japon, Singapour, l’Australie, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, le Brunei, le Chili, la Malaisie, le Pérou et le Vietnam. 

Pendant les années 1980 et 1990, de nombreux efforts ont été consacrés aux accords commerciaux mondiaux. Bien que l’Organisation mondiale du commerce existe toujours, des accords commerciaux bilatéraux et multilatéraux ont récemment été conclus pour remplacer un accord unique couvrant des dizaines de pays. Si la portée des accords commerciaux qui profitent aux entreprises exportatrices du Canada s’est élargie, d’autres négociations sont en cours et il y a d’autres projets d’accords de libre-échange (Émirats arabes unis, Thaïlande, Inde, Royaume-Uni et Communauté des Caraïbes). 

La réduction des droits de douane par les pays importateurs est positive pour les exportations canadiennes 

Les accords commerciaux ne se limitent pas à l’agriculture et à l’alimentation.  L’objectif global consiste à réduire les obstacles et à faciliter les échanges. En général, les pays signataires d’un accord commercial s’accordent mutuellement un traitement préférentiel. Cela prend souvent la forme de droits de douane moins élevés qui rendent nos exportations plus concurrentielles par rapport à celles d’un autre fournisseur ne bénéficiant pas d’un accès préférentiel semblable. On peut consulter facilement les droits de douane effectifs sur les exportations canadiennes dans l’outil Info-Tarif Canada d’Exportation et développement Canada (EDC).

Les obstacles commerciaux non tarifaires gagnent en importance 

Les droits de douane ne sont pas les seules politiques qui influent sur les échanges commerciaux. Les obstacles non tarifaires, tels que les mesures sanitaires et les exigences en matière d’inspection, peuvent également jouer un rôle majeur en facilitant ou en entravant les échanges. L’AECG en est un bon exemple. Les importations de canola par l’Union européenne doivent être accompagnées d’une documentation sur les répercussions environnementales. Ou encore, l’Union européenne n’importera que des produits bovins provenant d’exploitations certifiées dont le bétail fait l’objet d’une inspection complète en vue de détecter l’utilisation d’agents antimicrobiens. 

Les limites maximales de résidus (LMR) représentent un autre exemple. Elles varient d’un pays à l’autre, ce qui crée de l’incertitude pour les entreprises exportatrices. Le Codex, une initiative internationale, a pour mandat de faire des recherches et de fournir des LMR que les pays peuvent utiliser pour leurs évaluations. Malheureusement, le Codex ne comporte pas d’évaluation pour de nombreux composés chimiques, et les pays font souvent fi des recommandations du Codex même lorsqu’elles existent. Ainsi, les LMR peuvent constituer un obstacle non tarifaire au commerce. 

D’autres préoccupations phytosanitaires sont également devenues des obstacles non tarifaires au commerce, notamment les facteurs de croissance utilisés dans la production de viande, les graines de mauvaises herbes dans les expéditions de céréales et des quantités infimes de grains génétiquement modifiés non enregistrés.

Politique et commerce

La plupart des économistes estiment que le commerce sans restriction contribue à la richesse globale, parce que les pays ont tendance à produire et à exporter les produits pour lesquels ils détiennent un avantage comparatif. Cependant, il y a également un mouvement vers l’autonomie alimentaire au sein de nombreux pays qui ne veulent pas trop dépendre des autres nations pour un besoin humain aussi fondamental.  

À titre d’exemple, l’Inde compte des millions d’agriculteurs, dont la plupart exploitent de petites parcelles et peinent à gagner leur vie et à nourrir leur famille. Le gouvernement indien est souvent contraint d’équilibrer les besoins de ses agriculteurs et l’abordabilité des aliments pour son importante population. 

Ainsi, il prend parfois des mesures pour limiter les importations de légumineuses, ce qui a des répercussions importantes sur les lentilles et les pois canadiens. 

Le commerce est vital à la fois pour les pays exportateurs et importateurs

Sans le commerce, les secteurs agricoles canadiens seraient considérablement plus petits, ce qui entraînerait une perte énorme au chapitre de l’activité économique et des emplois. De plus, beaucoup d’autres pays, partout dans le monde, auraient du mal à nourrir leur population. 

Chaque produit dépend de marchés d’exportation différents et présente des nuances commerciales différentes. C’est pourquoi la compréhension de la dynamique commerciale de vos produits peut constituer un outil de planification utile. 

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