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Les avantages sociaux à la ferme

3 min de lecture

« Dans le milieu agricole, il peut être difficile d’attirer les bonnes personnes et de les maintenir en poste », explique Viktoria Schuler, directrice, Produits et services, au Conseil canadien pour les ressources humaines en agriculture. La concurrence est rude de la part des secteurs où les salaires sont plus élevés, comme l’industrie pétrolière ou la construction.

Pour connaître du succès au moment de recruter de la main-d’œuvre, les productrices et les producteurs doivent parfois offrir plusieurs des avantages sociaux courants dans d’autres secteurs, dont une assurance médicale et dentaire, des cotisations à un régime d’épargne-retraite et de plus gros salaires.

Voici quatre solutions originales pour offrir une protection en matière de santé au personnel agricole :

1. Unir ses forces

Même si une telle approche peut faire grimper les coûts à la ferme, certaines exploitations décident de s’associer à d’autres entreprises pour réduire le prix de leur régime de soins médicaux en effectuant des achats en commun.

2. Réserver des fonds

Mettre de côté une somme d’argent précise pour un compte de gestion-santé destiné aux membres du personnel, dont les gens peuvent disposer s’ils ont besoin d’un produit ou d’un service donné, est un autre moyen d’aider les employées et les employés à couvrir les coûts liés aux soins de santé. Cette façon de faire permet également à l’employeur de fixer le montant maximal qu’il souhaite dépenser.

3. Proposer des congés de maladie payés

Offrir des congés de maladie payés est une autre façon d’attirer de la main-d’œuvre. Le secteur agricole est exempté de nombreuses dispositions relatives aux normes d’emploi, dont les congés de maladie. Or, pour attirer de la main-d’œuvre, certains employeurs offrent désormais de trois à cinq jours de congé de maladie par an.

4. Offrir des congés rémunérés

Les indemnités de vacances et les primes, versées à certaines périodes de l’année ou en fonction du rendement, peuvent aussi contribuer grandement à la fidélisation du personnel. Les primes peuvent également aider à renforcer le sentiment d’appartenance des gens et leur niveau d’engagement au travail.

Les coûts supplémentaires peuvent s’accumuler. Il est donc important que les productrices et les producteurs déterminent à l’avance le montant qu’elles ou ils souhaitent y consacrer et tiennent compte des coûts liés à l’administration et à la gestion.

Le recours à des travailleuses et à des travailleurs étrangers

Selon Yara Khankan, directrice de comptes, Ventes technologiques internationales, pour le secteur public canadien, quand il est question d’avantages sociaux dans le milieu agricole, il est important de tenir compte de l’offre destinée à la main-d’œuvre étrangère. Le recrutement de travailleuses et de travailleurs étrangers et saisonniers est courant au Canada. Il permet aux employeurs de remplir leur mission et leur confère souvent l’avantage concurrentiel requis pour fournir des services et des produits, et mener à bien des projets. C’est notamment le cas quand un poste demeure vacant pendant une longue période, ou qu’il est difficile de recruter de la main-d’œuvre locale.

Pour un employeur, prendre en compte toutes les mesures raisonnables pour garantir que ses équipes bénéficient des aménagements nécessaires est appelé « devoir de diligence » et permet de veiller à ce que les personnes nouvellement embauchées puissent s’acquitter de leurs fonctions. Pour les personnes impatriées (celles qui détiennent un visa de travail, par exemple), comprendre le système de soins de santé à payeur unique du Canada peut s’avérer une tâche ardue qui engendre un stress inutile. Dans un pareil cas, le devoir de diligence peut inclure d’aider les gens à s’intégrer à une nouvelle culture, une nouvelle société et un nouveau système de soins de santé, pour mieux s’y retrouver.

Il est impératif de comprendre dans quelle mesure la main-d’œuvre étrangère s’intègre au sein du système de soins de santé provincial et de connaître les réponses aux questions telles que :

  • La personne est-elle admissible au système de soins de santé provincial?

  • Quels sont les critères?

  • Y a-t-il une période d’attente?

  • Comment puis-je m’assurer que la personne bénéficie d’une couverture suffisante pour éliminer le risque d’une réclamation désastreuse et la responsabilité financière qui en découle?

Bien que les exigences varient d’une province à l’autre, les travailleuses et les travailleurs étrangers titulaires d’un permis de travail valide peuvent être admissibles à un régime provincial d’assurance maladie, comme le Medical Services Insurance (MSI) en Nouvelle-Écosse et l’Assurance-santé de l’Ontario (RASO) en Ontario.

L’admissibilité dépend de ce qui suit :

  • la durée de validité du permis de travail;

  • la durée de la présence physique consécutive d’une employée ou d’un employé dans la province;

  • le statut d’emploi à temps plein depuis au moins six mois.

Une fois que la demande d’adhésion à un régime d’assurance maladie provincial d’une employée ou d’un employé étranger est approuvée, l’entrée en vigueur de la couverture peut prendre jusqu’à trois mois. Pendant cette période d’attente, les personnes sans couverture d’assurance privée temporaire en remplacement du régime provincial s’exposent à des réclamations importantes et coûteuses au titre de frais médicaux. Une telle situation peut représenter un risque grave pour les employeurs, tant sur le plan financier que par rapport à leur obligation envers le devoir de diligence.

Il est essentiel d’expliquer à vos équipes comment utiliser leur nouveau régime d’assurance maladie gouvernemental ou la couverture de remplacement au régime provincial, et de préciser comment elles s’intègrent au programme d’avantages de votre organisation, le cas échéant.

Offrir une couverture d’assurance n’est utile que si les informations et les connaissances nécessaires sont transmises aux membres du personnel.

Parfois, la petite taille d’une exploitation agricole et de son équipe ne justifie pas la mise en place d’un régime collectif d’avantages sociaux. Si c’est le cas de votre entreprise, sachez qu’il existe de nombreux avantages non financiers intéressants que vous pourriez offrir. Ce faisant, vous pourriez renforcer l’attrait de votre exploitation et permettre aux personnes qui travaillent déjà pour vous de se sentir valorisées. Les employeurs peuvent offrir chaque année des cadeaux non monétaires d’une juste valeur marchande pouvant atteindre jusqu’à 500 $, à condition qu’ils ne soient pas imposables. Parmi ces avantages, citons :

  • l’accès à un atelier mécanique en dehors des heures d’ouverture pour la réparation et la maintenance de véhicules privés;

  • des barbecues ou des dîners et soupers des Fêtes pour le personnel (offerts par l’employeur et d’un coût maximal de 100 $ par personne);

  • des produits promotionnels (de la viande ou des fruits et légumes frais);

  • des horaires flexibles adaptés aux familles et aux personnes aux études;

  • un simple « merci » pour un travail bien fait.

Certains avantages peuvent être imposables; pensez-y avant de proposer :

  • une pension complète, l’hébergement, un logement gratuit ou une habitation à loyer modique;

  • des billets pour assister à des événement sportifs ou des spectacles;

  • l’utilisation d’un véhicule de l’employeur à des fins personnelles;

  • le règlement des coûts de formation suivie à des fins personnelles et non professionnelles;

  • les cotisations d’assurance collective versées par l’employeur;

  • l’abonnement à un centre de loisirs, une salle de sport, un terrain de golf, etc.;

  • un laissez-passer de transport en commun.

Article par : Kim Shepperd

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