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Comment les couples d’agriculteurs peuvent rester heureux en travaillant ensemble

  • 5 min de lecture

Pour réduire la propagation de la COVID‑19, les bureaux ont dû fermer temporairement et faire place au télétravail. Ainsi, plusieurs font maintenant l’expérience de ce que beaucoup d’agriculteurs connaissent déjà, soit de travailler avec son conjoint ou sa conjointe. Mais les agriculteurs, comme tout le monde, peuvent facilement négliger la santé de leur relation conjugale, laquelle pourrait avoir besoin d’être entretenue dans une certaine mesure (en anglais seulement).

« Les éléments qui ne figurent pas sur notre bilan sont notre santé et celle de nos relations », indique Sean Brotherson, professeur et spécialiste en sciences de la famille élargie de l’Université de l’État du Dakota du Nord. « Il s’agit d’une priorité peu coûteuse, mais de la plus haute importance. »

Si une relation tourne au vinaigre, cela risque grandement d’entraîner un impact négatif sur la réussite de votre exploitation agricole. Toutefois, un couple attend en moyenne six ans avant d’aller consulter, fait remarquer Merel Voth, conseillère et partenaire d’une chèvrerie en Colombie-Britannique avec son mari Barrie.

Prendre le pouls de la relation

« Certains couples préfèrent prendre le pouls de leur relation conjugale au quotidien, comme ils le font lorsqu’ils consultent les statistiques de la ferme, par exemple, comme dans une grande laiterie », affirme Mme Voth. « D’autres y parviennent en le faisant moins souvent. »

Mme Voth suggère également aux couples de discuter de leur couple en effectuant une analyse FFPM qui permet d’évaluer les forces, les faiblesses, les possibilités et les menaces.

  • Quelles sont les forces et les faiblesses du couple?
  • Qu’espérons-nous du couple pour la prochaine année ou que voyons-nous comme possibilités?
  • Est-il possible de repérer les menaces, et de quelle façon pouvons-nous les minimiser?

Les sources de stress

M. Brotherson mentionne que les agriculteurs ont tendance à vivre de manière indépendante, notamment lorsque les exploitations agricoles doivent faire face à des risques extérieurs imprévus comme de nouveaux ravageurs, des enjeux commerciaux, la maladie ou le climat d’incertitude actuel engendré par la pandémie de la COVID‑19. Le stress peut également survenir dans le cadre de l’exploitation d’une entreprise traditionnelle, lorsque des années de propriété familiale reposent sur les épaules de la génération actuelle.

Parmi les signes de stress dans une relation se trouvent la recherche de querelles, l’insatisfaction et les difficultés de communication.

« L’identité d’un producteur est souvent indissociable de l’exploitation agricole, conditionnée par un besoin inné de cultiver », ajoute M. Brotherson.

Parmi les signes de stress à surveiller dans une relation se trouvent la recherche de querelles, l’insatisfaction et les difficultés de communication.

Communiquez avec votre partenaire

Mme Voth souligne que dans une nouvelle relation, il y a tout un processus de création de liens qui passe par le fait d’apprendre à se connaître l’un l’autre. Pour un couple de longue date, passer des heures à travailler ensemble ne se traduit pas nécessairement par un lien significatif.

Elle ajoute qu’il est facile de tenir pour acquis que l’on connaît bien son partenaire. Lorsque cessent les discussions propres à une nouvelle relation, comme la révélation d’informations intimes, il s’avère plus facile de perdre le sentiment de connexion avec son partenaire.

Posez des questions, tout simplement

« Souvent, dans un couple, on doit apprendre à rechercher le point de vue de l’autre, à énoncer ses besoins de manière à ce que son partenaire puisse entendre la demande sans se sentir sur la défensive », fait valoir Mme Voth.

Elle constate souvent auprès des couples occupés une tendance à se retirer de la relation, ce qui crée un risque d’étioler l’amitié et l’amour.

Gérez les conflits plutôt que de tenter de les résoudre

Mme Voth affirme que, selon des recherches, 69 % de la majorité des conflits relationnels portent sur des questions perpétuelles jamais résolues.

Elle recommande d’encadrer ces discussions avec son partenaire en s’appuyant sur le modèle « compléter l’énoncé » : Je me sens (___). J’ai besoin de (___) par (___).

Par exemple, utilisez des phrases comme :

Je me sens frustré. Je veux examiner le budget de notre exploitation agricole chaque mois plutôt qu’à l’occasion, et j’ai besoin que cela soit mis en œuvre dès la semaine prochaine. 

Plutôt que d’utiliser des formules comme :

J’ai le sentiment que tu n’es jamais disposé à parler de nos finances.

En orientant le début d’une discussion à l’aide de ce modèle, il est fort probable que votre partenaire se sente moins sur la défensive, et cela se traduira par une communication plus fructueuse, ajoute la conseillère.

Concentrez-vous sur les choses positives

Mme Voth recommande d’instaurer une culture de reconnaissance. Gardez à l’esprit les qualités positives de votre partenaire, et faites preuve de gratitude envers ses bonnes actions. 

Par exemple, soyez reconnaissant que votre partenaire prépare le café chaque matin, plutôt que de vous concentrer sur le fait qu’il ne fait jamais le lit.

« Tenez compte de la façon dont vous parlez à votre conjoint », mentionne Julie Walkinshaw, spécialiste relationnelle de la Colombie-Britannique.

Il peut être agréable d’avoir toujours le dernier mot ou de remporter la discussion, mais cela est nuisible à la relation, ajoute-t-elle. 

Efforcez-vous plutôt d’avoir des conversations au cours desquelles vous reformulez les commentaires de votre partenaire pour vérifier que vous avez bien compris, par exemple : « Je t’ai entendu dire… Est-ce bien cela que tu voulais dire? ».

Mme Walkinshaw ajoute que les meilleurs énoncés sont ceux qui commencent par les mots « J’ai le sentiment », car cela ouvre une fenêtre sur l’âme et le cœur du locuteur, et personne ne peut s’opposer à cela.

En conclusion

Une relation saine devrait être une priorité peu coûteuse, mais de la plus haute importance dans le cadre de la gestion d’une exploitation agricole, notamment lorsqu’un couple travaille côte à côte tous les jours. Les experts recommandent d’effectuer une analyse FFPM pour aborder la relation. Par ailleurs, surveillez les signes de stress comme la recherche de querelles, l’insatisfaction et les difficultés de communication. Enfin, instaurez une culture d’appréciation et continuez de garder les voies de communication ouvertes.

Article par : Myrna Stark Leader