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Aider vos employés agricoles à gérer leur santé mentale

  • 4 min de lecture

Tout le monde peut éprouver des problèmes de santé mentale, y compris les employés agricoles. Lorsque les exploitants et gestionnaires agricoles offrent du soutien à leurs employés dans les moments difficiles, cela peut avoir un effet positif non seulement sur le personnel, mais aussi sur l’entreprise.

Même dans un contexte où le monde apprend à gérer le stress et l’anxiété découlant de la pandémie de COVID-19, les gestionnaires agricoles ont toujours la possibilité d’offrir de l'aide à leurs employés.

C’est difficile de poser des questions, mais n’hésitez pas

Adelle Stewart est directrice générale de la fondation Do More Agriculture, un organisme de bienfaisance national qui offre des ressources en santé mentale et en fait la promotion auprès du secteur agricole canadien.

Une diminution du rendement des employés peut signaler des problèmes de santé mentale.

Selon elle, une diminution du rendement des employés peut signaler des problèmes de santé mentale – ou un autre problème – et les exploitants agricoles peuvent amorcer la conversation en procédant par « élimination », c’est-à-dire, en écartant d’abord la possibilité que l’employé éprouve des souffrances psychologiques avant de tenter de corriger son rendement par d’autres moyens.

« Sans trop entrer dans les détails, ayez une conversation qui repose sur des faits, conseille Mme Stewart. Abordez les préoccupations de l’employé et dites-lui que vous pouvez essayer de l’aider en cas de problème. »

Elle ajoute que la décision de recourir à des ressources médicales appartient à chaque personne qui souffre de problèmes de santé mentale.

« Ce n’est pas aux employeurs de déterminer les soins médicaux à prodiguer. Évitez les "tu devrais...". Contentez-vous de leur demander si vous pouvez les aider et de les orienter vers des ressources appropriées. Vous pourriez tout simplement leur suggérer de consulter le site Web de Do More Agriculture. »

La proactivité est bonne pour les affaires

Anne, céréalicultrice et grande éleveuse de bovins en Saskatchewan, sait ce que c’est que d’avoir des employés aux prises avec des problèmes de santé mentale. Afin de protéger l’identité de ses employés, elle a demandé à ce que seul son prénom soit utilisé.

Elle raconte que, bien qu’il puisse être difficile et intimidant en tant qu’employeur d’aborder le sujet de la santé mentale, le fait d’en parler – et de prendre le temps d’écouter si les employés prennent eux-mêmes l’initiative d’en parler – s’est révélé très utile à sa ferme. Toutefois, en tant qu’exploitante agricole, elle a l’impression de paver la voie.

« Cette conversation est toute nouvelle pour nous, affirme Anne. Ce ne sont pas tous les membres de notre équipe de gestion qui sont à l’aise d’en parler. »

Elle ajoute que le fait de comprendre les répercussions de la santé mentale des employés sur l’entreprise met en lumière l’importance de recevoir de l’aide.

« J’ai l’impression que beaucoup d’agriculteurs se concentrent encore sur les tâches quotidiennes, soutient-elle. Il faut convaincre les agriculteurs que ça vaut la peine d’y consacrer de leur temps. »

Il n’y a pas de mal à être mal à l’aise

Mme Stewart reconnaît que le simple fait d’interroger un employé au sujet de son bien-être mental peut être très stressant pour certains agriculteurs. Elle rappelle qu’il n’y a pas de mal à être mal à l’aise, et assure qu’on peut se préparer à la conversation en tenant compte de ses propres limites.

Mme Stewart explique que la fondation Do More Agriculture offre des ateliers visant précisément à aider les agriculteurs à préparer et amorcer des conversations tout en respectant les limites dans lesquelles ils sont à l’aise et en abordant des stratégies pour prendre soin de soi. Mme Stewart ajoute que former les agriculteurs sur les moyens de prendre soin d'eux-mêmes signifie aussi leur enseigner à se pardonner de ne pas avoir eu une première conversation parfaite.

« Il s’agit de savoir qu’on n’est pas seul lorsqu’on se sent bizarre d’avoir cette conversation pour la première fois, précise-t-elle. Les agriculteurs doivent savoir se pardonner aussi. »

Les aspects complexes de la crise de la COVID-19 peuvent exacerber les problèmes de santé mentale, mais Mme Stewart estime que les approches fondamentales en matière de santé mentale demeurent les mêmes. Le virus ne fait qu’ajouter une autre couche au problème.

« La crise de la COVID-19 souligne l’importance de ce que nous défendons, mais à la base, nos tactiques ne changent pas », affirme Mme Stewart.

En conclusion

Une diminution de la productivité du personnel peut avoir d’importantes répercussions sur une exploitation agricole, mais elle peut aussi être le signe qu’un des employés souffre de problèmes de santé mentale. Prenez des nouvelles de vos employés, parlez de leurs préoccupations et montrez-leur que du soutien s’offre à eux en les orientant vers des ressources en santé mentale comme la fondation Do More Agriculture. Parallèlement, les gestionnaires d’exploitations agricoles devraient prendre conscience de leurs propres limites lorsqu’il s’agit d’avoir des conversations difficiles et savoir qu’il n’y a pas de mal à être mal à l’aise.

Article par : Matt McIntosh