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Veiller au bien-être de nos enfants

6 min de lecture
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La vie à la ferme offre aux enfants la chance de grandir au contact de la nature et de développer leur sens des responsabilités; mais ce mode de vie peut aussi représenter un lourd fardeau émotionnel pour de jeunes épaules. Cependant, vous pouvez aider vos enfants à prendre soin de leur bien‑être de manière saine et bienveillante.

« La culture en agriculture est empreinte d’un stoïcisme incroyable; on accomplit les tâches même quand on est malade, on s’assure que tout est bien géré », explique la conseillère Tammy Thielman, M.S.S. Cette même détermination qui permet aux entreprises de fonctionner pendant de longues heures et sous la pression financière peut également mener les familles à absorber le stress ou à mal le gérer, influençant ainsi la manière dont les enfants apprennent à supporter la pression.

Basée à Salmon Arm, en Colombie-Britannique, où elle et sa famille élèvent des moutons, des chevaux et des poulets, Mme Thielman vient en aide aux enfants, aux jeunes, aux parents et aux familles.

Chez les enfants, les pensées se manifestent souvent par un comportement plutôt que par des mots. 

Elle rencontre des enfants qui adorent la ferme et d’autres qui s’y sentent moins à l’aise, et ajoute que les problèmes de santé mentale peuvent être causés par des événements comme un conflit familial, un divorce ou un changement de propriété.

À la ferme, les enfants sont souvent témoins des hauts et des bas de la météo, des marchés ou de la production. Ces incertitudes peuvent se répercuter sur la famille et affecter le sentiment de sécurité.

« L’effet boule de neige peut aussi entrer en jeu. Les enfants observent beaucoup et sont très sensibles à ce qui se passe autour d’eux. En leur donnant des outils pour gérer ces expériences, on les aide à développer leur capacité d’adaptation. Ce sont de petits êtres qui réfléchissent et ressentent intensément, ce qui représente beaucoup pour un jeune système nerveux », explique Mme Thielman.

Observez les enfants

À l’âge adulte, nous faisons preuve de logique; mais chez les enfants, les pensées se manifestent souvent par un comportement plutôt que par des mots.

« Les enfants vivent dans l’émotion. Il m’arrive d’accompagner des jeunes qui sont vraiment tristes ou en colère, ou qui affichent une joie excessive, tentant ainsi de masquer leurs sentiments », dit Mme Thielman.

Parmi les signes avant-coureurs, notons l’agressivité, l’inquiétude, la tristesse, le désintérêt pour les activités, les mauvais résultats scolaires, la crispation, l’isolement, les troubles du sommeil ou de l’appétit, la fatigue et les maux de tête.

« J’ai vu des enfants de cinq ans se plaindre de maux de dos », ajoute-t-elle. Ces symptômes peuvent être liés au stress et doivent être évalués par un professionnel de la santé.

À l’adolescence, les jeunes peuvent vous repousser ou montrer de la méchanceté, mais selon Mme Thielman, les parents et les personnes qui encadrent ces jeunes restent les meilleurs baromètres.

« Écoutez vos instincts. Si vous sentez que quelque chose cloche, tentez de comprendre ce qui se passe. Des prestataires de soins responsables vous diront si aucune intervention n’est jugée nécessaire », dit-elle.

Être à l’écoute n’est pas seulement une bonne façon d’élever les enfants, cela fait partie d’un solide leadership à la ferme. Les familles qui communiquent ouvertement prennent des décisions d’affaires et de succession plus éclairées parce qu’elles s’appuient sur la confiance et la sécurité émotionnelle.

De petites actions régulières ont une grande incidence

Même pendant les saisons les plus chargées, des moments de connexion et d’ouverture peuvent aider les enfants à se sentir en sécurité et soutenus. L’enseignement du langage émotionnel est l’une des meilleures mesures préventives.

« Donnez-leur accès à certains des sentiments que vous éprouvez : frustration, tristesse ou confusion. Le fait de nommer les émotions montre que nous sommes des personnes qui pensent et qui ressentent. »

L’agriculture regorge de moments propices à l’apprentissage : déception à la suite d’une mauvaise récolte, soulagement lorsque l’équipement fonctionne ou gratitude après une bonne journée. Le simple fait d’articuler ces réflexions aide les enfants à comprendre que les émotions font partie intégrante de la gestion des personnes et de la production.

Vous pouvez aussi lire ensemble de courts textes sur les émotions. « Même les livres d’images ouvrent la porte à la discussion. Nous n’atteignons pas toujours la perfection en tant que parents ou spécialistes, mais les enfants sentent que nous faisons un effort, et que nous nous soucions de leur bien-être. »

Mme Thielman nous met en garde contre le risque de voir les enfants se refermer si l’on pose trop de questions. Encouragez les jeunes enfants à exprimer leurs sentiments par le dessin. Elle utilise souvent des émoticônes pour entamer des conversations.

La routine et la stabilité à la maison procurent un sentiment de sécurité. L’interaction sociale avec les pairs joue aussi un rôle déterminant.

« Il arrive à tout le monde d’avoir besoin d’un peu plus de soutien, dit Mme Thielman. Quand nous montrons que nous prenons soin de notre santé mentale comme nous le ferions pour une entorse, nous apprenons aux enfants que la santé mentale fait simplement partie intégrante de leur bien-être. »

Cet état d’esprit renforce également la résilience de l’entreprise : des cadres en bonne santé prennent des décisions plus stables et créent des lieux de travail (même familiaux), où les autres peuvent s’épanouir.

Intervenez tôt

Un soutien précoce génère de meilleurs résultats. Trouver le bon prestataire de soins prend du temps, il faut donc s’y prendre tôt. Recherchez des spécialistes-conseils, des psychiatres ou des psychologues dont les compétences sont reconnues et qui sont membres d’un ordre professionnel.

« N’hésitez pas à affirmer vos besoins, dit-elle. Faites valoir vos propres intérêts et ceux de votre enfant. C’est aussi le rôle de plusieurs spécialistes : nous aider à nous orienter dans le système. »

Les parents sont le plus grand soutien des enfants, mais on ne peut pas leur demander d’agir en thérapeutes.

« Dans les limites de la confidentialité, les proches responsables ont le droit de savoir comment se déroulent les séances, dit Mme Thielman. Les parents sont souvent les premiers à remarquer un problème – et à constater les progrès. »

Dans les exploitations agricoles, où la famille et l’entreprise se chevauchent, le soutien précoce n’a pas uniquement des retombées personnelles, mais aussi pratiques. Le bien-être renforce la communication et le travail d’équipe, ce qui permet à la prochaine génération d’être prête à s’épanouir sur le plan émotionnel.

Aidez votre enfant à développer sa force et sa stabilité émotionnelles

  • Nommez vos sentiments. « Je ressens de la frustration en ce moment, mais ça va passer. » Les enfants apprennent le langage émotionnel auprès d’adultes de confiance.

  • Lisez aux enfants des livres sur les émotions. Cela ouvre la voie à la discussion, même avec les tout-petits.

  • Maintenez une routine stable. La prévisibilité aide les enfants à se sentir en sécurité.

  • Créez des liens réguliers. Un suivi rapide, une activité commune ou un câlin spontané peuvent avoir un effet significatif.

  • Parlez de la santé mentale comme de la santé physique. Tout est interrelié.

  • Évitez de suivre les tendances de la « psycho pop » ou des médias sociaux non réglementés. Il n’y a pas de solution miracle.

  • Normalisez le fait de demander de l’aide. Laissez les enfants vous voir demander de l’aide – c’est une preuve de force et non de faiblesse.

D’après un article de l’AgriSuccès par Myrna Stark Leader