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Valeur des terres agricoles en 2020 – un marché solide et stable porté par l’optimisme

  • 16 mars 2021
  • 5 min de lecture

La pandémie de COVID-19 a apporté son lot de difficultés économiques en 2020. Malgré l’instabilité économique, le marché des terres agricoles est demeuré robuste. Selon FAC, la valeur des terres agricoles a crû en moyenne de 5,4 % en 2020 au Canada.

Le rapport Valeur des terres agricoles de FAC fournit un aperçu de l’évolution de la valeur des terres agricoles dans les différentes régions du Canada. La forte demande de terres agricoles s’explique par deux principaux facteurs :

  1. Les recettes monétaires agricoles ont augmenté parallèlement à la hausse des prix des céréales, des oléagineux et des légumineuses pendant la deuxième moitié de l’année 2020 (figure 1). Une hausse de la production et des livraisons en 2020 a également contribué à l’augmentation de 18,2 % des recettes monétaires pour les céréales, les oléagineux et les légumineuses, selon Statistique Canada. Des revenus plus élevés alimentent l’optimisme et soutiennent les marchés de l’immobilier et des terres agricoles.

Figure 1. Prix moyens du canola et du blé de la Saskatchewan et du maïs de l’Ontario

Graphique montrant les prix moyens du canola et du blé de la Saskatchewan et du maïs de l’Ontario.

Source : Grain Farmers of Ontario, ministère de l’Agriculture de la Saskatchewan.

  1. Les taux d’intérêt ont atteint des creux historiques en 2020 en raison de la crise économique, ce qui a entraîné une baisse des coûts d’emprunt (figure 2).

Figure 2. Coûts d’emprunt moyens des entreprises

Graphique montrant les coûts d’emprunt moyens des entreprises.

Source : Banque du Canada.

Tendances provinciales des valeurs des terres agricoles

La hausse de la valeur moyenne des terres agricoles en 2020 (tableau 1) était comparable à celle de l’année précédente (5,4 % comparativement à 5,2 %). Les plus importantes hausses provinciales ont été observées en Colombie-Britannique et au Québec, où elles se sont chiffrées à 8 % et 7,3 %, respectivement. L’Alberta s’est classée au troisième rang avec une hausse de 6 %, suivie de la Saskatchewan où la hausse a reflété la moyenne nationale de 5,4 %. Le Manitoba et l’Ontario ont tous deux affiché des hausses inférieures à la moyenne nationale, soit des augmentations respectives de 3,6 % et de 4,7 %.

En 2020, les provinces Atlantiques ont enregistré les plus faibles hausses de la valeur de leurs terres agricoles. La hausse moyenne était de 2,3 % à l’Île-du-Prince-Édouard, de 1,6 % en Nouvelle-Écosse, et de 1,3 % au Nouveau-Brunswick. Ces hausses font suite aux augmentations plus marquées en 2019.

Tableau 1. Hausses de la valeur moyenne des terres agricoles en 2020

Provinces Variation en pourcentage
pour 2020
C.-B. 8,0 %
Alb. 6,0 %
Sask. 5,4 %
Man. 3,6 %
Ont. 4,7 %
Qc 7,3 %
N.-B. 1,3 %
N.-É. 1,6 %
Î.-P.-É. 2,3 %
T.-N.-L. S.O.
Canada 5,4 %

Source : Calculs de FAC.

Tendances régionales

Le marché des terres agricoles dans les provinces Atlantiques semble se stabiliser. L’activité du marché était limitée dans cette région, mais la demande demeure robuste. La pandémie a perturbé le secteur de la pomme de terre, mais la demande de terres propices à cette culture est demeurée stable.

La seconde plus importante hausse provinciale de la valeur des terres agricoles a été enregistrée au Québec, où elle s’est chiffrée à 7,3 %. La plus forte hausse de la valeur moyenne des terres agricoles a été observée dans la région de l’Estrie, qui a connu une hausse de 32,4 %, suivie des régions du Saguenay–Lac-Saint-Jean et du Bas-Saint-Laurent, avec des augmentations respectives de 19,5 % et de 18,1 %. Ces fortes hausses s’expliquent soit par la faiblesse de la valeur des terres agricoles dans ces régions, soit parce qu’il y a eu peu d’activités au sein du marché au cours des dernières années.

En Ontario, la valeur moyenne des terres agricoles a crû de 4,7 % en 2020, comparativement à une hausse de 6,7 % en 2019. Dans plusieurs régions, les terres agricoles ont pris de la valeur en raison de la forte demande et de l’offre limitée des terres disponibles alors que dans d’autres, elles ont simplement maintenu leur valeur. Les grandes exploitations intensives des secteurs soumis à la gestion de l’offre, les producteurs de grandes cultures et les agriculteurs à temps partiel ont contribué à la hausse de la valeur des terres en stimulant la demande.

Les valeurs des terres agricoles au Manitoba ont augmenté en moyenne de 3,6 % en 2020, tout comme l’augmentation observée en 2019 (4 %). Les conditions de croissance difficiles ont eu un impact sur les recettes. Pour la première fois, le rapport Valeur des terres agricoles de FAC comprend des statistiques distinctes pour les terres irriguées. Il fait état d’une hausse de 4,6 % de la valeur moyenne des terres irriguées de la région des Plaines centrales–vallée de la Pembina et de la région de Westman.

Les hausses les plus importantes de la valeur moyenne des terres agricoles en Saskatchewan sont survenues dans les régions du Centre-Ouest et du Nord-Est avec respectivement 9,1 % et 9 %. La forte demande de terres de bonne qualité dans certaines localités de ces régions est à l’origine de l’augmentation, tandis que l’intérêt pour les terres de moindre qualité est demeuré stable.

En Alberta, la valeur des terres agricoles a progressé à un rythme plus soutenu en 2020 (6 % comparativement à 3,3 % en 2019). L’amélioration des conditions de croissance et de récolte, ainsi que le volume important des livraisons ont entraîné une hausse plus marquée que celles des dernières années. La région du Sud, qui compte de nombreuses installations de transformation de la pomme de terre, a affiché la plus faible augmentation de la valeur moyenne des terres cultivées en 2020 avec 2,9 %, tandis que les terres irriguées de cette région ont augmenté de 7,6 %.

Enfin, la plus forte augmentation de la valeur des terres agricoles a été observée en Colombie‑Britannique où la hausse moyenne s’est chiffrée à 8,2 %. La région de Kootenay a enregistré la tendance haussière la plus importante de la province. Comme d’habitude, l’activité régionale du marché a varié un peu partout dans la province.

En conclusion

La pandémie a engendré de nombreuses incertitudes économiques. Jusqu’à présent, aucun des facteurs économiques ne semble avoir un effet négatif sur le marché des terres agricoles. La valeur des terres continue de grimper à mesure que les producteurs mettent en œuvre leur plan d’affaires stratégique. La semaine prochaine, nous jetterons un coup d’œil aux tendances historiques des valeurs des terres agricoles par rapport aux revenus agricoles et aux taux d’intérêt.  


Lyne Michaud, É.A., analyste, veille stratégique, Évaluation