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Mise à jour des perspectives de 2021 pour le secteur laitier : des vents contraires attendus en raison de la flambée des prix des céréales

  • 11 mai 2021
  • 4,5 min de lecture

Cet article est la première mise à jour trimestrielle de nos perspectives de 2021 pour le secteur laitier publiées en janvier. La semaine dernière, nous avons mis à jour nos perspectives pour les céréales, les oléagineux et les légumineuses, et au cours des trois prochaines semaines, nous mettrons à jour les perspectives pour le bœuf et le porc et pour le poulet à griller.

Depuis janvier, nos projections de rentabilité se sont assombries tant pour les provinces du P5 que pour celles de la Mise en commun du lait de l’Ouest (MCLO). D’un côté, les revenus réalisés pour le premier trimestre de l’année ont dépassé nos prévisions de janvier. Par conséquent, les revenus bruts à l’hectolitre des fermes laitières devraient maintenant augmenter de 3,7 % par rapport à 2020. D’un autre côté, nous avons dû revoir nos projections de coûts à la hausse en raison de la flambée persistante des prix des céréales.

Le tableau 1 présente une comparaison entre nos prévisions de revenus de janvier et celles de mai. Les indices du coût des aliments pour animaux montrent comment la forte hausse des coûts des céréales nous a contraints à réviser nos prévisions des coûts des aliments pour animaux de janvier.

Tableau 1 : Estimations des revenus moyens des exploitations laitières et indices du coût de l’alimentation

  Prévisions de janvier pour 2021 Résultats réels T1* 2021 Prévisions T2-T4 2021 Prévision de mai pour 2021
P5 Revenus bruts ($/hl) 81,78 83,46 83,06 83,16
Indice du coût des aliments pour animaux 100 103,6 108,8 107,5
MCLO Revenus bruts ($/hl) 82,69 84,57 84,67 84,64
Indice du coût des aliments pour animaux 100 102,2 107,8 106,4

* Les données de mars n’étant pas encore publiées, nous les avons estimées.

Source : Les projections des coûts des aliments pour animaux de FAC s’appuient sur le tableau 18-10-0266 de Statistique Canada. Les revenus bruts sont calculés à partir des données du Gouvernement de l’Alberta, des Dairy Farmers of Ontario, de Statistique Canada et de l’USDA. Les calculs pour les revenus bruts excluent la prime à la matière grasse butyrique et les pénalités pour production hors quota.

Comme l’indiquent nos récentes prévisions pour 2021, nous anticipons une croissance de 6 % des recettes monétaires de la production laitière, laquelle est soutenue par la hausse de 3,4 % du prix moyen du lait établie par Statistique Canada ainsi que par l’augmentation de 2,5 % de la production. La hausse du prix du lait concorde avec l’augmentation de 3,7 % des revenus bruts indiquée dans le tableau 1.

Notre prévision pour la production suit la tendance de la production canadienne de lait (figure 1). L’année dernière, le P5 et la MCLO ont pris des mesures de réduction de production au début de la pandémie en réponse à la baisse de la consommation. Puis, à l’automne, les provinces des deux mises en commun ont intensifié la production en annonçant des jours d’incitatifs et en augmentant les quotas de production. Le P5 a augmenté les quotas de 1 % le 1er avril et les relèvera à nouveau de 1,5 % le 1er juin. Compte tenu de la réouverture attendue de l’économie pendant la seconde moitié de l’année, la croissance de la production devrait suivre la tendance qu’elle suivait au cours des dix dernières années.

Figure 1 : Production laitière au Canada

Graphique montrant la production laitière au Canada.

Source : Prévision de FAC basée sur le tableau 32-10-0113 de Statistique Canada montrant la production historique.

Exportations de poudre de lait écrémé et de concentrés de protéines de lait

Les exportations totales de poudre de lait écrémé et de concentrés de protéines de lait se chiffrent à un peu plus de 22 000 tonnes métriques au début de mai. L’année laitière se terminant dans moins de trois mois, le quota d’exportation de 35 000 tonnes métriques en vertu de l’ACEUM ne sera pas atteint. Cela indique que le secteur trouve des moyens d’ajouter de la valeur aux solides non gras au Canada, ce qui diminue l’impact du quota d’exportation sur les prix à la production.

Réouverture des services alimentaires

La réouverture des services alimentaires est essentielle à la remontée de la demande aux niveaux d’avant la pandémie. La recrudescence récente des cas de COVID-19 a forcé les autorités à resserrer les mesures sanitaires au premier trimestre de 2021 et au début du deuxième trimestre. La distribution de vaccins devrait rendre la réouverture des services alimentaires possible pendant la seconde moitié de l’année, ce qui stimulera la demande de produits laitiers.

Prix des produits laitiers aux États-Unis

Le prix de la poudre de lait écrémé pendant le premier trimestre de 2021 était de 1,15 $ US/lb, en hausse de 0,04 $ US/lb par rapport au quatrième trimestre de 2020. Dans son plus récent rapport WASDE, l’USDA (en anglais seulement) a revu sa prévision du prix moyen de la poudre de lait écrémé aux États-Unis en 2021 à 1,160 $ US/lb, en hausse de 5 % par rapport à sa prévision de janvier. Le prix minimal du lait de la classe 4a est déterminé en fonction du prix de la poudre de lait écrémé aux États-Unis, mais il n’a pas suivi la même tendance en raison de l’appréciation du dollar canadien par rapport au dollar américain.

Surveillez notre blogue pour des mises à jour régulières de ces perspectives 2021 pour le secteur laitier, ainsi que pour nos perspectives pour les secteurs des céréales, des oléagineux et des légumineuses, du bœuf et du porc, du poulet à griller et de la transformation des aliments.


Sébastien Pouliot
Économiste supérieur

Sébastien Pouliot est économiste agricole principal à Financement agricole Canada. Avant de se joindre à FAC en 2019, M. Pouliot était professeur agrégé d’économie à la Iowa State University. Il est aussi intervenu à titre d’expert dans le cadre de différends commerciaux à l’Organisation mondiale du commerce; il a notamment appuyé le Canada et le Mexique lorsque ces deux pays se sont opposés à la politique américaine d’étiquetage du pays d’origine (ÉPO) sur les produits de bœuf et de porc. M. Pouliot détient un doctorat en économie agricole et des ressources de la University of California, à Davis, et il a été rédacteur en chef de la Revue canadienne d’agroéconomie de 2016 à 2019.

@PouliotSeb