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La croissance de la dette agricole a ralenti en 2020, si bien qu’elle était inférieure à la croissance du revenu agricole

  • 08 juin 2021
  • 3 min de lecture

La dette agricole en cours au Canada a continué d’augmenter en 2020, propulsée par les investissements des agriculteurs dans les terres, les bâtiments et l’équipement. La dette agricole globale a grimpé de 5,9 % pour atteindre 121,9 milliards de dollars (figure 1). Ce taux représente la plus faible augmentation depuis 2014 et il est inférieur à la moyenne sur dix ans, qui est de 6,5 %.

Figure 1. Croissance de la dette agricole canadienne

Source : Statistique Canada.

La forte demande de produits agricoles de base, notamment des céréales et des oléagineux, ainsi que les occasions accrues de livraison ont soutenu une hausse du revenu agricole de 8,1 %, surpassant la croissance de la dette agricole pour la première fois en six ans.

Par conséquent, la situation financière globale de l’agriculture canadienne s’est légèrement améliorée et le secteur agricole est mieux placé pour assurer le service annuel de la dette et effectuer ses paiements d’intérêts, notamment les coûts de propriété des terres agricoles. Notons toutefois que la situation n’est pas constante dans tous les secteurs et toutes les régions de l’agriculture canadienne. Par exemple, les revenus du secteur du bétail ont diminué de près de 1 % en 2020.

Nous prévoyons que le revenu agricole atteindra un niveau record en 2021 et qu’il dépassera la hausse prévue de la dette agricole en cours, qui devrait se situer autour de 6 % en 2021. Toutefois, les conditions actuelles de sécheresse, les coûts élevés de construction et d’autres facteurs économiques pourraient avoir une incidence sur les prévisions concernant le revenu et la dette.

La gestion du fonds de roulement et la dette agricole demeurent une priorité

Le taux de financement à un jour de la Banque du Canada (BdC) devrait être maintenu à 25 points de base tout au long de 2021. La reprise économique semble prendre de l’élan, aidée par la hausse des taux de vaccination au Canada et ailleurs dans le monde. Selon les prévisions, la BdC augmentera le taux de financement à un jour dans la seconde moitié de 2022 étant donné que l’inflation canadienne est supérieure à 2 %. Toutefois, nous constatons déjà une pression haussière sur les produits à taux d’intérêt fixe suivant l’augmentation des rendements obligataires à long terme en 2021. Il est important de surveiller les décisions de la BdC et les rendements obligataires, puisque le marché obligataire a une incidence prédominante sur les emprunts à taux fixe. Quoi qu’il en soit, les taux d’intérêt devraient grimper à l’avenir, ce qui augmentera les exigences du service de la dette.

Conséquences de taux d’intérêt plus élevés

Le taux d’intérêt effectif pour les entreprises de la BdC est actuellement de 2,29 %, ce qui se traduit par des paiements d’intérêt de 2,8 milliards de dollars pour les agriculteurs. En supposant que la dette ne grossira pas en 2021, il suffirait d’une hausse des taux d’intérêt d’environ 50 points de base (0,5 %) pour ramener les paiements d’intérêt à leurs niveaux de 2019, soit à 3,4 milliards de dollars, selon Statistique Canada. Toutefois, la dette agricole devrait augmenter d’environ 6 % en 2021. Ensemble, une hausse des taux d’intérêt de 50 points de base et une croissance de la dette de 6 % entraîneraient une augmentation des frais d’intérêts de plus de 200 millions de dollars pour les agriculteurs.

Une bonne compréhension du risque financier contribue à améliorer la résilience économique de votre entreprise. Demeurez au courant de l’évolution des taux d’intérêt et des autres tendances macroéconomiques en lisant notre mise à jour trimestrielle sur l’économie et les marchés financiers.


Leigh Anderson
Économiste principal

Leigh Anderson a commencé à travailler à FAC en 2015 en tant qu’économiste agricole principal. Sa spécialité est le suivi et l’analyse du portefeuille de FAC et de la santé de l’agroindustrie ainsi que l’évaluation des risques inhérents à ces activités. Avant d’entrer au service de FAC, il a travaillé à la direction des politiques du ministère de l’Agriculture de la Saskatchewan.
M. Anderson est titulaire d’une maîtrise en économie agricole de l’Université de la Saskatchewan.

@AndersonLeigh3