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L’équipe du Leadership éclairé de FAC explore les possibilités que l’intelligence artificielle offre à l’industrie agricole et agroalimentaire canadienne

27 mai 2026
5,5 min de lecture

Un rapport de Financement agricole Canada, qui sera publié prochainement, laisse entendre que ce sont les facteurs liés à l’écosystème, plutôt que l’accès à la technologie, qui freinent l’adoption de l’intelligence artificielle (IA) dans l’agriculture canadienne.

L’IA n’est plus un concept futuriste pour l’industrie agricole et agroalimentaire. Partout dans le monde, l’IA est déjà utilisée pour optimiser les intrants, gérer les risques, améliorer les rendements, renforcer les chaînes d’approvisionnement et favoriser la résilience des systèmes alimentaires. Pourtant, au Canada, les progrès demeurent inégaux. L’adoption progresse dans certains segments, mais les retombées à l’échelle du système tardent à se manifester.

Le 14 juillet, l’équipe du Leadership éclairé de FAC publiera un nouveau rapport intitulé L’IA dans l’agriculture canadienne : défis actuels et perspectives, qui examinera l’incidence potentielle de l’IA sur l’industrie agricole et agroalimentaire canadienne. Le rapport va au-delà des technologies individuelles pour aborder la manière dont l’IA s’inscrit dans l’écosystème agricole et agroalimentaire élargi qui soutient les producteurs et productrices, les entreprises de transformation, les agroentreprises et les institutions qui les relient.

Dans un contexte où le secteur agricole et agroalimentaire subit des pressions accrues liées à l’instabilité climatique, aux contraintes de main-d’œuvre, à l’incertitude géopolitique et à la hausse des coûts, la question n’est plus de déterminer si l’IA a du potentiel. La question la plus pressante est de savoir si le Canada est en mesure d’exploiter ce potentiel de manière à renforcer sa productivité, sa résilience et sa compétitivité à long terme.

Le Canada dispose de bases solides, mais les progrès sont inégaux

L’industrie agricole canadienne aborde cette nouvelle ère numérique avec des atouts évidents. Le secteur s’appuie sur un système alimentaire reconnu à l’échelle mondiale, une solide base de recherche, une expertise de calibre mondial en matière d’IA et un écosystème de l’innovation agricole et agroalimentaire en pleine expansion. Les propriétaires d’exploitations agricoles au Canada se montrent également disposés à adopter de nouveaux outils lorsqu’ils sont pratiques, éprouvés, fiables et économiquement viables.

Parallèlement, l’adoption de l’IA et d’autres outils numériques dans le secteur agricole et agroalimentaire canadien reste inégale selon les régions, les produits et les étapes de la chaîne de valeur, et accuse un retard par rapport à d’autres secteurs. Si certaines entreprises intègrent des outils d’analyse avancée, d’automatisation et d’aide à la décision, d’autres se heurtent à des obstacles liés à l’infrastructure, aux compétences, aux coûts et à l’incertitude.

Figure 1 : Entreprises ayant déclaré utiliser l’IA au deuxième trimestre de 2025 – Agriculture, foresterie, pêche et chasse par rapport à toutes les autres industries

Graphique à barres horizontales indiquant les taux d’utilisation de l’IA par les entreprises au deuxième trimestre de 2025 : 1,8 % pour l’agriculture, la foresterie, la pêche et la chasse, et 12,2 % pour toutes les autres industries canadiennes.

Ces différences soulèvent des questions importantes. Pourquoi certaines technologies prometteuses progressent-elles rapidement dans certains domaines, mais ont-elles du mal à être déployées à l’échelle du système? Quelles sont les conditions qui permettent aux solutions d’IA de passer de la phase pilote à une utilisation quotidienne? Quels risques émergent à mesure que l’agriculture repose de plus en plus sur les données et la connectivité numérique?

L’IA ne se résume pas à une simple question technologique

L’adoption de l’IA dans l’agriculture canadienne ne se résume pas à une simple question d’accès aux outils; elle est étroitement liée à la capacité de l’écosystème dans son ensemble à soutenir l’innovation, la commercialisation et l’adoption.

L’IA repose sur des données de haute qualité, une connectivité fiable, une main-d’œuvre qualifiée, des investissements et des règles claires en matière de gouvernance et de responsabilité. Des lacunes dans l’un ou l’autre de ces domaines peuvent freiner l’adoption de cette technologie, même lorsque celle-ci est déjà au point. Concrètement, cela signifie que les progrès réalisés dans le domaine de l’IA reflètent souvent la vitalité de l’ensemble de l’écosystème de l’innovation dans un secteur.

Figure 2 : Écosystème de l’innovation – IA

Une image composée de pièces de casse-tête imbriquées, chacune représentant différents aspects de l’écosystème canadien de l’innovation en matière d’IA, notamment : la qualité des données et la gouvernance des données, la connectivité, les compétences numériques, l’investissement et l’adoption de l’IA.

Source : Leadership éclairé de FAC

Cela revêt une importance particulière dans l’industrie agricole et agroalimentaire, où les activités sont fortement interconnectées et exposées à des risques liés à des facteurs comme les conditions météorologiques, les changements du marché, les enjeux de biosécurité et l’incertitude du commerce international. À mesure que l’IA s’intègre dans l’ensemble de la chaîne de valeur, les avantages pour les entreprises s’accroissent, il en va de même pour les dépendances et les vulnérabilités. Il est essentiel de comprendre comment ces éléments s’emboîtent pour déterminer comment l’IA peut apporter une valeur durable, plutôt que de se limiter à des réussites ponctuelles.

Un tournant décisif pour l’industrie agricole et agroalimentaire canadienne

À l’échelle internationale, les pays comparables avancent à grands pas. Bon nombre d’entre eux associent l’adoption de l’IA à des investissements coordonnés, à des infrastructures partagées et à des cadres politiques propres à chaque secteur. Ces efforts visent à réduire l’incertitude pour les exploitations agricoles et les entreprises, tout en accélérant le passage des solutions de la recherche à l’utilisation sur le terrain.

Le Canada se trouve aujourd’hui à un tournant stratégique. L’IA a le potentiel de renforcer la prise de décision dans les exploitations agricoles, d’améliorer la coordination tout au long des chaînes de valeur, d’optimiser la gestion des risques et de soutenir la compétitivité à long terme sur les marchés d’exportation. Il y a toutefois une condition : la concrétisation de ces avantages à grande échelle dépendra des choix qui seront faits aujourd’hui, non seulement par les entreprises de conception de technologies, mais aussi par l’industrie, le gouvernement et le monde de la finance. Il s’agit notamment des décisions relatives à la gouvernance des données, au partage des risques et des responsabilités, au soutien à l’innovation, ainsi qu’à la manière dont les producteurs et les productrices sont équipés pour exploiter des systèmes de plus en plus numériques.

Les thèmes que le rapport abordera

Le prochain rapport de l’équipe du Leadership éclairé de FAC examine la situation actuelle de l’IA dans l’industrie agricole et agroalimentaire canadienne, les facteurs qui influencent son adoption, ainsi que les occasions qui pourraient se présenter grâce à une meilleure coordination et à une plus grande clarté. Le rapport s’appuie sur des recherches, des données et des perspectives de tout l’écosystème de l’innovation agricole et agroalimentaire pour examiner l’IA non pas comme une innovation isolée, mais comme une composante d’un système vivant qui doit se développer de manière équilibrée et résiliente.

Le rapport n’apporte pas de réponses toutes faites. Il soulève plutôt des questions essentielles sur l’avenir fondé sur l’IA que le Canada veut bâtir pour son secteur agricole et agroalimentaire, et sur ce qu’il faudra pour le concrétiser.

Le rapport intégral sera publié le 14 juillet. Restez à l’affût : FAC poursuit la conversation sur la façon dont l’intelligence artificielle pourrait contribuer à façonner le prochain chapitre de l’industrie agricole et agroalimentaire canadienne.

Article par : Bethany Lipka, économiste principale