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L’IA et l’avenir de l’agriculture au Canada

15 juill. 2026
4 min de lecture

Le secteur agricole canadien subit des pressions croissantes attribuables aux pénuries de main-d’œuvre, à l’instabilité climatique, à l’incertitude commerciale et à la concurrence mondiale. Un nouveau rapport de Financement agricole Canada intitulé L’IA et l’agriculture au Canada : défis actuels et perspectives explore les possibilités offertes par l’intelligence artificielle (IA) pour renforcer notre productivité, notre résilience et notre compétitivité à l’échelle mondiale. Pourtant, l’adoption de l’IA dans les exploitations agricoles canadiennes accuse actuellement un retard par rapport à d’autres secteurs et à d’autres pays. En comblant cet écart, le Canada pourrait contribuer à assurer son avenir comme chef de file mondial de la production alimentaire durable. 

Le potentiel de l’IA pour l’agriculture canadienne  

L’IA est déjà en train de transformer l’agriculture à l’échelle mondiale. Qu’il s’agisse d’analyses de précision des champs ou de chaînes d’approvisionnement intelligentes, les technologies d’IA aident les producteurs et productrices agricoles à prendre de meilleures décisions, à gérer les risques de façon proactive et à utiliser leurs ressources plus efficacement. Les outils propulsés par l’IA peuvent optimiser les intrants, comme l’eau, les semences et les engrais, prévoir les problèmes de santé des cultures ou des animaux avant qu’ils ne s’aggravent, et accroître les rendements grâce à des analyses fondées sur les données. Les outils développés au Canada, comme l’outil d’IA Racine et AgExpert de FAC, permettent de mieux tirer parti de l’IA pour soutenir la gestion agricole et la prise de décisions; l’adoption et l’intégration d’innovations mondiales pourraient renforcer le secteur agricole canadien face aux risques climatiques et aux risques du marché, tout en améliorant la compétitivité à l’échelle mondiale. Le potentiel est immense, mais, pour le concrétiser, il faut transformer les premières réussites en pratiques largement adoptées. 

Figure 1 : L’IA et l’agriculture au Canada — exemples de mise en œuvre 

Exemples de mise en œuvre de l’IA dans l’agriculture canadienne.

Agriculture de précision: surveillance de la santé des sols et des cultures, irrigation intelligente, épandage d’intrants à taux variable.

Analyse prédictive: prévisions météorologiques, prévisions de rendement.

Automatisation par l’IA / robotique: désherbage et pulvérisation autonomes à l’aide de la vision par ordinateur.

Gestion du bétail: surveillance de la santé des troupeaux, optimisation de l’alimentation.

Outils consultatifs en IA générative: aide à la prise de décisions agricoles, services consultatifs en agronomie, classement automatisé.

Optimisation de la chaîne d’approvisionnement: surveillance des conditions d’entreposage pour réduire les pertes, planification et optimisation des itinéraires.

Sources : Leadership éclairé de FAC et Deloitte

Surmonter les obstacles à l’adoption 

Compte tenu de ce potentiel extraordinaire, pourquoi l’adoption de l’IA dans les exploitations agricoles canadiennes accuse-t-elle un retard par rapport à la concurrence mondiale? Le rapport conclut que la technologie n’est pas le facteur limitant; ce sont plutôt quatre lacunes fondamentales, présentes dans l’ensemble de notre écosystème d’innovation, qui freinent son adoption, notamment :  

  • le manque de capital et le sous-investissement dans la recherche et l’innovation agricoles; 

  • les pénuries de talents, attribuables au manque de main-d’œuvre agricole qualifiée possédant des compétences dans le domaine du numérique et de l’IA; 

  • une infrastructure numérique inégale, notamment une faible connectivité à large bande en région rurale et des systèmes de données agricoles cloisonnés;  

  • des cadres de gouvernance flous, assortis d’une réglementation et de normes incohérentes qui minent la confiance dans les nouveaux outils.  

Ces obstacles se traduisent par une adoption inégale et fragmentée de l’IA, marquée par des progrès dans certains domaines spécialisés, mais une adoption limitée dans l’exploitation agricole moyenne. Le Canada doit y remédier s’il veut combler cet écart. Avec la mise en place d’une nouvelle stratégie nationale d’IA, le moment est venu pour le secteur d’accélérer l’adoption de l’IA. 

Favoriser la collaboration pour assurer un avenir alimentaire plus intelligent 

Ce rapport met notamment en évidence le fait que, pour combler le fossé en matière d’adoption, il faut mener une action coordonnée à l’échelle du système. En résumé, nous devons solidifier les fondements qui soutiennent l’innovation. Il faut donc investir dans la connectivité et l’infrastructure numérique en milieu rural, dans les compétences numériques, dans des normes communes en matière de données et dans une gouvernance claire de l’IA, tout en nouant des partenariats entre les secteurs public et privé. En coordonnant ses efforts, le Canada peut créer un environnement dans lequel les producteurs et productrices agricoles, les spécialistes de la technologie, le milieu de la recherche ainsi que les responsables des politiques peuvent ensemble exploiter pleinement la valeur de l’IA.  

FAC joue un rôle de premier plan dans cette initiative. FAC et ses partenaires ont récemment lancé le Réseau d’innovation, de validation et d’adoption agricole (AIVA), une initiative nationale visant à mettre à l’essai et à valider les technologies agricoles émergentes dans de véritables exploitations agricoles au Canada, afin de donner aux producteurs et productrices les renseignements fiables et la confiance nécessaires pour adopter de nouvelles innovations.  

En conclusion 

L’IA peut contribuer à accroître la productivité, la résilience et la compétitivité du secteur agricole canadien, mais seulement si le Canada solidifie les fondements nécessaires à son adoption. Pour que l’IA donne des résultats concrets à grande échelle, il faut investir de façon coordonnée dans l’infrastructure, les talents, les normes en matière de données, la gouvernance et la validation à la ferme. Si les conditions nécessaires sont réunies, le Canada peut être à l’avant-garde de la prochaine ère d’innovation agricole. 

Consultez le rapport complet pour en savoir davantage.  

Obtenez plus d’informations sur AgExpert et l’outil d’IA Racine, et voyez comment ces outils facilitent la gestion et la prise de décisions dans les exploitations agricoles partout au Canada.  

Apprenez-en plus sur le réseau AIVA pour voir comment le Canada pose les bases d’un avenir alimentaire plus intelligent. 

Article par :  Bethany Lipka, économiste principale