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La faiblesse des perspectives pour le secteur des céréales et des oléagineux devrait exercer de la pression sur les ventes d’équipement de récolte

24 avr. 2024
7 min de lecture

Après une année 2023 vigoureuse, le marché de l’équipement agricole devrait ralentir cette année. Il y aura toutefois des points forts, en particulier en ce qui concerne les tracteurs à quatre roues motrices et les cueilleurs à maïs. La demande devrait décélérer pour la plupart des équipements de récolte jusqu’à la fin de l’année, en raison du prix élevé des équipements, des taux d’intérêt élevés et de la baisse de la rentabilité dans le secteur des céréales et des oléagineux. Ces perspectives mettent en évidence les possibilités de vente d’équipement de récolte et les risques pour les producteurs primaires, les concessionnaires d’équipements agricoles, les fabricants et les intervenants de l’industrie.  

Faits saillants 

  • Les ventes de moissonneuses-batteuses neuves devraient chuter de 20 % en 2024. 

  • Les stocks de moissonneuses-batteuses neuves devraient dépasser la moyenne sur cinq ans.  

  • Les ventes de moissonneuses-batteuses, d’équipements frontaux et de chariots à grains d’occasion devraient ralentir et évoluer en dessous de la moyenne quinquennale.  

  • Les stocks de moissonneuses-batteuses d’occasion continuent de surpasser la demande; les prix devraient donc rester sous pression. 

  • Les ventes de tracteurs à quatre roues motrices neufs devraient diminuer de seulement 2 % en 2024, tout en restant supérieures à la moyenne quinquennale. 

  • Les stocks de tracteurs à quatre roues motrices neufs et d’occasion devraient rester faibles jusqu’à la fin de l’année. 

Le marché des moissonneuses-batteuses devient favorable aux acheteurs. Les ventes de moissonneuses-batteuses neuves ont augmenté de 4,9 % l’année dernière grâce à l’amélioration continue des chaînes d’approvisionnement et à une forte rentabilité en 2022. Elles devraient diminuer de 20 % cette année et descendre sous la moyenne quinquennale, en partie à cause de la baisse des revenus tirés des céréales et des oléagineux et des fortes ventes de l’année précédente (figure 1).     

Figure 1 : Les ventes de moissonneuses-batteuses neuves diminueront en 2024  

Graphique illustrant les tendances historiques des ventes de moissonneuses-batteuses au Canada et les projections pour 2024. 

Sources : Association of Equipment Manufacturers, calculs effectués par FAC

La baisse des ventes de moissonneuses-batteuses neuves entraînera une augmentation des niveaux de stocks, qui seront supérieurs à la moyenne des cinq dernières années. Le marché des moissonneuses-batteuses d’occasion a été vigoureux en 2022, les commandes de nouveaux équipements ayant été retardées par les problèmes de chaînes d’approvisionnement après la pandémie. Cependant, depuis le début de l’année, la tendance des ventes de moissonneuses-batteuses d’occasion est moins forte, les stocks augmentent plus vite que la demande et, par conséquent, le marché est devenu favorable à l’acheteur (figure 2). Le prix des moissonneuses-batteuses d’occasion devrait continuer à baisser, en particulier dans les catégories supérieures (c’est-à-dire classe 8 et plus).    

Figure 2 : Les ventes de moissonneuses-batteuses d’occasion ont affiché une tendance moins forte et devraient rester faibles 

Graphique illustrant les tendances historiques des ventes de moissonneuses-batteuses d’occasion au Canada.

Sources : Iron Solutions, calculs effectués par FAC

Les ventes d’équipements de récolte complémentaires devraient ralentir 

Le nombre d’équipements frontaux pour moissonneuse-batteuse vendus a augmenté l’année dernière, les ventes s’étant accélérées entre juillet et octobre, soit en haute saison. Toutefois, à mesure que les chaînes d’approvisionnement ont pris du mieux, de nouveaux modèles ont été livrés en 2023, ce qui a entraîné l’échange de plusieurs modèles usagés pour chaque nouvelle vente. Nous ne prévoyons pas un marché des équipements frontaux aussi vigoureux cette année, car jusqu’en mars 2024, les ventes d’unités d’occasion ont été inférieures à celles de l’année dernière et à la moyenne quinquennale, à l’instar de ce que l’on observe sur le marché des moissonneuses-batteuses d’occasion. Les ventes de cueilleurs à maïs font exception, car elles sont fortes depuis le début de l’année par rapport à 2023. Nous nous attendons à ce que cette tendance se poursuive jusqu’à la fin de l’année. La vigueur de ce marché est soutenue par plusieurs années de bons rendements et de rentabilité dans l’Est du Canada.  

Le marché des chariots à grains devrait également suivre la même tendance que le marché des moissonneuses-batteuses et des équipements frontaux d’occasion, car depuis le début de l’année, les ventes sont inférieures à la moyenne des cinq dernières années. Le marché des chariots à grains a connu une bonne année en 2022, les ventes ayant légèrement diminué en 2023 en raison de la sécheresse dans l’Ouest canadien. La baisse des ventes de chariots à grains est attribuable en grande partie au ralentissement des ventes de moissonneuses-batteuses et aux prévisions d’une nouvelle année de sécheresse dans l’Ouest. 

Le marché des tracteurs à quatre roues motrices reste vigoureux pour l’instant 

Les tracteurs à quatre roues motrices de grande puissance sont nécessaires pour tirer non seulement les semoirs pneumatiques, mais aussi les grands chariots à grains. Le marché des tracteurs à quatre roues motrices devrait rester solide et les nouvelles ventes ne devraient diminuer que de 2 % en 2024, après avoir progressé de plus de 40 % en 2023 (figure 3). L’incertitude du marché et les pressions sur les revenus ont entraîné un déclin des ventes en 2019 et en 2020. Les exploitations agricoles cherchent maintenant à moderniser leur parc de tracteurs à quatre roues motrices vieillissants. Ainsi, même si le niveau des stocks s’améliorait d’ici la fin de l’année, on s’attend à ce que le volume des ventes reste supérieur à la moyenne sur  cinq ans.  

Figure 3 : Les ventes de tracteurs à quatre roues motrices neufs devraient rester vigoureuses  

Graphique illustrant les tendances historiques des ventes de tracteurs à quatre roues motrices au Canada et les projections pour 2024. 

Sources : AEM et calculs effectués par FAC

Tendances à surveiller 

  • Dollar canadien et taux d’intérêt  

  • Effet de la sécheresse sur la demande d’équipement 

La valeur du dollar canadien et les taux d’intérêt sont deux  variables macroéconomiques qui ont une incidence directe sur le marché de l’équipement agricole. Une appréciation du dollar canadien aiderait à compenser les prix plus élevés des équipements neufs importés des États-Unis. Toutefois, la force du dollar américain exerce de la pression sur le dollar canadien (en raison de la position ferme de la Réserve fédérale américaine), et on s’attend à ce que cette pression s’estompe lorsque la Réserve fédérale réduira ses taux d’intérêt, ce qui permettra au dollar canadien de bénéficier d’un certain soutien plus tard dans l’année. Les Services économiques FAC s’attendent à ce que la Banque du Canada réduise son taux du financement à un jour de 75 points de base cette année et à ce que la première baisse ait lieu en juillet. Nous prévoyons que ce taux continuera à s’atténuer jusqu’en 2025, avant de se stabiliser autour de 3 %. En ce qui concerne les taux fixes, nous nous attendons à ce qu’ils continuent de reculer tout au long de l’année, les taux des obligations diminuant de concert avec la faible croissance économique et la baisse de l’inflation. Nous continuons de surveiller les conditions de sécheresse au Canada, en particulier dans l’Ouest, pour la récolte de 2024. Selon l’évolution des niveaux d’humidité au cours des semaines et des mois à venir, la demande d’équipement de récolte pourrait être davantage touchée.    

En conclusion 

Alors que l’ensemencement est en cours, nous surveillons de près de nombreux éléments susceptibles d’influencer le marché de l’équipement de récolte. Les inquiétudes liées à la sécheresse, la hausse des prix de l’équipement agricole, les taux d’intérêt élevés et la baisse de rentabilité font que les exploitations agricoles accordent une importance accrue au coût de l’équipement à l’acre, ce qui réduit la demande d’équipement. Bien que le marché de l’équipement de récolte soit devenu favorable à l’acheteur, on constate de la vigueur et des possibilités à saisir par endroits. Les exploitations agricoles ont l’occasion de travailler avec tous leurs partenaires, y compris les concessionnaires, les conseillers agricoles et les institutions financières, afin de trouver l’équipement qui offre la meilleure rentabilité par acre. Les exploitations agricoles affichent des bilans solides en ce début d’année. Cela peut leur permettre de faire face à une année de faibles bénéfices et d’investir dans l’équipement qui leur permettra de réaliser des gains d’efficience à long terme. 

x.com/AndersonLeigh3
Leigh Anderson

Économiste principal

Fort de son expérience dans les marchés agricoles et la gestion du risque, Leigh Anderson est économiste principal à FAC. Il est spécialisé dans la surveillance et l’examen du portefeuille de FAC et de la santé de l’industrie, et il livre des analyses sur les risques liés à l’industrie. En plus de faire des présentations sur l’agriculture et l’économie, Leigh participe régulièrement au blogue des Services économiques de FAC.

Leigh est entré en fonction à FAC en 2015 au sein de l’équipe des Services économiques. Il œuvrait auparavant auprès de la Direction des politiques du ministère de l’Agriculture de la Saskatchewan. Il est titulaire d’une maîtrise en économie agricole de l’Université de la Saskatchewan.