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Aperçu de la situation macroéconomique du troisième trimestre de 2023 : faiblesse émergente des dépenses de consommation

6 sept. 2023
5,5 min de lecture

Signs that the Bank of Canada’s (BoC) past interest rate increases are having their intended impact are beginning to emerge. GDP growth in Q2 slightly contracted, underlying inflation trends are pointing in the right direction, and the balance between supply and demand for labour is edging closer to equilibrium. For these reasons, the BoC held the overnight interest rate at 5.00% on September 6th.

Les signes de l’effet escompté des hausses de taux d’intérêt de la Banque du Canada (BdC) commencent à se manifester. La croissance du PIB au deuxième trimestre a reculé légèrement, les tendances sous-jacentes de l’inflation sont sur la bonne voie et l’équilibre se rapproche entre l’offre et la demande de main-d’œuvre. Pour ces raisons, la Banque du Canada a maintenu le taux d’intérêt à un jour à 5,00 % le 6 septembre.

Nous analysons tout cela dans la Mise à jour sur l’économie et les marchés financiers de ce trimestre.

La croissance du PIB a reculé au deuxième trimestre et devrait rester faible pendant le reste de l’année

La croissance économique a été étonnamment forte au premier trimestre (2,6 %), mais elle a reculé au deuxième (-0,2 %), les consommateurs ayant moins dépensé face à l’inflation persistante et à l’augmentation des taux d’intérêt.

Malgré une demande accrue due à une forte croissance démographique, les dépenses de consommation ont à peine changé au deuxième trimestre. L’épargne accumulée pendant la pandémie a réellement été épuisée, le taux d’épargne des ménages étant nettement inférieur au pic atteint pendant la pandémie (26,5 %), lorsque les programmes de soutien du gouvernement et les confinements ont contribué à l’accumulation de l’épargne (figure 1). Les dettes sur les cartes de crédit sont également en hausse (28 %) depuis le premier trimestre 2021, ce qui accroît la pression financière exercée sur les ménages.

Les dépenses de consommation représentent environ 60 % du PIB du Canada, alors toute faiblesse persistante aura une incidence importante sur la croissance future du PIB.

Figure 1. Baisse du taux d’épargne des ménages et augmentation de la dette sur les cartes de crédit dans un contexte d’inflation persistante
Figure 1 montrant baisse du taux d’épargne des ménages et augmentation de la dette sur les cartes de crédit dans un contexte d’inflation persistante

Source : Statistique Canada. Les données sont corrigées des variations saisonnières.

L’équipe des Services économiques FAC prévoit des taux de croissance du PIB compris entre 0,6 % et 1,1 % au cours des quatre prochains trimestres (figure 2). Les événements qui se sont déjà produits et qui freineront la croissance, notamment les incendies de forêt dans l’Ouest du Canada, les inondations dans le Canada atlantique et la grève du port de Vancouver, viennent compliquer les perspectives pour le second semestre de 2023.

Figure 2. Les Services économiques FAC prévoient que la croissance restera faible pendant le reste de l’année 2023
Figure 2 montrant Services économiques FAC prévoit un affaiblissement de la croissance pour le reste de 2023

Sources : Services économiques FAC, Bloomberg PIB trimestriel, variation en pourcentage d’un trimestre à l’autre. Les données sont corrigées des variations saisonnières selon les taux annuels.

Les tendances sous-jacentes de l’inflation vont dans la bonne direction

Le 6 septembre, la Banque du Canada a maintenu le taux d’intérêt à un jour à 5,00 %. L’équipe des Services économiques FAC prévoit que le taux d’intérêt à un jour restera inchangé jusqu’à la fin de l’année 2023 et au début de l’année 2024 (tableau 1).

Tableau 1. La Banque du Canada maintient son taux d’intérêt à un jour jusqu’à la fin de l’année
Tableau 1 montrant la Banque du Canada maintient son taux d’intérêt à un jour jusqu’à la fin de l’année

Sources : Services économiques FAC, Banque du Canada, Réserve fédérale américaine

Lors d'une allocution le 7 septembre, le gouverneur Macklem a dit que la Banque du Canada s'est engagée à ramener le taux d'inflation global à son objectif de 2,0 %. Il y aura deux autres publications de l'IPC avant la prochaine annonce des taux de la BdC le 25 octobre et celles-ci détermineront l'évolution du taux d’intérêt à un jour. Si la tendance à la baisse de l’inflation de base est interrompue, la Banque du Canada a clairement indiqué qu’elle était prête à augmenter à nouveau ses taux. Cela dit, l'inflation de base évolue selon nous dans la bonne direction (voir ci-dessous), ce qui signifie que, sauf choc inattendu, le cycle de hausse des taux de la Banque du Canada est probablement terminé.

Il convient de noter que l’énergie est la principale raison pour laquelle l’inflation à la hausse en juillet a constitué une surprise (3,3 % sur douze mois, contre 2,8 % en juin). En revanche, les mesures de l’inflation « de base » — qui excluent les composantes volatiles de l’index des prix à la consommation (IPC), y compris l’énergie — ont atteint leurs plus bas niveaux depuis 2021, ce qui indique un ralentissement des pressions plus générales sur les prix. En outre, si l’on exclut les coûts de l’intérêt hypothécaire (fonction de la politique de la Banque du Canada) de l’IPC de base, celui-ci n’est plus que de 1,9 % (figure 3). En d’autres termes, l’inflation sous-jacente est sur la bonne voie.

Figure 3. Les mesures de l’inflation de base donnent une image plus positive

IPC du Canada, variation en % d’une année sur l’autre

Figure 3 montrant les mesures de l’inflation de base donnent une image plus positive

Sources : Statistique Canada, Services économiques FAC

Bloomberg estime que l’inflation globale devrait revenir dans les limites de la fourchette cible de la BdC, comprise entre 1,0 % et 3,0 % au début de l’année 2024 (tableau 2). Pour sa part, la Banque du Canada s’attend à ce que ce taux revienne à son niveau cible au début de l’année 2025.

Tableau 2. La diminution de l’inflation globale devrait se poursuivre
Tableau 2 montrant la diminution de l’inflation globale devrait se poursuivre

Sources : Bloomberg, Statistique Canada

Les taux fixes resteront inchangés jusqu’en 2024

Les rendements des obligations du gouvernement du Canada ont augmenté depuis le printemps, lorsque les tensions du secteur bancaire ont fait baisser temporairement ces rendements. Ils ont augmenté depuis, mais la courbe des taux reste inversée. En effet, l’écart entre le taux d’intérêt préférentiel et le taux d’intérêt à 5 ans du GdC n’a jamais été aussi important que récemment, ce qui signifie que les taux fixes — malgré la hausse au cours des 18 derniers mois — sont historiquement bas par rapport aux taux préférentiels.

Lorsque la Banque du Canada commencera à abaisser les taux en 2024, la courbe des taux deviendra moins inversée en raison de la baisse des rendements à court terme (p. ex., les obligations à deux ans du gouvernement du Canada).

Tableau 3. Baisse des rendements des obligations à court terme en 2024
Tableau 3 montrant baisse des rendements des obligations à court terme en 2024

Sources : Statistique Canada (données historiques), consensus des grandes institutions financières (prévisions)

Commentaires sur les marchés étrangers et les taux de change
Taux de change CAD-USD

Compte tenu de toutes les tendances économiques susmentionnées — et de celles que nous n’avons pas eu le temps d’aborder, telles que les réductions de la production de l’OPEP — le taux de change CAD-USD est resté relativement stable. Cette stabilité devrait se maintenir pendant le reste de l’année 2023 et jusqu’en 2024 (tableau 4).

Taux de change CAD-Euro

En comparaison, le taux de change CAD-Euro a été plus volatil au cours des 18 derniers mois. Malgré l’entrée en récession des économies néerlandaise et allemande, le dollar canadien a perdu de la valeur par rapport à l’euro au premier semestre 2023. Cette volatilité persistera au cours des six à neuf prochains mois, les prix de l’énergie en Europe cet hiver influençant ce taux de change.

Tableau 4. Les projections CAD/USD restent inchangées par rapport au trimestre précédent
Tableau 4 montrant les projections CAD/USD restent inchangées par rapport au trimestre précédent

Sources : Services économiques FAC, Statistique Canada

x.com/Graeme_Crosbie
Graeme Crosbie

Économiste principal

Graeme Crosbie est économiste principal à FAC. Ses domaines d’intérêt portent notamment sur l’analyse et les perspectives macroéconomiques et sur l’analyse et la surveillance de l’industrie agroalimentaire canadienne. Ayant grandi sur une ferme laitière dans le sud de la Saskatchewan, il formule à l’occasion des observations sur la santé de l’industrie laitière du Canada.

Graeme est employé à FAC depuis 2013 et a consacré la plus grande partie de ces années à la gestion du risque. Il détient une maîtrise en gestion avec spécialisation en économie financière de l’Université de Cardiff ainsi que le titre d’analyste financier agréé (CFA).