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Dans quelle mesure les fermes canadiennes gèrent-elles le risque? Une enquête de FAC fait le point

  • 01 mars 2021
  • 4,5 min de lecture

Les risques en agriculture évoluent constamment, mais les producteurs ajustent‑ils leurs stratégies de gestion en conséquence? Une enquête de Vision FAC a été réalisée auprès de plus de 2 000 exploitants agricoles dans l’ensemble du pays afin de mieux comprendre leurs attitudes face au risque, leur niveau de préoccupation et leurs stratégies de gestion du risque.

Le sondage a révélé que 87 % des producteurs agricoles canadiens ont mis en œuvre des stratégies pour atténuer les risques auxquels ils considèrent que leur exploitation est exposée. Et bien que ce chiffre soit impressionnant, il ne reflète que les stratégies mises en place pour les risques qu’ils ont qualifiés de préoccupants.

Il existe de nombreuses raisons pour lesquelles un producteur peut ne pas mettre en œuvre de stratégie de gestion du risque :

  • Ses préférences ou son attitude face au risque
  • Une évaluation défaillante des risques
  • Sa perception que les stratégies sont inefficaces

Pour mieux comprendre les préoccupations des exploitations agricoles, examinons les résultats du sondage.

Calcul du pointage de risque

Le sondage a examiné cinq catégories de risques : le risque de production, le risque de commercialisation, le risque financier, le risque lié aux ressources humaines et le risque juridique. Nous avons calculé deux pointages de gestion du risque à partir des réponses reçues (tableau 1) :

  1. Pointage pour les risques cernés par les producteurs : Risques qualifiés de préoccupants par les exploitants qui ont mis en œuvre une stratégie d’atténuation du risque.
  2. Pointage de risque total : Tous les risques mentionnés dans le sondage pour lesquels les exploitants ont affirmé utiliser une stratégie d’atténuation du risque.

Les exploitants agricoles canadiens ont mis en œuvre des stratégies pour gérer 51 % des risques mentionnés dans le sondage. Ce pointage est de 35 points de pourcentage inférieur au pointage calculé pour les risques qualifiés de préoccupants pour l’exploitation.

Tableau 1 : Comparaison entre le pointage pour les risques cernés par les producteurs et le pointage de risque total

Graphique montrant la comparaison entre le pointage pour les risques cernés par les producteurs et le pointage de risque total.

Il y a une différence d’au moins 30 points de pourcentage pour chaque catégorie de risque entre les risques qualifiés de préoccupants par les exploitants et tous les risques mentionnés dans le sondage.

Les risques liés aux ressources humaines et à la commercialisation sont les deux catégories de risque ayant les plus faibles pointages de risque total, ayant respectivement obtenu 46 % et 47 %. Ces catégories de risque sont également celles qui ont enregistré les plus grandes différences de pointages, se chiffrant à 38 et 37 points de pourcentage.

Chefs de file en gestion du risque lié aux ressources humaines – les horticulteurs, les exploitants des secteurs soumis à la gestion de l’offre et les éleveurs de porcs

Les exploitations de production en serre, de légumes et de fruits ont obtenu le pointage de risque total le plus élevé de tous les secteurs (tableau 2). Ces exploitations dépendent davantage de la main‑d’œuvre salariée; elles ont donc un plus grand intérêt à mettre en œuvre des stratégies d’atténuation pour gérer les risques liés aux ressources humaines.

Les secteurs soumis à la gestion de l’offre et les exploitations porcines ont également obtenu des pointages élevés. Toute stratégie efficace de gestion des risques liés aux ressources humaines devrait traiter de la main‑d’œuvre familiale, de la santé mentale des employés, des plans de relève, des perturbations aux activités en raison d’accidents et des autres plans en cas d’urgence. Le bien‑être des employés est le risque lié aux ressources humaines qui est le plus souvent ignoré par les exploitants agricoles.

Tableau 2 : Pointage de chaque catégorie de risque par secteur

Graphique montrant le pointage de chaque catégorie de risque par secteur.

Les producteurs de céréales et d’oléagineux recourent le plus aux stratégies d’atténuation du risque de commercialisation

Les pointages de risque de commercialisation diffèrent beaucoup d’un secteur agricole à l’autre (tableau 2). Ceci est sans doute attribuable à la structure du secteur (nombre d’acheteurs et de transformateurs, règles régissant la commercialisation, etc.) et à la volatilité générale des prix des produits de base. Les exploitations de céréales et d’oléagineux ont obtenu le pointage le plus élevé, étant donné qu’elles utilisent différents outils allant des contrats à prix fixe et des contrats à terme sur écart à des outils plus complexes comme les contrats à terme et les contrats d’option. Les autres secteurs n’ont pas nécessairement accès à ces outils ou ces outils n’ont pas d’utilité pour eux.

Toute stratégie efficace de gestion du risque de commercialisation doit non seulement atténuer la volatilité des prix des produits, mais également tenir compte des risques liés à la vente de produits agricoles, de la volatilité des prix des aliments pour animaux et des intrants pour l’élevage, et du dollar canadien.

La gestion du risque juridique est la plus faible chez les producteurs de bœuf

L’évolution des préférences des consommateurs, les avancées technologiques et les contrats complexes entraînent des risques juridiques émergents et plus complexes pour les producteurs. Pour se protéger contre ces risques, les exploitants agricoles peuvent faire appel à des professionnels du droit pour examiner les contrats et assurer le respect des clauses contractuelles. Les secteurs soumis à la gestion de l’offre et le secteur de l’horticulture ont obtenu les pointages de gestion du risque juridique les plus élevés alors le secteur du bœuf a obtenu le pointage le plus faible.

En matière de gestion du risque, le travail n’est jamais terminé. Les producteurs agricoles devraient toujours surveiller l’évolution des risques, comprendre leur exposition et recourir aux outils de gestion les plus efficaces.


Craig Klemmer
Économiste supérieur

Craig Klemmer a commencé sa carrière à FAC en 2009 en tant qu’économiste agricole. Il se spécialise dans la surveillance et l’analyse de l’environnement macroéconomique, la modélisation de l’état de santé de l’industrie et la prestation d’analyses des risques liés à l’industrie. Avant son arrivée à FAC, il a travaillé à la Direction de l’élevage du ministère de l’Agriculture de la Saskatchewan. M. Klemmer est titulaire d’une maîtrise en agroéconomie de l’Université de la Saskatchewan.

@CraigKlemmer