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La sécurité agricole n’est pas une tendance passagère

5 min de lecture
Comment les exploitants agricoles devraient-ils s’attaquer aux enjeux en matière de santé et de sécurité pour protéger l’équipe de la ferme?
Crystal Fullerton

Agente de l’Initiative des plans environnementaux améliorés des fermes et coordonnatrice de la sécurité agricole, Fédération de l’agriculture de l’Î.-P.-É. Charlottetown (Î.-P.-É.)

La sécurité agricole n’est pas un sujet nouveau, mais une bonne santé mentale et la nécessité d’être résilient sur le plan psychologique sont des enjeux assez récents – et positifs – dans le secteur agricole. Il est toujours impératif de prendre sa santé mentale au sérieux quand on œuvre dans cette industrie merveilleuse, mais parfois stressante. Chaque jour nous entretenons le dialogue, nous faisons tomber les barrières et nous éliminons la stigmatisation entourant la santé mentale. On ne le dira jamais assez : c’est normal de ne pas se sentir bien.

L’actif le plus précieux d’une ferme, ce n’est pas le tracteur, la terre ou le quota : c’est vous. Sans vous, la ferme n’existe pas. Avant que les rigueurs de l’agriculture ne deviennent trop lourdes à supporter, ce qui peut arriver même aux plus « forts » d’entre nous, prenez le temps de vous tourner vers votre partenaire de vie, votre famille, un ami de confiance ou un conseiller.

Alors que l’âge moyen des producteurs canadiens ne cesse d’augmenter, il persiste une idée véhiculée au fil des générations selon laquelle demander de l’aide est un signe de faiblesse. Cependant, les jeunes agriculteurs sont de plus en plus soucieux de leur santé mentale et de leur capacité d’aider la génération plus âgée à prendre conscience de l’importance de s’exprimer dans les périodes difficiles.

Ne sous-estimez pas le pouvoir de la conversation. Souvent, de petits gestes peuvent changer radicalement la vie d’une personne en difficulté. Surveillez les signes qui indiquent qu’une personne est en crise : l’auto-isolement inexpliqué d’une personne habituellement sociable, des changements de sujets perceptibles sur les médias sociaux, l’irritabilité ou les conversations étonnamment hargneuses ou négatives.

Où trouver des ressources en matière de santé mentale :

Robert Gobeil

Spécialiste en santé et sécurité en milieu agricole, Association canadienne de santé agricole Winnipeg (Manitoba)

Tout le monde veut rentrer à la maison sain et sauf à la fin de la journée. Il se trouve que le travail d’équipe et la responsabilisation à l’égard de la sécurité sont essentiels au maintien d’une exploitation agricole sûre et dynamique.

Par analogie avec le concept d’équipe, le propriétaire ou le gestionnaire de la ferme est l’entraîneur en chef : c’est cette personne qui veille à ce qu’il y ait un système de gestion de la sécurité à la ferme et qui attribue aux employés des rôles axés sur la sécurité.

Les superviseurs sont les entraîneurs adjoints. Ils s’assurent d’exécuter les jeux demandés par l’entraîneur en chef et conseillent les travailleurs sur la façon d’accomplir leurs tâches d’une manière sécuritaire et productive.

Les travailleurs, quant à eux, sont les joueurs, et leur rôle consiste à marquer des buts et à faire gagner l’équipe. Un joueur blessé ne peut accomplir son rôle, et l’équipe risque d’en subir les conséquences. La pratique mène les équipes vers la réussite, et il n’en va pas autrement de la sécurité agricole : il faut s’y exercer. Assurez-vous que tout le monde a reçu la formation nécessaire pour accomplir son travail, et veillez à ce que les procédures soient examinées régulièrement pour identifier les dangers et mettre en place les contrôles nécessaires. Les employeurs, les gestionnaires et les superviseurs doivent surveiller les processus, repérer les lacunes et cerner les possibilités d’amélioration.

L’attitude change tout, alors encouragez les membres de l’équipe à discuter ouvertement de leurs préoccupations en matière de sécurité. La tenue régulière de Causeries sécurité est un excellent moyen de bâtir une culture de sécurité positive.

Il est aussi important d’être conscient de son propre bien-être physique et mental. Une blessure, une maladie ou un problème de santé mentale peut mettre n’importe qui en danger. Le fait d’identifier et de traiter les blessures et les maladies sera bénéfique pour l’équipe dans une perspective à long terme.

Niels Koehncke

Directeur, Centre canadien de santé et sécurité en milieu agricole Saskatoon (Saskatchewan)

L’agriculture est l’une des industries les plus risquées du point de vue de la santé et de la sécurité. Les producteurs agricoles sont confrontés à d’innombrables dangers, dont la poussière, les produits chimiques, le bruit, les vibrations, les allergènes, les agents infectieux et les mouvements répétitifs, sans compter l’impact psychologique du travail lui-même.

La première étape est toujours de déterminer les dangers. Ceux-ci se répartissent généralement en grandes catégories et varient considérablement selon le type de production. Une fois les dangers cernés, déterminez le risque qu’ils représentent et établissez la façon de réduire ce risque. À cette fin, la hiérarchie des contrôles est un cadre de réduction des risques largement utilisé.

Par cette hiérarchie, on tente d’abord d’éliminer le danger ou de le remplacer par une pratique moins dangereuse ou sans danger. La prochaine étape est la mise en place de mesures de contrôle, ce qui suppose la conception d’un instrument ou d’un dispositif ou la modification d’un équipement ou d’un processus afin de protéger le travailleur contre le risque – par exemple, l’installation de dispositifs de protection sur les machines ou l’insonorisation de l’équipement bruyant. Viennent ensuite les contrôles administratifs, qui visent à réduire le temps d’exposition aux dangers, à instaurer des pauses suffisantes et à maintenir la propreté des lieux de travail. La dernière étape concerne l’équipement de protection individuelle (ÉPI). Dans l’idéal, les mesures précédentes auront permis d’éliminer le risque, mais si ce n’est pas le cas, l’ÉPI devient nécessaire. Même s’il s’agit de la dernière étape, cela ne signifie pas qu’elle est inefficace; au contraire, des ÉPI bien ajustés et adaptés au risque sont très efficaces.

De façon générale, cette hiérarchie établit des niveaux de protection et, mise en œuvre de façon globale, elle est très utile pour réduire ou éliminer les risques.

D’après un article de l’AgriSuccès par Trevor Bacque.

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