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Des agriculteurs débutants montrent la voie vers la réussite commerciale

  • 5 min de lecture

Pour les nouveaux agriculteurs qui montent une entreprise agricole de toutes pièces, il est indispensable de se doter d’une bonne stratégie commerciale. Sans réseau familial sur lequel compter, ces agriculteurs se tournent vers les ressources, leur sens des affaires et la pensée novatrice qui les ont menés à l’agriculture.

Il y a beaucoup à apprendre de leurs expériences en affaires.

S’inspirer du marché agricole

Pour Stéphanie Lipp et Léo Gillis de Bonavista, à Terre-Neuve-et-Labrador, la culture des champignons était loin d’être dans le portrait, vu qu’ils avaient passé la majeure partie de leur vie dans la région du Grand Toronto à occuper divers emplois n’ayant rien à voir avec l’agriculture. Ce n’est qu’en 2018, lors d’une visite fortuite d’un marché agricole de Mississauga, qu’ils ont complètement changé de cap.

Stéphanie, qui avait pourtant toujours détesté les champignons (et ses amis le savaient bien!), a croqué un pleurote bleu, et ça a changé sa vie.

« Je n’arrivais pas à croire qu’ils étaient si savoureux, dit-elle. Une passion dévorante! »

Planifier les activités

Ce coup de cœur a déclenché une série d’événements qui ont amené le couple à quitter l’Ontario pour se rendre à Terre-Neuve, la province natale de Léo. Au début de leurs activités en 2020, s’il y a une chose que Stéphanie a rapidement apprise, c’est la valeur d’un plan d’affaires succinct.

« Je ne comprenais pas pourquoi c’était si important, admet-elle, mais en approfondissant réellement mes réflexions et mes idées et en les mettant par écrit, la nécessité d’élaborer un plan est devenue très évidente. Par ailleurs, ce plan doit aussi être un document évolutif. »

Lorsqu’ils ont commencé à développer leur champignonnière à très petite échelle, ils ont rapidement manqué d’espace. Ils sont en train de mettre sur pied une ferme intérieure de 4 000 pieds carrés à Bonavista, l’un des endroits les plus à l’est de l’Amérique du Nord.

Développer l’esprit d’entreprise

Stéphanie et Léo ont également découvert que la culture de champignons porte sur beaucoup plus que les champignons.

Trouver les bons entrepreneurs, expérimenter les techniques de culture des champignons ainsi que naviguer dans les publicités de Facebook, les prévisions financières et la sécurité alimentaire ont été de bonnes occasions d’apprentissage pour le couple d’entrepreneurs.

« Avoir les connaissances et les compétences pour y arriver et respecter une éthique de travail est très important, mais si vous ne développez pas l’entreprise, il n’y aura pas de canaux de vente fiables ou un plan de croissance solide, et l’entreprise ne sera pas financièrement viable », dit Stéphanie. « Nous avons découvert à quel point les différents aspects de nos activités sont interreliés ».

Créer des liens

Les nouveaux agriculteurs devraient tous prendre contact avec les membres de leur collectivité. On ne sait jamais qui peut aider.

Pour mieux positionner leur ferme, dont les activités sont principalement axées sur les marchés agricoles et les achats hebdomadaires au moyen d’abonnements en ligne, Stéphanie s’est jointe à plusieurs groupes de mentorat, y compris le NL Young Farmers Forum et un accélérateur d’entreprises de la province.

Elle encourage les nouveaux agriculteurs à prendre contact avec tous les membres de leur collectivité.

« Continuez à parler de ce que vous voulez faire avec les autres – on ne sait jamais qui peut vous aider, vous faire une suggestion ou vous présenter quelqu’un qui pourrait vous propulser vers l’avant. Et les gens aiment voir d’autres personnes passionnées. »

L’élevage de bovins à partir de la base

Mettre sur pied une exploitation agricole sans filet de sécurité peut sembler être une bénédiction, ou une malédiction. Fiona Briody, une éleveuse de Delburne, en Alberta, a décidé que cela était une bénédiction. Éleveuse indépendante depuis l’âge de 25 ans, Fiona a accumulé plus de 20 ans d’expérience depuis son entrée en agriculture.

Après un modeste début avec 20 paires de vaches Black Angus, son élevage a cru à un rythme régulier et atteint maintenant 130 têtes. Pour Fiona, être éleveuse novice a joué en sa faveur.

Poser des questions sur tout

« J’ai posé beaucoup de questions que je n’aurais pas pu poser si j’étais née dans une exploitation agricole transmise de génération en génération », explique-t-elle. « Je n’avais pas peur de demander, car tout le monde fait les choses différemment, et comme je voulais connaître les bases, je n’ai pas hésité à demander toutes sortes de choses. Personne ne me surveillait en disant que je ne faisais pas les choses de la bonne façon à la ferme. »

Créer une communauté

Mais elle a tout de même dû surmonter certaines difficultés de la vie d’éleveuse, notamment le fait d’être seule. Les graves sécheresses du début des années 2000 ont failli l’amener à abandonner, mais des voisins l’ont encouragée et sont devenus comme un port dans la tourmente lorsque Fiona se sentait seule.

« Il y avait de l’inspiration et de l’espoir dans leur soutien », explique-t-elle, faisant référence à l’importance de la communauté.

Selon Fiona, quiconque veut se lancer en agriculture peut le faire s’il est motivé. Cependant, un défi encore plus grand est d’arriver à faire partie de ce qui est probablement une toute nouvelle communauté.

« Il y a des gens qui veulent voir les autres réussir et qui partagent leurs connaissances de manière généreuse, utile et solidaire », dit-elle. « Il ne vous reste qu’à trouver ces personnes. »

Connaître ses forces et ses faiblesses

De même, elle encourage les futurs agriculteurs à se remettre en question, à comprendre leurs points faibles, à chercher à s’améliorer et améliorer leur exploitation agricole.

« Apprenez à mieux vous connaître. Quelle est votre faiblesse? Ne pensez pas nécessairement à quelque chose que vous détestez faire, mais à une chose à laquelle vous êtes incompétent. Élaborez ensuite un plan pour combler cette lacune, sinon c’est comme avoir une épine au pied, sans rien faire pour s’en débarrasser. »

Aujourd’hui, en tant que chef d’entreprise en solo, Fiona estime avoir atteint le maximum de sa capacité opérationnelle et elle a l’intention de consacrer plus de temps aux ventes directes et à la collaboration avec de nouveaux éleveurs.

En conclusion

Monter une exploitation agricole de toutes pièces est certainement un défi, mais un plan d’affaires solide, un esprit d’entreprise, des liens avec la communauté et la possibilité de poser beaucoup de questions peuvent aider à mettre le cap sur le succès.

Article par : Trevor Bacque