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Ressources disponibles pour aider à combler la pénurie de main-d’œuvre causée par la COVID-19

  • 4 min de lecture

La COVID-19 a laissé de nombreux producteurs de tout le pays – en particulier ceux qui font venir des travailleurs étrangers temporaires – peinant à trouver de la main-d’œuvre agricole. 

Les restrictions de voyage et la quarantaine de 14 jours obligatoire à l’arrivée rendent la tâche encore plus ardue.

Pour Dusty Zamecnik, de l’entreprise ontarienne EZ Grow Farms, les travailleurs étrangers temporaires (TET) font partie intégrante de la sécurité alimentaire nationale et du maintien de l’image de marque des aliments du Canada, respectée à l’échelle internationale.

Au niveau national, environ 60 000 travailleurs étrangers temporaires arrivent chaque année pour aider dans le secteur agricole. Au début du mois d’avril, le gouvernement fédéral a annoncé 50 millions de dollars pour aider les producteurs agricoles et les transformateurs d’aliments à mettre en place les mesures nécessaires à l’observation de la période d’isolement obligatoire de 14 jours imposée à tous les travailleurs arrivant de l’étranger.

Selon M. Zamecnik, si les niveaux de dotation habituels ne sont pas atteints pendant les périodes de récolte limitées des cultures de printemps, les agriculteurs seront obligés de laisser les récoltes dans les champs.

« Pour les gens qui ont besoin de produits frais – devoir laisser les récoltes dans les champs parce qu’ils ne peuvent tout simplement pas s’en occuper est une réalité très dure », dit-il.

D’autres pays, dont les États-Unis, étant confrontés à des pénuries de main-d’œuvre semblables, les prix des denrées alimentaires vont augmenter, prédit M. Zamecnik.

Combler les pénuries au niveau local

Ne sachant pas si, ni quand, des travailleurs étrangers temporaires arriveront pour travailler dans les exploitations agricoles canadiennes, certains producteurs se tournent vers la main-d’œuvre locale pour obtenir de l’aide.

Beth Connery, chef de l’exploitation de Connery’s Riverdale Farms, au Manitoba, attend des travailleurs étrangers temporaires d’un jour à l’autre, mais elle est loin des 60 travailleurs qu’elle fait venir habituellement. Sept travailleurs jamaïcains sont arrivés et sont actuellement en quarantaine pendant 14 jours. Elle en attend neuf autres bientôt. D’autres pourraient venir du Mexique, mais en raison des restrictions de voyage dans ce pays, elle n’est pas sûre qu’ils pourront voyager, ni quand.

En raison de cet élément inconnu, Mme Connery cherche à pourvoir localement les postes vacants.

Généralement, Mme Connery n’envisagerait pas de recourir au programme d’emplois d’été pour les jeunes de la province en raison de ses contraintes de temps de la mi-mai à la fin du mois d’août. Cette année, le programme pourrait résoudre certains de ses problèmes à court terme, par exemple pour l’ensemencement et la récolte précoce, mais lui en laisserait un autre à l’automne.

« Nous avons besoin d’une équipe complète jusqu’à la fin du mois d’octobre », déclare Mme Connery.

Un autre problème qui se pose est celui de la main-d’œuvre locale qui entre et sort de la ferme, augmentant le risque de propagation de la COVID-19 dans l’exploitation, et nécessitant donc plus de planification et de gestion des risques, explique Mme Connery. La sécurité agricole peut également être un problème, bien que de nombreux groupes fournissent des renseignements facilement accessibles, comme les vidéos quotidiennes sur YouTube des Sécurijours de Progressive Agriculture ou le site Web de l’Association canadienne de sécurité agricole.

M. Zamecnik souligne que les habitants locaux ont toujours eu la possibilité de travailler dans les fermes et que les fermes comme la sienne préféreraient embaucher des habitants locaux pour éviter de payer les billets d’avion, le transport en autobus et le logement des travailleurs étrangers temporaires.

À l’heure actuelle, EZ Grow ne dispose que d’environ le tiers de sa main-d’œuvre étrangère habituelle, ce qui impose des heures de travail plus longues aux employés présents pour combler le déficit.

Au Québec, l’Union des producteurs agricoles (UPA) a lancé un programme de recrutement de travailleurs locaux qui offre une prime de 100 dollars par semaine.

L’UPA dispose également d’un tableau d’offres d’emploi qui met en relation les agriculteurs et les travailleurs du Québec. Le secteur agroalimentaire dispose également d’un tableau d’offres d’emploi, tandis que les travailleurs et les employeurs du secteur agricole peuvent se mettre en rapport sur ce site Web.

Au niveau national, les employeurs à la recherche de travailleurs peuvent afficher les postes disponibles sur les sites de Guichet-Emplois Canada, d’AgriEmplois du Conseil canadien pour les ressources humaines en agriculture, de Careers in Food et d’AgCareers (en anglais seulement).

Un site Web pour les emplois dans le secteur de l’agriculture et de l’agroalimentaire est en place en Ontario, tandis qu’en Nouvelle-Écosse, la fédération de l’agriculture a également créé un tableau des offres d’emploi (en anglais seulement). Un site Web de jumelage d’emplois à l’échelle de l’industrie a aussi été mis en place pour le Canada atlantique (en anglais seulement).

En conclusion

Les agriculteurs recrutent localement et ajoutent des heures supplémentaires pour les employés qu’ils ont, en raison de la pénurie de travailleurs étrangers temporaires causée par la pandémie de COVID-19. Les associations de sécurité ont créé des ressources pour aider à assurer la sécurité des nouveaux travailleurs. Pour les agriculteurs et les exploitants d’entreprises agroalimentaires à la recherche de travailleurs, des sites d’offres d’emploi ont été lancés dans tout le pays pour le secteur agricole et agroalimentaire.

Article par : Richard Kamchen