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Nettoyage des semences : brève introduction

31 janv. 2024
6 min de lecture

Voyons ce qu’il en est du nettoyage des semences. Pas besoin de brosse à dents ou de savon!

Ce que c’est et à quoi ça sert

Les élévateurs en bois, qui servent souvent aussi pour nettoyer les semences, sont présents dans toutes les petites villes des Prairies depuis des décennies. S’ils ne sont peut-être plus la norme, les principes fondamentaux restent les mêmes.

Le nettoyage des semences a pour but de réduire le volume à expédier et d’éliminer les semences présentant des imperfections ainsi que toute autre semence ou maladie indésirable. C’est l’utilisation finale des semences qui déterminera le niveau de nettoyage requis. Le nettoyage des semences destinées à être exportées n’a pas besoin d’être aussi approfondi, car il y aura une tolérance par rapport aux impuretés. Les semences destinées à être transformées en aliments devront être lavées plus en profondeur.

Par exemple, le blé utilisé pour la fabrication de la farine doit être presque parfait et exempt d’allergènes tels que le soya. Le niveau de nettoyage nécessaire pour planter la prochaine récolte peut également varier en fonction des exigences du client.

Le nettoyage traditionnel des semences se déroule en plusieurs étapes :

  1. Cribles : À l’instar d’un tamis, le crible laisse passer les matières les plus petites, tandis que les matières plus grosses, telles que les paillettes, sont éliminées.

  2. Alvéole : Les grains resteront coincés dans les alvéoles d’un cylindre horizontal. Les alvéoles ne récupèrent que certaines tailles. Lorsque le cylindre tourne, les grains les plus longs tombent en premier. Les grains plus courts mettront plus de temps à tomber et seront collectés séparément. Il peut y avoir des variations dans le processus, mais le principe de base est le même.

    Schéma représentant un cylindre à alvéoles.

    Source : FAC

  3. Table densimétrique : Une table vibrante inclinée. Les grains sont séparés en fonction de leur densité. Sous l’effet des vibrations et de l’air, les grains les plus lourds sont acheminés à travers les portes, et les grains les plus légers sont propulsés vers le haut et sortent par l’arrière.

  4. Trieuse par couleur : La matière passe à travers la machine où des caméras, des capteurs ou des lasers reconnaissent et éliminent instantanément les grains décolorés ou cassés, souvent avec de l’air.

Types d’installations et personnes qui en assurent l’exploitation

C’est dans les Prairies que l’on trouve le plus grand nombre d’installations de ce genre. La plupart des terres cultivées du pays se trouvent dans les prairies, ce qui semble logique. On trouve toutefois des installations presque partout où l’on trouve des terres cultivées.

Ces installations ont parfois des propriétaires différents. Les petites exploitations agricoles nettoient leurs grains et ceux de certains voisins. Il existe également des coopératives de nettoyage des grains. Il s’agit généralement de plusieurs producteurs qui se regroupent pour exploiter ensemble une installation. Ils disposent souvent d’un accès aux chemins de fer afin d’éviter le transport par camion. Certaines de ces coopératives peuvent même posséder une partie de la ligne de chemin de fer. Ces petites installations effectuent souvent le nettoyage pour préparer les grains en vue de la récolte de l’année suivante ou pour économiser sur les coûts de nettoyage. Les nouvelles coopératives sont de moins en moins nombreuses à voir le jour. Le secteur évolue vers de grandes exploitations commerciales qui bénéficient d’économies d’échelle.

Les grandes installations commerciales agréées diffèrent d’un bout à l’autre du Canada. Dans les Prairies, une installation typique se trouve sur la ligne de chemin de fer, à quelques exceptions près. Certaines installations spécialisées peuvent être amenées à faire entrer et sortir des camions. Dans les installations situées sur une voie ferrée, le produit est transporté par camion, nettoyé et chargé sur des wagons en vue d’être exporté. Ces installations n’appartiennent pas toujours à des propriétaires locaux. Des personnes de l’extérieur de la province ou du pays y ont souvent investi.

Dans les régions de l’est du Canada, les installations sont généralement plus petites. Cela s’explique par le nombre d’hectares cultivés disponibles dans la partie orientale. Le produit est transporté par camion et nettoyé. Il est ensuite expédié par camion pour être déposé dans un port ou une autre destination. Les exploitations commerciales dans les deux parties du pays peuvent souvent être liquidées pendant les années creuses, car les marges sont insuffisantes pour les investisseurs.

Ces dernières années, on a également vu apparaître des usines de nettoyage des grains plus mobiles. Cela permet de gagner du temps, car de nombreux producteurs ont du bétail, des travaux d’entretien et d’autres tâches. Il vaut mieux éviter un trajet supplémentaire si votre nettoyeur n’a pas accès à une voie ferrée ou si vous prévoyez de réutiliser vos grains. Une remorque serait équipée du matériel nécessaire et le produit pourrait être prélevé directement dans le bac du producteur, nettoyé, puis transféré dans un bac vide sur le site.

Défis

L’un des plus grands défis auxquels font face les nettoyeurs de semence est l’approvisionnement en semence. Les nettoyeurs dépendent tout autant d’une bonne campagne agricole que les producteurs. Une sécheresse ou un événement climatique peut avoir de graves répercussions sur leur activité s’il n’y a pas de produit à nettoyer. Si les producteurs peuvent bénéficier d’une assurance-récolte, ce n’est en revanche pas le cas des nettoyeurs de grains. Il est primordial pour eux que la saison de culture soit bonne.

La présence de maladies dans le produit peut poser un problème. Le matériel doit être nettoyé pour éviter la propagation des maladies. C’est notamment le cas des exploitations mobiles qui se déplacent d’une ferme à l’autre.

Il existe également plusieurs méthodes d’emballage. Les trois principales sont les wagons, les conteneurs maritimes et l’ensachage. Il est important d’être en mesure de conditionner le produit pour répondre aux exigences du marché.

Certaines difficultés sont totalement indépendantes de la volonté de l’exploitant. Les sanctions, les interdictions et la disponibilité des wagons peuvent avoir un impact sur l’activité. Si les grains destinés à être exportés ne peuvent pas être expédiés, l’exploitant doit cesser de prendre de nouvelles semences une fois que les wagons sont pleins.

Innovations

Le secteur ne dispose que de peu de nouvelles technologies et les méthodes existantes ont été améliorées récemment. Il est difficile de les intégrer dans les lignes de nettoyage existantes, mais les nouvelles exploitations sont de plus en plus automatisées. Presque tous les types de semences peuvent être nettoyés sur une seule ligne. Le passage d’une semence à l’autre ne demande plus autant de travail humain. Il en va de même pour la surveillance. Elle peut être automatisée, grâce à l’envoi d’alertes et de notifications sur le téléphone des employés. Les lignes d’ensachage sont également de plus en plus automatisées, avec des robots d’ensachage et de palettisation, ce qui permet de réduire les coûts de main-d’œuvre.

La désinfection par rayons UV présente certains avantages qui pourraient être intégrés à l’avenir. L’industrie agroalimentaire utilise cette technologie depuis un certain temps. Les rayons UV peuvent réduire les bactéries et les champignons tout en augmentant potentiellement les pourcentages de germination. Les coûts d’installation et d’exploitation pourraient être minimes. Malgré son efficacité, il y a davantage de chances que cette méthode soit utilisée pour le traitement des semences que pour leur nettoyage.

Partie intégrante du processus

Le nettoyage des semences est peut-être nouveau pour vous, mais vous pouvez être sûr que les céréales que vous mangez sont passées par l’une de ces installations. Il s’agit d’une autre étape dans le parcours de vos aliments, de la terre à votre assiette.

Article par : Kurri Carlson, Analyste, veille stratégique