Passer au contenu principal

Les répercussions du stress et de l’anxiété sur les décisions de ferme

  • 3,5 min de lecture

L’agriculture est un secteur stressant. Bris d’équipement à des moments cruciaux, phénomènes météorologiques imprévisibles, incendies et maladies, détérioration de la confiance du public : la liste des facteurs de stress peut sembler infinie, surtout lorsqu’ils se conjuguent avec les événements de la vie, qu’ils soient heureux ou tragiques.

Quand le stress envahit notre quotidien, nous commençons à prendre des décisions axées sur le contentement de soi et faisons abstraction d’informations pertinentes.

Si le stress a des répercussions physiques, les experts affirment qu’il peut aussi influer sur la capacité à prendre les décisions relatives à l’exploitation agricole.

Selon Gerry Friesen, spécialiste de la gestion des conflits et du stress du cabinet Backswath Management, le stress a des répercussions énormes sur la capacité décisionnelle.

« Quand le stress envahit notre quotidien, nous commençons à prendre des décisions axées sur le contentement de soi, ou sur ce qui a bien fonctionné par le passé. Nous faisons abstraction d’informations pertinentes ou actuelles qui peuvent avoir une incidence déterminante sur nos décisions. »

Scott Gilson exploite l’entreprise Sprucemere Ranch and Dairy (ranch et ferme laitière) au Manitoba avec sa famille. Les Gilson produisent de l’orge, de l’avoine, du maïs et du foin et possèdent 82 vaches laitières ainsi qu’un troupeau de bovins de boucherie de 80 têtes. Au fil des ans, les successions d’inondations et de périodes de sécheresse ont causé un stress important à cette famille, qui a dû prendre des décisions de gestion difficiles, dont celle de réduire la taille du troupeau et de vendre une partie de son quota.

Impacts sur la prise de décisions

M. Gilson est d’accord avec M. Friesen pour dire que le stress a certainement une incidence sur la prise de décisions.

« Certains finissent par refuser d’aller au lit à la perspective d’une autre nuit gâchée par des pensées incessantes. La prise de décisions opérationnelles devient plus difficile, vous avez du mal à vous concentrer et vous mettez des heures à accomplir des tâches qui ne vous prennent habituellement que quelques minutes. Vous vous sentez frustré, les autres vous déçoivent et, disons‑le franchement, vous n’êtes pas la personne que vous voulez être. »

M. Gilson indique que, par nature, l’agriculture est exigeante mentalement dans la mesure où les producteurs ne s’arrêtent jamais et ne prennent généralement pas le temps de décompresser.

« Il est impossible d’arrêter de penser ou de reporter ses inquiétudes au lendemain matin lorsque le stress s’intensifie », dit‑il.

Reconnaître le problème

En septembre 2016, M. Gilson a suivi un cours sur les premiers secours psychologiques offert par la Croix‑Rouge canadienne, qui porte surtout sur la manière de prendre soin de soi et d’aider les autres à composer avec des situations stressantes.

« L’un des enseignements essentiels est de réaliser que le stress met en branle un mécanisme d’engrenage. Les événements s’accumulent dans votre esprit et, un beau jour, sous l’effet d’un autre événement stressant, les répercussions se manifestent sous forme d’anxiété et de dépression à divers degrés. »

Pour prendre soin de votre santé mentale, il est indispensable de reconnaître vos propres limites, de cerner les situations qui vous paralysent et de sortir de la dépression.

« Mais on ne peut pas s’en sortir juste comme ça, précise M. Gilson. Le plus difficile, c’est d’admettre que ça ne tourne pas rond et qu’on a besoin d’aide professionnelle. »

Chercher de l’aide professionnelle

Il peut être très bénéfique de consulter un professionnel à qui l’on peut exprimer ses sentiments d’anxiété, de dépression et de stress. Notamment, cela aide les producteurs à reprendre leur vie en main, un jour à la fois.

Tout comme le recours à une ligne provinciale ou territoriale d’aide psychologique, une visite chez votre médecin de famille est un excellent premier pas. À titre de pourvoyeur principal de soins, votre médecin de famille est à l’écoute et saura mettre sur pied un plan de traitement.

« S’il vous recommande des médicaments, prenez‑les! Parfois, le simple fait de mieux dormir peut vous aider grandement à surmonter les situations difficiles. »

En conclusion

Les problèmes de santé mentale longtemps ignorés rendent de plus en plus difficile la prise de décisions opérationnelles à la ferme, disent des experts. Il est important de détecter le stress et de chercher de l’aide pour maîtriser le stress, l’anxiété et la dépression afin d’atténuer la pression.

Article par : Trudy Kelly Forsythe