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Les relations publiques au service de votre ferme

  • 3,5 min de lecture

Les consommateurs ont soif d’information, et ils veulent l’obtenir des producteurs agricoles.

Soixante-dix pour cent des Canadiens veulent en savoir davantage à propos de l’agriculture.

Le début de la pandémie de COVID‑19 a renforcé l’intérêt des consommateurs pour les chaînes de valeur et les aliments locaux. Les dernières recherches menées par le Centre canadien pour l’intégrité des aliments indiquent que 70 % des Canadiens veulent en savoir davantage à propos de l’agriculture, et qu’ils considèrent que les producteurs sont les mieux placés pour les renseigner.

Comment les agriculteurs peuvent-ils transmettre ces connaissances? Comment s’y prennent‑ils pour devenir leurs propres agents de relations publiques, pour dissiper les mythes et pour informer le public de ce qui se passe réellement dans les fermes?

Les producteurs qui se sont prêtés au jeu proposent différentes stratégies.

Utiliser les médias sociaux pour montrer la vie à la ferme

Le très populaire Tim May, producteur laitier de Guelph, en Ontario, qui a acquis sa renommée sous le nom de Farmer Tim sur les médias sociaux, utilise des plateformes comme Facebook, Instagram et Twitter pour communiquer avec le public.

Ses publications montrent la vie quotidienne à la ferme; les bons côtés, comme ces vaches repues dans un champ ou un lever de soleil magnifique, et les moins bons, comme les intempéries ou le chagrin suscité par la mort d’un veau.

Selon Farmer Tim, le fait de montrer toutes les facettes de l’agriculture permet de créer des liens émotifs avec les consommateurs.

« J’affiche ouvertement mes émotions. Il faut se doter d’une personnalité et trouver des points communs avec les gens. Ceux‑ci veulent savoir que vous êtes compatissant, que vous vous souciez de votre famille et de vos animaux comme eux se soucient de leur famille et de leurs animaux de compagnie. Les gens peuvent s’identifier à vous de cette façon. »

Farmer Tim s’efforce de publier chaque jour sur les médias sociaux. Il est conscient que cela demande du temps; pour y arriver, il compte sur la collaboration des autres agriculteurs parmi ses adeptes en ligne, les invitant à répondre aux questions du public à propos de la production ou à apporter un supplément d’information.

Trouver des points communs pour amorcer la conversation

Will Bergmann (en anglais seulement), producteur de cultures commerciales établi dans la région de Glenlea, à environ 30 minutes au sud de Winnipeg, au Manitoba, est représentant de l’initiative « Ask a Farmer » (Demandez à un producteur) de l’association Canola Eat Well (en anglais seulement). À ce titre, il a l’occasion d’expliquer pourquoi les producteurs utilisent la technologie et d’autres pratiques modernes.

« Représenter un secteur de cette façon est un excellent moyen de discuter d’agriculture avec les consommateurs. »

M. Bergmann et sa femme Jen dirigent aussi une exploitation agricole biologique de taille moyenne soutenue par la communauté (en anglais seulement). Ils ont de nombreuses occasions de discuter d’agriculture biologique et d’agriculture traditionnelle lorsqu’ils livrent leurs produits à leurs membres, qui sont principalement des habitants de Winnipeg.

« Tout le monde veut avoir accès à des aliments salubres, nutritifs et bon marché, et ce désir constitue un point de départ du dialogue sur l’agriculture. Une fois la relation établie, nous pouvons discuter des questions de confiance et comprendre les points de vue des gens. »

Faites visiter votre ferme aux consommateurs – virtuellement!

Avant la COVID-19, Morris Gervais, producteur de fruits et de légumes de la ferme Barrie Hill Farms (en anglais seulement), près de Springwater, en Ontario, a entrepris un vaste exercice de relations publiques en organisant un déjeuner de sensibilisation à l’agriculture et à l’alimentation (Farm and Food Care Breakfast) qui a attiré des milliers de personnes.

M. Gervais voit d’un bon œil ce genre d’initiative.

« En Ontario, nous sommes particulièrement bien placés pour communiquer avec les consommateurs étant donné la proximité d’un énorme bassin de population et l’accessibilité de nos fermes. »

Avec la mise en place des recommandations d’éloignement physique en raison de la COVID-19, autoriser les visiteurs dans les fermes est une pratique du passé, du moins pour le moment. À l’inverse, les visites virtuelles de fermes gagnent en popularité. Farm and Food Care Ontario (en anglais seulement) propose sur son site Web Farm 360 des visites virtuelles de fermes dans divers secteurs agricoles de différentes régions du pays, y compris des visites en réalité virtuelle.

La vente de produits sans intermédiaire est devenue un autre moyen d’établir un lien direct avec les consommateurs. De nombreuses exploitations agricoles partout au pays ont commencé à vendre leurs produits en ligne en offrant le ramassage en bordure de rue, alors que d’autres ont ouvert de petits marchés sur leurs propriétés.

En conclusion

Des recherches montrent que les consommateurs veulent en savoir davantage à propos de l’agriculture, et qu’ils veulent obtenir cette information de ceux et celles qui produisent leurs aliments. L’idée de s’aventurer dans le domaine des relations publiques peut être intimidante, mais les producteurs qui se sont prêtés au jeu recommandent de trouver des intérêts en commun avec les consommateurs et d’imaginer une façon d’amorcer la discussion.

Article par : Owen Roberts