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Les pénuries d’aliments pour animaux font grimper les coûts de production des éleveurs de bétail

  • 2,5 min de lecture

De la même façon que les conditions météorologiques au Canada atlantique ont eu des répercussions sur les cultures fourragères, dame nature cause des pénuries d’aliments pour animaux aux quatre coins du pays.

Diminution de la production de maïs

Dame nature cause des pénuries d’aliments pour animaux aux quatre coins du pays.

Statistique Canada a fait état récemment d’une diminution de 3,5 % de la production de maïs‑grain en raison des retards d’ensemencement attribuables au printemps froid et humide, d’une saison de croissance sèche et des conditions météorologiques défavorables enregistrées durant la récolte. C’est particulièrement le cas en Ontario et au Québec, provinces qui produisent la plus grande partie du maïs au Canada.

« À l’heure actuelle, 50 % du maïs‑grain est toujours au champ, et il reste aussi un peu de soya non récolté », dit Christian Duchesneau du Conseil québécois des plantes fourragères. Certains producteurs, dit‑il, ont décidé d’attendre au printemps pour procéder à la récolte parce que la teneur en eau des cultures est encore élevée et que la neige à certains endroits entrave les travaux.

« Ces producteurs n’auront pas le choix que d’acheter des aliments pour animaux afin de combler le manque à gagner dans leurs silos. Pour cette raison, leur coût de production sera sans doute supérieur à la normale. »

Ray Robertson, directeur du Ontario Forage Council, indique que les producteurs de l’Ontario ont déclaré des superficies non ensemencées pour la toute première fois en raison du printemps humide. Comme au Québec, il reste encore beaucoup de maïs non récolté, et certains producteurs ont décidé de le laisser au champ.

« Nos variétés de maïs évoluent et elles possèdent maintenant une meilleure capacité à rester sur pied, et comme les teneurs en eau sont encore élevées, certains producteurs préfèrent attendre au printemps pour récolter leur maïs. »

Peu de foin à vendre

M. Robertson signale aussi une pénurie de foin à vendre en raison d’une deuxième coupe décevante et de la nécessité de fournir des balles ou des aliments entreposés comme supplément aux bovins en pâturage durant la période sèche du début de l’été. Toutefois, le peu de foin à vendre est de bonne qualité.

John McGregor, agent de vulgarisation agricole de la Manitoba Forage and Grassland Association, indique qu’en raison des conditions inégales allant de la sécheresse à l’humidité excessive au Manitoba, la quantité d’aliments pour animaux disponible et les mesures d’adaptation nécessaires varient grandement à l’échelle de la province. Bon nombre d’éleveurs ont acheté des aliments pour animaux afin de pallier les pénuries.

« Ils utilisent de la paille ou des fourrages de moindre qualité et y ajoutent du grain ou des sous‑produits de grains de manière à combler les besoins nutritionnels des bovins. Certains laissent leurs animaux se nourrir du maïs sur pied qui n’a pas pu être récolté et d’autres continuent de mettre en balle les cannes de maïs pour remédier à la pénurie. »

« On nous rapporte que certains éleveurs réduisent la taille de leurs troupeaux en vendant des vaches non productives, des génisses de remplacement ou tout autre animal dont ils peuvent se départir sans nuire à la production », ajoute M. McGregor.

En conclusion

Les réserves réduites d’aliments pour animaux font grimper les coûts de production de plusieurs éleveurs et les contraignent à prendre des décisions de gestion difficiles. Les céréales et les sous‑produits de grains, entre autres, permettent d’étirer les stocks limités de fourrages grossiers.

Article par : Trudy Kelly Forsythe