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Les entreprises alimentaires doivent comprendre la durabilité : voici pourquoi

  • 3.5 min de lecture

TJ Galiardi, ancien joueur de la LNH, a marqué 44 buts et récolté 105 points au cours de ses dix ans de carrière à titre de hockeyeur, mais l’assistance la plus importante à son actif pourrait découler de son travail pour favoriser la durabilité dans le secteur de la transformation alimentaire.

En collaboration avec son associé en affaires, Darren Burke, TJ Galiardi a fondé Outcast Foods, une entreprise sise à Dartmouth en Nouvelle‑Écosse qui se spécialise dans le surcyclage de fruits et de légumes en surplus ou périmés obtenus auprès d’entreprises de transformation alimentaire, d’épiciers et d’exploitations agricoles.

Alors que les consommateurs prêtent de plus en plus d’attention à tout, depuis l’empreinte de carbone d’une entreprise jusqu’aux méthodes de fabrication de ses produits et à la source d’approvisionnement des matières qui servent à les fabriquer, Outcast Foods est en voie de devenir une championne de la durabilité.

La société utilise d’abord le refroidissement instantané des fruits et légumes afin qu’ils conservent leurs micronutriments, puis les déshydrate pour les transformer en poudres protéinées, vendues en ligne et chez des détaillants au Canada et aux États‑Unis. Outcast Foods vend également des ingrédients, comme de la poudre de betterave, de carotte et de brocoli, à diverses entreprises dont des fabricants d’aliments pour animaux et de cosmétiques, qui incorporent ces poudres dans leurs processus de fabrication.

M. Galiardi explique qu’Outcast construit actuellement une usine de 46 000 pieds carrés à Burlington, en Ontario, ce qui permettra à l’entreprise de transformer 1,5 million de livres de fruits et légumes par mois, en combinant la capacité des installations de l’Ontario et de la Nouvelle‑Écosse.

La durabilité comme principe fondamental

La durabilité est devenue une sorte de principe fondamental, en poussant le secteur de la transformation alimentaire à examiner la façon dont il exerce ses activités.

« Si vous représentez une marque sur le marché en ce moment, mais que rien de durable n’y est associé, que ce soit l’emballage, les ingrédients ou le produit lui-même, elle sera retirée des rayons en peu de temps », déclare M. Galiardi.

Selon un rapport publié par PricewaterhouseCoopers au Canada en 2019 (en anglais seulement), la durabilité est devenue « la façon de faire des affaires » pour les entreprises, et 34 % des consommateurs seraient disposés à payer plus cher pour les marques qui sont connues pour leurs pratiques en matière de durabilité.

Arriver à maturité

Cher Mereweather, présidente‑directrice générale de Provision Coalition, travaille avec des entreprises au sein du système alimentaire afin de créer une économie circulaire de l’alimentation. Elle reconnaît que la question de la durabilité est finalement arrivée à maturité au sein du secteur de la transformation et de la fabrication des aliments.

Les détaillants en alimentation accordent une importance accrue à la durabilité, notamment en concentrant davantage leur attention sur les activités hors de leur organisation que sur les opérations internes, ce qui les amène à poser des questions à leurs partenaires transformateurs. Plusieurs exploitants considèrent encore la durabilité avec un certain scepticisme, en percevant les efforts en ce sens comme un obstacle susceptible de diminuer la rentabilité plutôt que comme un centre de profit potentiel.

Intégrer la durabilité

Provision Coalition s’emploie à créer un environnement sûr où les clients peuvent se livrer à des expériences, afin de prouver la viabilité de la durabilité. Cher Mereweather propose d’explorer des domaines, comme celui de la prévention de la perte et du gaspillage d’aliments ou de l’efficacité opérationnelle, pour obtenir des résultats financiers et intégrer la durabilité au modèle de gestion.

Mme Mereweather indique qu’une bonne stratégie de durabilité doit commencer par le « pourquoi » et que, pour répondre à la question, il faut se tourner vers l’extérieur. Une vision éclairée en matière de durabilité ne doit pas se limiter à votre entreprise, elle doit s’ouvrir sur le monde qu’elle tente d’intégrer. Selon elle, connaître le « pourquoi », au bout du compte, aura une incidence sur chaque activité de l’entreprise.

« Une vision éclairée en matière de durabilité ne doit pas se limiter à votre entreprise, elle doit s’ouvrir sur le monde et l’englober. »

Par exemple, Club Coffee, une entreprise établie à Etobicoke, en Ontario, a axé son approche de la durabilité sur la réduction des 12 milliards de dosettes de café à usage unique qui sont utilisées chaque année en Amérique du Nord.

Sa démarche l’a menée à lancer, en 2015, PurePod100, la première dosette de café à usage unique entièrement compostable dans le monde. Cette réalisation a été pour l’entreprise un moyen de prendre position sur cette question, importante pour l’entreprise et ses clients.

L’an dernier, Club Coffee a célébré la production de sa milliardième dosette PurPod100, un exploit qui a permis d’éviter que plus de 3 000 tonnes de dosettes de café en plastique à usage unique soient dirigées vers des sites d’enfouissement. Elle a depuis noué des relations avec des entreprises de café, notamment Ethical Bea et Kauai Coffee.

Mme Mereweather précise toutefois que la durabilité demeure un concept nouveau pour de nombreuses entreprises, ce qui signifie qu’il y en a encore beaucoup qui ont besoin d’aide pour se familiariser avec les avantages de la durabilité.

Article par : Chris Powell