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Lancer une entreprise agricole : quand une vision devient réalité

5,5 min de lecture

Roger Lobb n’a pas grandi sur une ferme. C’est dans la quarantaine qu’il a fait l’acquisition d’une petite parcelle de terre non irriguée près de Medicine Hat, en Alberta. C’était la première étape de la création de Sand Box Farms. Sans aucune expérience en agriculture, Roger a bâti son entreprise grâce à du mentorat, une planification stratégique et une démarche entrepreneuriale collaborative. Son parcours est la preuve que la curiosité, une orientation claire et une détermination à continuer d’apprendre toute sa vie peuvent transformer des débuts non conventionnels en une ferme prospère et tournée vers l’avenir.

Phase de démarrage

Je me suis lancé dans l’agriculture en 2008, alors que je travaillais toujours comme pasteur. J’ai acheté un quart de section aux abords de la ville et commencé à apprendre les rouages du métier auprès d’un agriculteur à la retraite qui est rapidement devenu mon mentor. Il avait énormément de connaissances et a effectué une grande partie du travail initial puisque j’occupais encore un emploi à l’époque. Au fil des ans, je me suis procuré de l’équipement et j’ai fait l’acquisition d’autres terres. Puis, en 2016, quand j’ai pris ma retraite du clergé, j’ai pu m’investir entièrement dans la ferme. L’achat de terres irriguées a joué un rôle déterminant dans la croissance de l’entreprise.

Aujourd’hui, Sand Box Farms compte environ 2 500 acres de terres irriguées. Nous cultivons principalement de la phléole des prés pour l’exportation. Nous offrons aussi des produits biologiques à rendement élevé, en ciblant des marchés à créneaux spécialisés qui génèrent une valeur supérieure. Récemment, nous avons fondé une coentreprise en partenariat avec deux autres exploitations agricoles. Nous produisons désormais des pommes de terre et du chanvre biologiques, deux cultures dont nous arrivons à dégager d’importants revenus.

Esprit de collaboration

L’état d’esprit a toujours été d’une importance capitale pour moi. Il faut déterminer comment on perçoit les fermes voisines : comme des concurrentes ou comme des collaboratrices? J’ai connu les deux modèles. Dès mes débuts, j’ai tissé un lien privilégié avec un voisin avec qui j’échangeais sur ses expériences. Il me donnait des conseils sur la rotation des cultures et les variétés qui offraient de bons rendements. Je me souviens l’avoir remercié. Il m’avait alors répondu : « l’entraide doit être réciproque, sans quoi la relation risque de s’essouffler ». Ce commentaire a été formateur. Je me suis entouré de personnes comme ça. Il y a encore des gens qui sont prêts à partager. Au lieu d’essayer de rivaliser entre nous, nous nous serrons les coudes.

Je me considère assurément comme un entrepreneur. Je suis toujours à la recherche de nouvelles occasions, de nouveaux marchés et de façons de créer plus de valeur à partir des terres que je possède. J’adore innover, développer de nouvelles choses et trouver des idées d’affaires.

Planification, feuilles de calcul et prise de risque intelligente

Un plan d’affaires solide me permet de gérer le risque tout en stimulant la croissance et la curiosité.

Un plan d’affaires solide me permet de gérer le risque tout en stimulant la croissance et la curiosité. Dès que j’ai commencé à pratiquer l’agriculture, je me suis mis à consigner la base : si je cultive du blé, voici le rendement que j’obtiens, les coûts associés et les revenus que je peux en tirer. Chaque année, je refais le calcul. Si une culture n’est pas rentable, j’essaie autre chose. Il est impossible d’établir le risque quand on ne connaît pas ses coûts de production.

Je collaborais avec les partenaires de ma coentreprise de manière informelle depuis plusieurs années. En rédigeant ensemble un plan d’affaires, nous avons défini notre mission et nos valeurs fondamentales et établi une structure claire pour une collaboration plus formelle. Mes collègues et moi sommes les administrateurs principaux, et moi, j’agis à titre de directeur opérationnel. Je m’occupe de l’embauche et de l’achat d’équipement, mais je me rapporte au conseil d’administration. Cette clarté permet au personnel de savoir exactement de qui il relève.

Quand on élabore un plan, on doit définir une vision. Se fixer des objectifs sur une période d’un, deux et cinq ans. Par exemple, nous savions que nous voulions un jour augmenter la production de pommes de terre. Ainsi, quand l’occasion s’est présentée d’acheter une deuxième planteuse, nous n’avons pas hésité. Nous n’en avions pas encore besoin à ce moment-là, mais notre plan à long terme prévoyait que ça viendrait.

Notre plan d’affaires n’est pas coulé dans le béton non plus : il guide nos choix, sans nous limiter pour autant.

Innovation, technologie et apprentissage continu

Durant le processus de création de mon entreprise, j’ai obtenu une maîtrise en leadership et gestion. C’était ma façon de vivre ma crise de la quarantaine. J’étais arrivé au bout d’une carrière enrichissante et j’avais besoin de nouveaux défis. Je ne pensais pas décrocher de diplôme; je voulais simplement apprendre, réfléchir et m’outiller. Finalement, le processus m’a aidé à mieux me comprendre et à définir ma vision de l’avenir.

Je suis désormais un adepte de l’apprentissage continu. J’aime tous les formats offerts, qu’ils soient formels ou informels, dont les conférences, les séminaires et les ateliers dirigés par des spécialistes. Ces enseignements viennent compléter l’expérience pratique de la ferme.

Je pense qu’il est faux de croire que la technologie contribue à la suppression d’emplois. Elle peut toutefois modifier le niveau de compétences requis. Par exemple, mon gendre, qui est titulaire d’un baccalauréat en informatique, et mon fils de 17 ans font voler nos drones. Mon fils tire sa coordination œil-main de son amour pour les jeux vidéo. De plus, l’unité de commande d’un drone est presque identique à la manette d’une console de jeu. Grâce aux aptitudes acquises dans ses temps libres, il a été en mesure de cartographier et de pulvériser nos champs. Jamais je n’aurais pu laisser un adolescent conduire un pulvérisateur à grand dégagement de 120 pieds de haut. La technologie permet à la prochaine génération d’en faire plus qu’avant.

De plus, on entend souvent dire à tort que si l’on n’a pas grandi sur une ferme, l’agriculture est hors de portée. On ne peut pas nier l’importance du bagage familial. Mais je crois sincèrement que, de nos jours, avec un plan d’affaires robuste, un marché ciblé et un calendrier opportun, il est possible de commencer à pratiquer l’agriculture sans expérience préalable. J’ai pu constater ce phénomène au sein de la relève : quand les chiffres sont enfin saisis dans une feuille de calcul et que les gens réalisent que leur projet pourrait fonctionner. C’est vraiment puissant.

D’après un article de l’AgriSuccès par Emily Leeson.

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