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L’art subtil d’établir un budget d’entreprise et de le respecter

  • 3 min de lecture

Lorsqu’il s’agit d’établir le budget d’une exploitation agricole, il est important de prévoir une marge de manœuvre suffisante pour composer avec des revenus variables, d’effectuer un examen attentif des dépenses d’exploitation réelles et d’assurer la clarté de l’information financière, disent des conseillers financiers, une démarche qui peut faire beaucoup de chemin.

Commencez avec des paramètres clairs

Selon Darrell Wade, fondateur de Farm Life Financial, une société de conseil et de planification agricole de Peterborough, en Ontario, la planification du transfert offre une bonne occasion pour la nouvelle génération et la génération sortante de comprendre les paramètres selon lesquels la ferme doit fonctionner.

Cela dit, un budget qui répond aux besoins des deux parties repose avant tout sur la mise en commun d’un état des flux de trésorerie clair et précis. Ce document peut ensuite être comparé aux attentes relatives au mode de vie, à l’évolution prévue des dépenses et à d’autres facteurs variables afin de déterminer les conditions requises pour préserver la rentabilité.

« La seule façon d’y arriver, c’est d’avoir des renseignements financiers clairs, dit M. Wade. Ce n’est pas ce que nous faisons d’un actif, c’est ce que nous gardons. »

Séparer les dépenses personnelles des dépenses de la ferme

Stephanie Holmes‑Winton, fondatrice de Cacheflo, une entreprise de technologies financières spécialisée dans la gestion des dépenses, établie à Halifax, indique que beaucoup de producteurs se heurtent à des obstacles en matière de budgétisation parce qu’ils ne séparent pas adéquatement les véritables dépenses d’entreprise des dépenses personnelles et familiales.

Nous avons tendance à resserrer nos dépenses lorsque les temps sont durs, mais nous ne profitons pas toujours des périodes fastes pour rembourser nos dettes.

Parmi les dépenses réelles de la ferme, on compte entre autres les paiements pour une moissonneuse-batteuse ou un tracteur. Les mensualités pour une camionnette neuve qui n’est pas indispensable n’en feraient peut‑être pas partie. Ce type de dépense peut dépasser facilement les capacités d’une famille, souligne Mme Holmes‑Winton. Le stress occasionné sera sans doute moins grand si ces sommes sont payées à même le revenu personnel.

« Si vous n’avez qu’un gros prêt sur la totalité de la propriété, techniquement, votre maison en fait partie. Vous pouvez estimer le montant du paiement hypothécaire et le déduire de votre salaire. » Le salaire peut aussi être considéré comme une dépense, au même titre que le carburant, les aliments pour animaux ou « tout autre intrant essentiel ».

« Nous avons tendance à resserrer nos dépenses lorsque les temps sont durs, mais nous ne profitons pas toujours des périodes fastes pour rembourser nos dettes », dit Mme Holmes‑Winton.

Ventilation des coûts

La variabilité du revenu agricole d’une année à l’autre peut rendre la budgétisation encore plus difficile, selon Lise Deleurme, comptable établie à Notre‑Dame‑de‑Lourdes, au Manitoba. Pour cette raison, il n’est pas toujours souhaitable de s’en tenir à un budget établi à l’avance.

Par exemple, vous voudrez peut‑être réviser à la baisse vos plans d’investissement pour atténuer la variabilité potentielle. Cela pourrait se traduire par l’ensemencement d’une culture qui rapporte un revenu global moins élevé, mais qui est plus susceptible de survivre à des conditions météorologiques très difficiles.

Comme la rentabilité est en partie déterminée par les coûts initiaux, Mme Deleurme réitère l’importance d’avoir une idée précise de vos coûts par acre ou par hectare, par opposition à une simple idée générale.

« Je pense que nous devons tous accorder un peu plus d’attention à la planification des coûts », dit la comptable.

En conclusion

Il peut être difficile de respecter un budget, surtout dans une exploitation agricole. Les experts financiers recommandent aux producteurs de gérer le budget de la ferme en dressant un état clair des flux de trésorerie, en retirant les dépenses personnelles des dépenses d’exploitation et en assouplissant le plan de gestion de l’exploitation.

Article par : Matt McIntosh