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Tourteau, huile et graine de canola — coup d’œil sur la rentabilité dans l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement

  • 18 juin 2019

Si, malgré les contraintes actuelles d’accès au marché, les prix du canola n’ont pas subi un déclin marqué, le dynamisme de l’industrie canadienne de la transformation du canola y est pour beaucoup. Les marges des triturateurs de canola devraient s’améliorer en 2019 grâce à une baisse de la demande à l’exportation entraînant un fléchissement des prix à la production, alors que la demande d’huile et de tourteau de canola devrait demeurer solide.

Une augmentation des marges de trituration du canola est prévue en 2019-2020

La demande intérieure et à l’exportation d’huile de canola, conjuguée à l’accès continu au marché pour le tourteau de canola, a soutenu les marges de trituration du canola (figure 1). Au cours des trois premiers mois de 2019, les prix de l’huile de canola se sont établis en moyenne à 1 000 $ la tonne (en anglais seulement), soit 2,0 % de plus qu’en 2018. En revanche, les prix du tourteau ont connu une baisse de 3,5 % pour s’établir en moyenne à 356 $ la tonne. 

Les marges de trituration semblent s’améliorer pour le reste de l’exercice 2019-2020 en raison des facteurs suivants :

Le prix du contrat à terme de novembre 2019 pour le canola se situe actuellement à 470 $ la tonne (en anglais seulement), soit à peu près 8 % moins élevé que le prix moyen à la production de 2018 et 2 % plus bas que celui de novembre 2018, en supposant un prix de base de 35 $. Or, l’incertitude qui règne autour de l’approvisionnement global de canola en 2019 exerce une pression à la hausse sur les prix. La diminution prévue des prix à la production a fait reculer la superficie ensemencée en canola. Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) estime que ce recul a atteint 6,6 % en 2019 par rapport à 2018. La sécheresse qui s’est installée dans de nombreuses parties de l’Ouest canadien doit faire l’objet d’une surveillance. Les premières indications montrent que des rendements inférieurs à la moyenne et des récoltes moins volumineuses pourraient réduire davantage l’offre intérieure.

Figure 1. La forte demande d’huile et de tourteau de canola renforce les marges de trituration du canola

La trituration du canola est importante pour l’industrie agricole et agroalimentaire canadienne

Au cours des 10 dernières années, les triturateurs de canola canadiens ont traité en moyenne 43 % de la production nationale parce que la capacité de trituration s’est développée à un rythme similaire à celui de la production. La demande de canola issue des triturateurs a plus que doublé, passant de 4,14 millions en 2009 à 9,27 millions de tonnes métriques (mtm) en 2018, soit une augmentation de 124 %.

Cette hausse a favorisé une croissance vigoureuse de la production de canola et du secteur canadien de la fabrication de produits alimentaires. Dans la dernière décennie, le PIB du secteur de la mouture des grains et des oléagineux a augmenté à un taux annuel moyen de 5,3 % par rapport à la croissance moyenne de 2,2 % du secteur de la fabrication de produits alimentaires et à 1,8 % de l’ensemble de l’économie canadienne.

L’investissement dans l’industrie canadienne de la trituration du canola est un rouage important de la croissance de la fabrication de produits alimentaires. Il soutient en outre l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement, des producteurs primaires aux consommateurs.


Craig Klemmer
Économiste agricole principal

Craig Klemmer a commencé sa carrière à FAC en 2009 en tant qu’économiste agricole. Il se spécialise dans la surveillance et l’analyse de l’environnement macroéconomique, la modélisation de l’état de santé de l’industrie et la prestation d’analyses des risques liés à l’industrie. Avant son arrivée à FAC, il a travaillé à la Direction de l’élevage du ministère de l’Agriculture de la Saskatchewan. M. Klemmer est titulaire d’une maîtrise en agroéconomie de l’Université de la Saskatchewan.

@CraigKlemmer