Passer au contenu principal

Solidifier le positionnement des transformateurs d’aliments canadiens sur le marché mondial

  • 04 sept. 2018

La croissance de la demande alimentaire mondiale crée d’immenses débouchés pour l’industrie agroalimentaire canadienne. Il existe deux possibilités pour approvisionner les marchés étrangers : produire ici et exporter du Canada ou investir ailleurs pour servir les clients étrangers directement chez eux. Même si ces deux possibilités peuvent sembler incompatibles, les faits montrent cependant que les investissements directs à l’étranger jouent un rôle de premier plan à l’appui des exportations.

En quoi la croissance de la demande alimentaire mondiale crée-t-elle d’immenses débouchés pour l’industrie agroalimentaire canadienne?

Les investissements directs à l’étranger se produisent lorsque des entreprises canadiennes investissent dans d’autres pays. Ces investissements permettent de mieux comprendre les goûts et préférences des consommateurs étrangers, réduisent les frais liés au transport, puis donnent lieu à des occasions d’apprentissage et des transferts de technologies, ce qui, au bout du compte, aide toutes les entreprises canadiennes à obtenir de meilleurs résultats sur le marché intérieur. 

L’investissement croît à un rythme plus lent que les exportations

Dans la période de trois ans de 2005 à 2007, les investissements en installations nouvelles (en anglais seulement) des entreprises canadiennes dans le secteur des aliments et des boissons s’élevaient à 922 M$ US. Dix ans plus tard, ces investissements avaient atteint 1,3 G$ US, soit une augmentation de 45 % pendant la période de 2015-2017. Les exportations canadiennes d’aliments et de boissons ont connu une croissance encore plus rapide au cours de la même période, passant de 39,1 G$ (2005-2007) à 60,7 G$ (2015-2017), une augmentation de 55 %. Ces données confirment les constatations selon lesquelles la croissance des investissements directs à l’étranger n’a pas fait obstacle à la croissance des exportations.

L’économie américaine demeure une destination de choix pour les investissements directs à l’étranger des entreprises canadiennes. Les États-Unis se sont approprié une part de marché de 64 % des investissements canadiens en installations nouvelles, comparativement à 50 % il y a dix ans passés. Le marché américain est une destination importante pour les exportations d’aliments et de boissons, lui qui représentait en moyenne 77 % de toutes les exportations de 2015 à 2017. Cette part de marché est demeurée relativement stable au cours des dix dernières années. L’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) et la proximité avec les acheteurs ont fait des États-Unis une destination attrayante pour les exportations et les investissements.

La conclusion des négociations relatives à l’Accord économique et commercial global en 2014 et l’élimination ultérieure des obstacles au commerce n’a pas ralenti les investissements en Europe. Au contraire, les investissements canadiens sur les marchés européens ont augmenté de 265 % de 2005-2007 à 2015-2017. De plus, les exportations d’aliments sont passées de 859 M$ en 2008 à plus de 1 G$ en 2017.

Figure 1 : Les investissements canadiens en installations nouvelles aux États-Unis ont pris de la valeur et de l’importance

Investir à l’étranger pour solidifier nos chaînes d’approvisionnement

Regarder la situation du point de vue des chaînes d’approvisionnement est indispensable pour arriver à d’excellents résultats sur les marchés intérieurs et étrangers. Les investissements à l’étranger peuvent nous aider à obtenir des produits primaires de meilleure qualité qu’il serait impossible de faire pousser au Canada (comme le cacao) et à investir dans la capacité de transformation pour apporter une valeur ajoutée (produire du chocolat, par exemple). Exercer un contrôle dans la chaîne d’approvisionnement au moyen de l’intégration verticale ou de partenariats stratégiques peut mener à des initiatives de traçabilité, un élément hautement recherché par les consommateurs d’aujourd’hui.

Le chocolat fait partie de la catégorie « sucres et confiseries », qui a connu une croissance considérable ces 10 dernières années (figure 2). Le secteur de transformation des fruits et des légumes obtient une grande part de tous les investissements en installations nouvelles, notamment dans les domaines de la transformation des pommes de terre, des serres et des boissons. Dans ce secteur à lui seul, les investissements directs à l’étranger ont augmenté de 55 % au cours de la période de 10 ans, passant de 544 M$ US en 2005-2007 à 841 M$ US en 2015-2017. Pendant la même période, les exportations de fruits, de légumes et d’aliments de spécialité ont progressé de 50 %, passant de 3,3 G$ US à 4,9 G$ US.

Figure 2 : Le secteur de la transformation des fruits et légumes domine les secteurs où les investissements canadiens en installations nouvelles sont effectués

Les investissements directs à l’étranger renforcent notre présence mondiale

Les exportations et les investissements directs à l’étranger sont étroitement liés. Les investissements des entreprises étrangères sur le marché alimentaire canadien augmentent la concurrence des transformateurs d’aliments nationaux, mais aussi créent des débouchés d’exportation dans la chaîne d’approvisionnement qui, autrement, pourraient être impossibles. Les investissements étrangers solidifient la part de marché des entreprises canadiennes sur la scène mondiale et augmentent leur compétitivité. Ensemble, les investissements directs à l’étranger du Canada et les investissements directs des entreprises étrangères au Canada peuvent aider l’industrie à atteindre ses ambitieux objectifs d’exportations d’aliments.


Article par : Tyler Betcher, Économiste agricole