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PTPGP : Pleins feux sur la Malaisie

  • 09 mai 2018

Tout au long du mois de mai, l’équipe de l’Économie agricole FAC va examiner le PTPGP et son incidence sur plusieurs secteurs agroalimentaires du Canada. Dans le présent billet, nous nous penchons sur la Malaisie, un marché peu connu et un concurrent pour les producteurs canadiens.

La Malaisie est l’une des plus fortes économies de l’Asie du Sud-Est. Elle représente une force commerciale importante dans le monde et elle affichait une balance commerciale positive avec le Japon, Singapour, les États-Unis et la Thaïlande, et un excédent commercial global de 22,7 milliards de dollars américains en 2017.

Depuis 1957, le PIB de la Malaisie a progressé en moyenne de 6,5 % par année. Il a grimpé de 5,9 % en 2017 et on prévoit qu’il continuera de croître d’environ 4,9 % par année au cours des cinq prochaines années. La diversité des ressources naturelles du pays et l’expansion de ses secteurs manufacturiers lui ont permis de devenir une économie à revenu intermédiaire élevé très ouverte dont le niveau de pauvreté est estimé à moins de 1 %. Avec une population estimée à 31,9 millions en 2018, les consommateurs malaisiens se sont habitués à une meilleure qualité de vie.

En 2016, la Malaisie a importé pour 1,4 milliard de dollars américains de céréales, dont la moitié était du maïs, et le reste est presque entièrement constitué de riz et de blé. Le Canada a exporté du blé pour une valeur de plus de 52 millions de dollars américains (soit environ 15 % des importations malaisiennes de blé), mais les Malais importent principalement de leurs voisins asiatiques. En 2016, les importations de légumes, de poisson, de fruits, de noix, d’oléagineux et de café représentaient environ 60 % de toutes les importations agricoles (soit une valeur de 5,2 milliards de dollars américains).

La Malaisie a déjà signé des accords de libre-échange avec l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Japon et le Chili. La Chine est la plus importante source d’importations agricoles de la Malaisie, elle profite d’un accord de libre-échange signé parmi les nations membres de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE).

Une puissance commerciale mondiale

La Malaisie a pour voisins deux signataires du PTPGP, soit Singapour et le Brunéi Darussalam, et elle partage ses eaux côtières avec le Viet Nam. La péninsule malaise se situe à la frontière nord du détroit de Malacca, qui est une route de navigation importante. L’Indonésie se trouve sur les littoraux de la frontière sud du détroit, tandis que Singapour, une ville-État insulaire et un autre signataire du PTPGP, borde la côte sud-est de la Malaisie.

Son emplacement idéal, son éducation et ses soins de santé subventionnés ainsi que son économie de marché industrialisée ont permis à la Malaisie de devenir le 24e exportateur mondial et le 6e exportateur en importance du PTPGP. 

Un leader mondial de l’huile de palme

L’agriculture malaisienne représentait environ 8 % de son PIB en 2016. Le pays produit principalement de l’huile de palme, des tourteaux de protéines (oléagineux), du caoutchouc naturel et du cacao.  

L’huile de palme connaît du succès. La Malaisie en est le deuxième exportateur mondial, derrière l’Indonésie, avec 44 % des exportations mondiales d’huile de palme en 2016. Les plantations malaisiennes produisent plus de 17 millions de tonnes d’huile par année, représentant de 5 à 6 % du PIB de la Malaisie. Cette culture occupe plus de 70 % des terres agricoles du pays.

Dans leurs projections à long terme, l’OCDE/FAO estiment que la production augmentera d’environ 1,5 % par année pour les huit prochaines années. Cette croissance sera imputable à des gains de productivité qui améliorent les rendements grâce à des progrès technologiques, et à l’augmentation de la demande mondiale de graisses et d’huiles.

L’huile de palme est exportée pour la restauration rapide, les cosmétiques, le savon et le biocombustible. Cette huile est toutefois surtout utilisée pour la cuisson. L’huile de palme constitue une excellente source de vitamine E et elle est riche en antioxydants. Elle rehausse la saveur des plats des cuisines sud-américaine et caribéenne et offre de grands avantages pour la protection de la peau et des cheveux. Elle est en concurrence directe avec l’huile de canola, qui est peut-être le choix le plus approprié pour les mets aux saveurs délicates. Par ailleurs, l’huile de canola, lorsqu’on la compare à toutes les autres huiles, contient la plus petite quantité de graisses saturées qui obstruent les artères, pouvant possiblement aider à diminuer le risque de maladies cardiovasculaires.

Le PTPGP devrait conduire à une hausse des exportations d’huile de palme vers des marchés développés comme le Pérou et le Mexique.

Les oléagineux (tourteaux de protéines) sont la deuxième culture en importance et on prévoit une hausse de la production de 12 % d’ici 2024. La demande intérieure absorbera la majeure partie de la production supplémentaire, mais un meilleur accès aux tourteaux de protéines de la Malaisie pourrait se traduire par une concurrence accrue pour le Canada dans des marchés clés comme le Japon.

La Malaisie a connu une diminution de la transformation de cacao après une baisse de l’approvisionnement en fèves de cacao et une concurrence au chapitre de la transformation de la part de l’Indonésie. Ceci représente une bonne nouvelle pour le Canada qui devançait la Malaisie dans les classements mondiaux pour le cacao et les préparations de cacao en 2015. Entre 2011 et 2016, les exportations canadiennes de cacao ont grimpé de 52 % (pour atteindre 1,5 milliard de dollars américains) tandis que celles de la Malaisie sont demeurées stables.

La consommation mondiale de cacao devrait augmenter d’au moins 16 % d’ici 2019. En 2016, le chocolat était l’une des plus importantes exportations d’aliments transformés au monde (avec une valeur de 26,8 milliards de dollars américains) et le beurre, la graisse et l’huile de cacao figuraient parmi les exportations affichant la croissance la plus rapide de la dernière décennie, avec une valeur de 4,5 milliards de dollars américains en 2016.

Qu’est-ce que le Canada y gagnera?

Le Canada et la Malaisie jouissent déjà de solides relations commerciales bilatérales. Entre 2012 et 2014, les exportations canadiennes annuelles vers la Malaisie représentaient en moyenne une valeur de 987,9 millions de dollars canadiens, et comprenaient notamment de la machinerie, des engrais, du plastique, du poisson, des produits de pommes de terre et des produits de papier.

Les tarifs douaniers exigés pour les produits agricoles canadiens exportés en Malaisie, variant de 5 % (pour les pommes) à 15 % (pour le sucre et le chocolat), seront éliminés. L’élimination de ces tarifs favoriserait davantage les exportations de produits agricoles canadiens comme l’engrais, le bœuf, le porc et le blé. 


Kami Filson

Directrice des relations d’affaires à FAC

Blogueuse invitée, Kami Filson a grandi dans une exploitation mixte combinant la production de céréales et l’élevage de bovins, située au Sud de la Saskatchewan. Elle a fait ses études à l’Université de la Saskatchewan, où elle a obtenu un baccalauréat en agriculture avec une majeure en économie. Elle est directrice des relations d’affaires à Brooks, en Alberta, depuis 2010.


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