Passer au contenu principal

Prêt à exporter? Coup d’œil sur les légumineuses et les légumes préparés ou conservés du Canada

  • 17 nov. 2020
  • 3,5 min de lecture

Le Canada est depuis longtemps un grand exportateur de produits agricoles et de denrées alimentaires. La position qu’occupe le pays au chapitre des exportations mondiales de produits alimentaires indique pourtant des possibilités de croissance. En 2019, le Canada se situait au cinquième rang des exportateurs mondiaux de produits de base et au onzième rang pour ce qui est des denrées alimentaires.

La diversification des marchés d’exportation est essentielle pour accroître les débouchés et atténuer les risques. En 2019, 78,5 % des exportations alimentaires du Canada ont pris la direction des États-Unis et depuis 2015, 77,3 % de la croissance des exportations est attribuable aux États-Unis. 

Dans notre dernier rapport Classement selon les échanges commerciaux 2020 : Possibilités et défis pour la diversification des exportations alimentaires du Canada , nous décrivons le potentiel de diversification des exportations d’huile de canola, de porc préparé ou en conserve, de produits à base de pommes de terre, de crabe préparé et de bœuf préparé ou en conserve. Voici un exemple d’analyse que vous trouverez pour les exportations de légumineuses et de légumes préparés ou conservés.

Les exportations canadiennes de légumineuses et de légumes préparés ou conservés sont acheminées vers les États-Unis

Les exportations mondiales de légumineuses et de légumes préparés ou conservés totalisaient 14,3 milliards de dollars américains en 2019, la majorité étant destinée à des produits pour lesquels le Canada ne dispose peut-être pas d’un avantage (p. ex., les olives et le bambou). En revanche, le Canada bénéficie d’un avantage concurrentiel sur le marché des légumineuses. Le Canada a exporté pour une valeur de 83,5 millions de dollars américains en 2019, et l’on constate une nette préférence pour les exportations de produits bruts. La dépendance à l’égard des exportations vers les États-Unis s’est également accentuée, passant de 73,4 % en 2009 pour atteindre 94,5 % en 2019.

Les possibilités de croissance et de diversification des exportations sont nombreuses (figure 1). Seuls les États-Unis peuvent être considérés comme un marché privilégié compte tenu de la structure des échanges commerciaux en 2019. Le Canada a conclu des accords de libre-échange avec bon nombre de pays importateurs qui affichent la croissance la plus rapide au monde, notamment le Japon (Accord de Partenariat transpacifique global et progressiste), l’Union européenne (Accord économique et commercial global) et la Corée du Sud (Accord de libre-échange Canada-Corée du Sud).

Il faut aussi tenir compte de la taille du marché américain par rapport au volume des exportations canadiennes. Tant que la demande de produits canadiens ne sera pas satisfaite en Amérique du Nord, la diversification risque de se faire attendre.

Figure 1 : Premiers importateurs mondiaux, marchés affichant la croissance la plus rapide et marchés ayant privilégié les légumineuses et les légumes canadiens en conserve en 2019

Graphique montrant les premiers importateurs mondiaux, marchés affichant la croissance la plus rapide et marchés ayant privilégié les légumineuses et les légumes canadiens en conserve en 2019.

Source: UN Comtrade, consulté en septembre 2020

En conclusion

La diversification est souhaitable du point de vue de la gestion du risque, or, des arguments économiques vont également à l’encontre des efforts de diversification.

  1. La vente sur un ou deux marchés permet de réaliser des économies d’échelle. Il est peut-être plus économique de maintenir et de développer les marchés existants que d’établir une présence sur un nouveau marché d’exportation.
  2. Le coût des intrants et de la fabrication joue un rôle important. Les marchés sensibles au prix peuvent offrir un potentiel limité, en particulier pour les produits canadiens de qualité supérieure.
  3. Certaines barrières commerciales non tarifaires empêchent la diversification. La réglementation peut empêcher les fabricants canadiens d’avoir accès à certains marchés.
  4. Un ralentissement de la croissance économique mondiale pourrait se traduire par une croissance plus timide de la demande alimentaire. La pandémie nous a rappelé l’importance de maintenir une chaîne d’approvisionnement alimentaire robuste, et certains pays pourraient en ressentir les conséquences économiques pendant des années. 

Une diversification accrue est possible et présente certains avantages. La diversification permet aux flux d’exportations de se poursuivre lorsque des partenaires commerciaux ne sont plus disponibles.

Avec la croissance de la population mondiale et l’augmentation des revenus, la demande de denrées alimentaires grimpe, offrant ainsi au Canada la possibilité d’accroître ses exportations. Une augmentation du pouvoir d’achat sur les marchés non traditionnels et les nouveaux accords commerciaux créent des possibilités de diversification des exportations par rapport aux destinations traditionnelles.


Kyle Burak
Économiste agricole principal

Kyle Burak s’est joint à FAC en 2020 en tant qu’économiste agricole principal. Il se spécialise dans la surveillance et l’analyse du portefeuille d’Agroentreprise et agroalimentaire de FAC, la santé de l’industrie, et les risques inhérents au secteur. Avant de se joindre à FAC, M. Burak a travaillé au service de l’approvisionnement et du marketing d’un détaillant alimentaire canadien. Il est titulaire d’une maîtrise en économie de l’Université de Victoria.