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Pourquoi l’évolution des préférences alimentaires se traduit par une hausse de la demande de protéines

  • 18 sept. 2019

L’évolution démographique et des considérations liées à la santé sensibilisent les palais en faveur des protéines et des aliments de haute qualité. Ces tendances sont importantes pour l’agriculture canadienne, tant sur le marché intérieur que sur les marchés d’exportation.

Importance de la diversité et de la qualité pour le marché intérieur

La consommation canadienne de bœuf par habitant est en baisse d’année en année, mais la demande à ce chapitre reste quand même vigoureuse. Les tendances de la consommation évoluent généralement de concert avec les préférences, mais elles sont également tributaires des prix et du revenu.   

Le Canada affichait un taux de croissance annuelle (en anglais seulement) sur le marché des protéines végétales de 4,8 % en 2017, et ce taux devrait grimper de 5,6 % par année d’ici 2022.

Le marché mondial des protéines pour les petits pois devrait croître de 11,9 % pour atteindre 359,4 millions de dollars US en 2022. Sa valeur estimée était de 191,7 millions de dollars US en 2017.

Le Canada devrait refléter cette croissance mondiale pour atteindre 31,6 millions de dollars US d’ici 2022, ce qui permettra aux producteurs de légumineuses canadiens de bénéficier d’une valeur ajoutée. La recherche économique sur la taille de ce marché et ses préférences est néanmoins encore embryonnaire.

Par exemple, deux études (une menée par l’Université de la Saskatchewan et une étude menée conjointement par l’Université de Wageningen, l’Université de l’État du Michigan et l’Université Purdue (en anglais seulement)) ont révélé qu’à prix identiques, la majorité des consommateurs américains préféraient les hamburgers de bœuf à ceux constitués de protéines de remplacement. Les deux études suggèrent également que les hamburgers d’origine végétale occupent une part de marché se situant entre 15 et 20 %.

Nous ne faisons qu’effleurer la surface en ce qui concerne les options alimentaires réelles qui s’offrent aux consommateurs. Les prix sont importants et sont un signal sûr de l’attrait d’un produit. On constate une demande accrue pour du bœuf de meilleure qualité (en anglais seulement). L’écart entre la valeur des coupes de bœuf AAA et AA s’est creusé au cours de la dernière décennie (Figure 1).

Source : Canfax

Les prix relatifs entre les protéines animales et végétales auront une incidence sur les achats des consommateurs. Il semble y avoir place pour des sources diverses de protéines, car on observe une croissance dans de nombreux segments des deux catégories de protéines.

Croissance dans les marchés émergents

La composition de la demande intérieure de protéines animales détermine l’offre des entreprises canadiennes sur les marchés d’exportation. La consommation de viande continue de croître à l’extérieur de l’Amérique du Nord, particulièrement en Asie et dans d’autres marchés émergents.

Les Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO 2019‑2028 prévoient que la consommation mondiale de viande connaîtra une croissance annuelle de 1,10 % au cours de la prochaine décennie, soit un rythme moins élevé que la décennie précédente (1,74 %). On prévoit toutefois que les pays émergents afficheront un taux de croissance supérieur de 1,41 % à celui des pays développés, y compris le Canada (0,59 %). C’est particulièrement le cas en Asie où la croissance de la population et la hausse du revenu se sont traduites par une augmentation de la consommation par habitant.

De nombreuses possibilités s’offriront au Canada à mesure que les pays membres de l’Accord de Partenariat transpacifique global et progressiste devraient accroître leurs importations (p. ex., le Vietnam de 3,54 %, la Malaisie de 2,70 %) pour répondre à la demande croissante.

La croissance de la consommation de protéines est une lueur d’espoir dans les marchés alimentaires dans le contexte des tensions commerciales actuelles. Pour faire face à la concurrence afin d’obtenir une part de l’argent dépensé par les consommateurs en vue de se nourrir, les entreprises doivent prêter une attention particulière à la compétitivité de leurs produits (rapport qualité‑prix) et tenir compte de l’évolution des préférences alimentaires.


Leigh Anderson
Économiste agricole supérieur

Leigh Anderson a commencé à travailler à FAC en 2015 en tant qu’économiste agricole principal. Sa spécialité est le suivi et l’analyse du portefeuille de FAC et de la santé de l’agroindustrie ainsi que l’évaluation des risques inhérents à ces activités. Avant d’entrer au service de FAC, il a travaillé à la direction des politiques du ministère de l’Agriculture de la Saskatchewan.
M. Anderson est titulaire d’une maîtrise en économie agricole de l’Université de la Saskatchewan.

@AndersonLeigh3