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Les enseignements tirés du bilan 2018 du secteur agricole canadien

  • 24 sept. 2019

En 2018, la baisse des prix des produits de base, la hausse des coûts des intrants, les tensions commerciales et l’augmentation des taux d’intérêt ont entraîné des difficultés pour l’agriculture canadienne et miné le bilan du secteur agricole. Malgré l’affaiblissement des ratios financiers, l’industrie, dans son ensemble, demeure vigoureuse d’un point de vue historique.

Les flux de trésorerie moins élevés et les rajustements des stocks ont freiné la croissance de la valeur de l’actif agricole

La valeur de l’actif agricole a crû de 4,2 % pour atteindre 623,0 milliards de dollars en 2018 grâce à une appréciation de l’actif à long terme. La croissance de la valeur des immobilisations agricoles, de l’ordre de 5,7 %, a continué de soutenir la vitalité financière du secteur agricole canadien. Les investissements dans la machinerie et dans d’autres éléments d’actif à long terme ont aussi stimulé la croissance de la valeur de l’actif agricole total.

Des conditions météorologiques difficiles et des restrictions commerciales ont nui à la rentabilité des producteurs et à la valeur des stocks agricoles. La valeur de l’actif à court terme a diminué de 3,0 % (1,2 milliard de dollars) en raison principalement d’un déclin de 1,1 milliard de dollars de la valeur des stocks. Cette situation a affaibli la capacité des producteurs canadiens d’honorer leurs obligations au titre de la dette à court terme, le ratio du fonds de roulement ayant diminué de 2,55 à 2,28 entre 2017 et 2018. Malgré cette diminution, les liquidités sont suffisantes.

La dette a augmenté plus vite que la valeur de l’actif

La dette agricole totale a progressé de plus de 8 % en 2018 en raison du fait que les producteurs ont continué à investir dans la terre, les bâtiments et la machinerie. La baisse des prix des produits de base a aussi fait augmenter la demande de prêts d’exploitation ainsi que les besoins de financement à court terme. Comme la dette agricole a augmenté presque deux fois plus vite que la valeur de l’actif, le ratio d’endettement a diminué à 0,16. Malgré tout, le ratio de levier financier dans le secteur agricole canadien demeure conforme à la moyenne sur quinze ans avec un ratio de 0,16.

En 2018, les dépenses d’exploitation des fermes (après remise) se sont accrues de 6,5 % pour s’établir à 50,6 milliards de dollars; il s’agit de la hausse en pourcentage la plus marquée depuis 2012. Les taux d’intérêt plus élevés font partie des principaux facteurs expliquant cette hausse.

Quelles sont les répercussions sur l’agriculture canadienne?

Les producteurs agricoles canadiens se sont heurtés à plusieurs vents contraires en 2018, ce qui a affaibli leurs résultats financiers. Toutefois, ce secteur continue de jouir d’une situation financière solide, de liquidités suffisantes et d’une bonne solvabilité. Et malgré le resserrement des marges bénéficiaires dans les secteurs des cultures et de l’élevage, le rendement de l’actif s’établit à 1,7 %, ce qui est inférieur à la moyenne sur quinze ans, qui est de 2,5 %.

Il sera important pour les producteurs canadiens de continuer à surveiller leurs résultats financiers et d’élaborer des stratégies qui leur permettent de composer avec une rentabilité réduite et avec des problèmes de liquidité.


Isabelle Nkapnang Djossi
Économiste agricole

Isabelle s’est jointe à FAC en 2018 en tant qu’analyste, Formation et soutien des produits. Auparavant, elle a travaillé pour le Secrétariat d’adjudication des pensionnats indiens du gouvernement du Canada et géré des projets de recherche dans les secteurs de la production de bananes et de plantains en Afrique centrale et occidentale. Isabelle détient un titre professionnel en gestion de projets (PMP) du Project Management Institute, une maîtrise en gestion de projets de l’Université de Regina et un doctorat en économie rurale de l’Université catholique de Louvain.

@nkapnang2001