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L’industrie agricole et agroalimentaire canadienne serait peu touchée par le Brexit

  • 24 oct. 2019

Aucun divorce n’a jamais été aussi déroutant et parsemé de rebondissements que le Brexit, abréviation de « British Exit », qui désigne la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Même l’accord de Brexit avec l’Union européenne proposé par Boris Johnson ne pourrait éclaircir la situation.

L’accord proposé par le premier ministre britannique, qui vise à permettre au Royaume-Uni de sortir de façon ordonnée de l’Union européenne le 31 octobre, a été contesté à la Chambre des communes britannique, dont les membres ont réussi à embrouiller davantage le projet de Brexit, rendant les conséquences d’un retrait du Royaume-Uni encore plus floues.

« Tout cela se produit à un moment où la croissance européenne est très incertaine et où l’on prévoit que l’économie mondiale pourrait trébucher en 2020 », souligne Martha Roberts, rédactrice économique à FAC.

Le Fonds monétaire international prévoyait récemment que l’économie mondiale enregistrera sa croissance la plus faible depuis la crise financière de 2008-2009.

Avec ou sans accord

Étant donné que le plan de Brexit demeure flou, on s’entend généralement pour dire qu’un accord serait avantageux pour tous, essentiellement parce que cela estomperait l’incertitude. Mais si le Royaume-Uni quittait l’Union européenne sans accord?

« Comme ça ne s’est jamais vu, personne ne sait vraiment quelles seront les conséquences pour le Royaume-Uni, pour l’Union européenne et pour le reste du monde », dit Mme Roberts.

Répercussions indirectes au Canada

Un Brexit sans accord aurait des répercussions économiques indirectes sur les secteurs agricoles et agroalimentaires canadiens, croit la rédactrice économique.

« Si le Brexit se déroule dans la confusion, les fluctuations des taux de change seront plus marquées, ce qui ne fera que perturber les chaînes d’approvisionnement mondiales. »

Les perturbations commerciales et les risques de récession sont particulièrement nuisibles aux producteurs canadiens qui sont tributaires des exportations et qui dépendent grandement d’une économie mondiale vigoureuse.

« La conjoncture mondiale a porté un dur coup à l’économie agricole des États-Unis, sans doute encore plus qu’à l’économie agricole canadienne, mentionne Mme Roberts. Si les tensions commerciales demeurent aussi vives, les choses n’iront sûrement pas en s’améliorant. »

Échanges commerciaux

Les conséquences du Brexit pour l’industrie agricole et agroalimentaire canadienne devraient être limitées.

Le Royaume-Uni est un importateur net de denrées alimentaires, et dans l’hypothèse d’un Brexit sans accord, le coût des importations alimentaires britanniques en provenance du continent européen pourrait grimper du jour au lendemain.

Certes, le Royaume-Uni pourrait chercher d’autres fournisseurs, mais il est peu probable que les exportations canadiennes à destination de ce pays augmentent soudainement, estime Mme Roberts.

« Nos produits agroalimentaires représentaient moins de 1 % des importations agroalimentaires totales du Royaume-Uni en 2018, et cette faible proportion s’explique en grande partie par la très grande distance entre nos deux pays ».

Le blé, les légumineuses sèches, les préparations de poisson et le caviar représentaient un peu plus de la moitié des exportations canadiennes à destination du Royaume-Uni.

Toutefois, Mme Roberts ne prévoit pas non plus de diminution soudaine de nos exportations vers ce pays.

« Peu de choses devraient changer dans un avenir prévisible », conclut Mme Roberts.

En conclusion

Qu’il y ait accord ou non, le Brexit est un projet sans précédent, raison pour laquelle on ignore quelles seront les répercussions sur le Royaume-Uni, l’Union européenne et le reste du monde. De point de vue des échanges commerciaux, les conséquences pour les secteurs agricoles et agroalimentaires canadiens devraient être faibles. Les exportations de blé, de légumineuses sèches, de préparations de poisson et de caviar, qui représentent plus de la moitié des exportations canadiennes à destination du Royaume-Uni, devraient rester inchangées.

Article par : Richard Kamchen