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L’incertitude commerciale freine l’économie mondiale

  • 16 juil. 2019

La semaine dernière, la Banque du Canada a publié ses perspectives économiques trimestrielles et maintenu son taux directeur à 1,75 %.

Conjoncture positive au Canada

Les indicateurs économiques actuels au Canada sont plutôt réjouissants : la confiance des entreprises s’améliore, la croissance des prêts hypothécaires s’accélère, le taux de chômage est bas, et les salaires progressent plus rapidement. Toutefois, la politique monétaire est tournée vers l’avenir. En effet, la Banque du Canada cherche à équilibrer les risques à la hausse et à la baisse qui entourent les perspectives de l’économie canadienne. Sur ce plan, quelques variables sont à surveiller.

Les tensions commerciales qui persistent ont des répercussions beaucoup plus importantes qu’on ne l’avait envisagé sur l’économie mondiale et sur l’économie canadienne. La croissance des échanges internationaux et de la productivité dans le secteur manufacturier s’est nettement affaiblie au cours de la dernière année, ce qui a incité la Banque à abaisser ses perspectives de croissance. Ainsi, la croissance du PIB canadien devrait s’accélérer de 1,3 % en 2019 et de 1,9 % en 2020. Par comparaison, les projections pour 2020 sont moins élevées que celles avancées il y a trois mois (2,1 %) tandis que la croissance projetée à 1,2 % en 2019 marque une légère augmentation.

Les tensions commerciales actuelles pèsent sur l’économie mondiale

La croissance de l’économie de la Chine devrait décélérer, ce qui s’explique principalement par le fait que les tensions commerciales ont réfréné les investissements du secteur privé dans le secteur manufacturier et fait fléchir les prix du pétrole et des métaux de base. La Banque du Canada projette une croissance de l’économie chinoise de 6,1 % en 2019 et de 5,9 % en 2020. Elle estime que les restrictions imposées aux exportations canadiennes de canola et de viande à destination de la Chine feront diminuer les exportations totales du Canada de 0,2 %. Il s’agit d’une baisse modeste au regard de l’économie en général, mais d’un recul important pour l’industrie agricole.

L’ensemble des exportations canadiennes vers tous les pays devrait progresser, mais la Banque du Canada souligne que les exportations constituent le principal élément imprévisible dans un environnement commercial incertain.

L’économie des États-Unis est vigoureuse, comme en témoignent les 224 000 emplois créés en juin. La Banque du Canada projette une croissance de l’économie américaine de 2,5 % en 2019, mais un ralentissement à 1,7 % en 2020. La Réserve fédérale des États-Unis devrait abaisser son taux directeur à la fin du mois de juillet.

Pression à la baisse sur les taux d’intérêt

La perspective d’un ralentissement économique mondial attribuable aux conflits commerciaux fait chuter les rendements obligataires et entraîne une inversion des courbes de rendement [en anglais seulement] aux États-Unis et au Canada. Historiquement, des rendements obligataires inversés sont annonciateurs d’une possible récession. Toutefois, la Banque du Canada indique que les inversions récentes des courbes de rendement constituent de moins bons indicateurs de récession que par le passé. Elles révèlent néanmoins des préoccupations quant aux perspectives de croissance.

Quelles sont les répercussions possibles sur l’agriculture canadienne?

Les discussions et les mesures récentes de la banque centrale devraient permettre au huard de se maintenir au-dessus de 0,75 $ US dans un avenir prévisible.

La baisse des rendements obligataires offre aux entreprises l’occasion d’envisager de bloquer les taux d’intérêt à long terme. Il sera impératif de surveiller la santé de l’économie mondiale étant donné que l’agriculture canadienne est fortement tributaire des échanges commerciaux. Un ralentissement de la croissance à l’échelle mondiale pourrait faire fléchir la demande de produits agricoles et alimentaires.


Leigh Anderson
Économiste agricole supérieur

Leigh Anderson a commencé à travailler à FAC en 2015 en tant qu’économiste agricole principal. Sa spécialité est le suivi et l’analyse du portefeuille de FAC et de la santé de l’agroindustrie ainsi que l’évaluation des risques inhérents à ces activités. Avant d’entrer au service de FAC, il a travaillé à la direction des politiques du ministère de l’Agriculture de la Saskatchewan.
M. Anderson est titulaire d’une maîtrise en économie agricole de l’Université de la Saskatchewan.

@AndersonLeigh3